‹ Histoire de l'beglise depuis la creation Volume 1Chapitre 100 sur 121 · CHAP. II. — PRINCIPE DIVIN ET BUT PROVIDENTIEL DE LA LOI JUIVE. OO'J · texte numérisé non relu

CHAP. II. — PRINCIPE DIVIN ET BUT PROVIDENTIEL DE LA LOI JUIVE. OO'J

aimez-le comme vous-mêmes, car vous aussi vous avez été étrangers sur la terre d'Egypte. Moi, le Seigneur votre Dieu, je vous fais ce commandements » L'alliance divine avec le peuple juif u donc le caractère exclusif d'une vocation libre de la part du Seigneur, et il faut, pour que les deux termes du contrat soient en équilibre, qu'elle soit librement acceptée par les Hébreux euxmêmes. Tel est le sens de la parole de Disu à Moïse : « Va, de ma part, proposer cette alliance aux enfants d'Israël : Hsec sunt verba quœ loqueris ad filios Israël. » Le peuple accepte cette alliance, il jure d'y rester fidèle, il promet d'exécuter la loi avant même que la loi ait été promulguée. « Tous les Hébreux répondirent : Nous ferons ce qu'a dit le Seigneur. Et Moïse ayant rendu compte à Jéhovah de cet acquiescement, le Seigneur lui dit: Dans trois jours je descendrai au milieu de la nuée sur le sommet du Sinaï. Tout le peuple entendra la loi que je promulguerai. Va donc le préparer à cette solennité. Qu'ils soient tous purs et sanctifiés pom- la troisième journée, où je ferai mon apparition devant tout le peuple sur le Sinaï 2. » Ainsi le peuple accepte la vocation, le choix, l'élection dont il est l'objet, en sorte que le contrat d'alliance est ratifié. Mais la loi qui n'est pas encore promulguée, la loi qui ne sera publiée que dans trois jours, la loi que le peuple d'Israël ignore, la loi qu'il entendra au milieu des foudres et des éclairs, et dont la miraculeuse promulgation le plongera dans une terreur inexprimable, cette loi est indépendante de la volonté du peuple; elle n'émane pas de lui; son origine, sa promulgation, sa sanction n'ont rien de l'origine, de la promulgation ni de la sanction populaires. Aussi c'est avec raison que Bossuet a dit en parlant de la loi juive : « Son autorité ne dépend pas du consentement et acquiescement des peuples. Dieu n'avait pas besoin du consentement des hommes pour autoriser sa loi 3. »

^ Levit., cap. xix, 33^ 34. Ce précepte est encore renouvelé Deuter., cip. x» 19: iV vos crgo amate peregrinos. — ^ ^xod., cap. xix, 6-i2.

8 Politique tirée de l'Ecriture sainte, liv. I, art. 4. — M. Salvador, qui voudrait ne voir dans la législation juive qu'un contrat social ordinaire, s'écri*î à ce sujet : « 0 Bossuet, quelque immense (tue soit votre génie, vous n'avez

Le nom de Jéhi'Vah n'est point, comme

le prétend

M. Salvador,

un nom

«ymbolique.

610 HISTOIRE DE l'Église. — iv^ époque. — ère mosaïque (J 725-1 605)

29. Nous sommes donc conduits, par le récit de Moïse, à fair( remonter à Dieu même le principe de la loi. Elle émane directement de son autorité; elle n'est point discutée dans une assemblée soit aristocratique, soit démocratique. Aucune institutioi n'est érigée pour la réviser, la modifier, la changer. En tête de 1î législation, le pouvoir dont elle est l'expression s'affirme lui-même sans détour, sans ambiguïté : « Je suis le Seigneur ton Dieu, qu t'ai tiré de la terre d'Egypte, de la maison de servitude *. » Cett( parole se répète à chaque page du Livre de la loi, comme une signature divine : Ego Dominus ^. Vainement M. Salvador cherche i éluder la force de cette affirmation si claire et si précise. « Jého » vah, dit-il, signifie l'être, l'existence générale 3. » Et ailleurs ; «La parole de Jéhovah, loin de représenter une voix articulée » semblable à celle de l'homme, correspond identiquement à, k » vérité, la raison, l'utilité *. » Ce symbolisme, tout ingénieux qu'l puisse paraître à l'école rationahste, est complètement dément par les faits. Si Jéhovah signifie seulement la raison sociale, qu( veut dire cette parole : « Soyez saints comme moi, Jéhovah, je sai; saint. » Et cette autre : « Moi, Jéhovah! je^ vous ai tiré de la terr< d'Egypte. » Et cette autre : « Tu aimeras Jéhovah, ton Dieu, d« tout ton cœur, de toute ton âme, de toutes tes forces. » Jéhoval n'est donc pas une abstraction, une formule symbolique, une ex pression vide à laquelle manque la réalité substantielle. soiiveraiTietà 30. Jéhovah cst uuc réafité tellement vivante, tellement énerpri

absolue et "

que, tellement prépondérante que, dans la loi juive, il est le seu chef: Dominus solus dux ejus fuit ^; seul il élit le roi d'Israël : Cui dixeris : Constituam super me rcgem..., eum constitues quem Dominu tuus elegerit de numéro fratrum tuorum ®. Il est le seul père ; tous le premiers-nés d'Israël lui appartiennent : Mea sunt enim omnia prime

» point compris Moïse ; vous vous êtes jeté dans le système de l'Egypte, < » vous avez enfanté plus de contradictions que les défenseurs de vos do( » trilles n'en ont reproché aux philosophes! » {Insiiiutions de Moïse, tom. pag. 108, 109.)

^ Exod., cap. XX, 2. — * Levit., cap. xix, i, et alibi saepius. — * Saivado Institutions de Moïse, tom. 1, pag. G9. — * Idem, ibid., pag. 72. — * Deuier cap. XXXII, 12. — 6 Jbid., cap. xvu, 14, 15.

donmine réul

de Jéliovuh

dans la loi

iaive.

Page 1