‹ Histoire de l'beglise depuis la creation Volume 1Chapitre 103 sur 121 · CHAP. II. — POUVOIRS PUBLICS. — LOIS PÉNALES · texte numérisé non relu

CHAP. II. — POUVOIRS PUBLICS. — LOIS PÉNALES

peineiit des trois premiers articles du Décalogue concernant ]';idoration et l'amour de Dien, le respect de son nom et la sanclnlcation du jour du sabbat. L'ordre et le rang que Moïse leur a fixés dans le Penlateuque , correspondent parfaitement à leur importance tliéocratique; et quoique cette importance ait échappé à Faitention de M. Salvador et des autres exégètes rationalistes, elle n'en est pas moins capitale au point de vue de la suzeraineté absolue de Dieu sur le peuple juif. 11 est d'autant plus étonnant de la voir ainsi méconnue , que les prescriptions relatives au culte forment la portion la plus étendue du Livre de la loi et comprennent à elles seules plusieurs chapitres de l'Exode, le Lévitique à peu près en entier et de longs fragments des Nombres.

54. L'organisation des pouvoirs civils, correspondante au qua- j^^g^ trième précepte du Décalogue, est loin d'obtenir de Moïse un pareil développement. Nous allons la reproduire d'après le texte même de la loi, et l'on pourra se convaincre que la priorité revendiquée pour elle par les écrivains modernes, n'est guère justifiée en réalité. La théorie s'est substituée ici aux faits, et l'on s'est cru le droit d'imposer au législateur hébreu des idées que, de bonne foi sars doute, on s*étonnait de ne pas lui voir. Voici donc les rares vt courts passages du Penlateuque où il soit question de ce qu'on appelle de nos jours pouvoirs administratif, exécutif, judiciaire ci civil. Par le conseil de Jéthro, le Prophète avait établi, avant la promulgation du Décalogue au S.inaï, « des hommes puissants par leur iniluence et leur sagesse, craignant Dieu, aimant la vérité, pleins de désintéressement, » et leur avait confié la charge de juger le peuple sous sa direction. Il avait institué entre eux une hiérarchie : tribunos {chiliarchas)^ centuriones, quinquagenarios, deçà- »iQS^^. Cette organisation fut consacrée par la loi; elle est rappelée ^n ces termes dans le Deutéronome : a Dans chacune des villes que le Seigneur te donnera , tu étabhras aux portes * des juges

splendeurs et des magnificences du Verbe divin, centre des deux mondes^ trait d'union entre le temps et l'éternité.

1 Exod.j cap. xvin, 21. — 2 Style oriental pour désigner le lieu où siégeaient les assemblées judiciaires.

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et des maîtres {magistros ^) par chaque tribu, qui rendront aa peuple la justice, sans jamais s'écarter des règles de l'équité, sans distinction de personnes, sans se laisser corrompre par les présents. Tu n'auras en vue d'autre intérêt, tu ne poursuivras d'autres lois que les intérêts et les lois de la justice, afin que ta vie soit heureuse et prospère dans la patrie que le Seigneur ton Dieu te donnera ^. » Ceux qui ont dit que le prcuiier besoin des sociétés humaines était la justice, n'ont fait, on le voit, que répéter une maxime mise en pratique il y a quatre mille ans par Moise. Outre les Juges et les Maîtres ou Docteurs de la loi {Schoterim, Scribœ)^ nous rencontrons les soixante-dix Anciens que Moïse choisit et fit placer près du Tabernacle pour l'aider de leurs conseils pendant une sédition populaire ^. M. Salvador, qui voit dans cette institution un sénat permanent et régulièrement constitué, est réfuté par M. Munk. Voici les paroles de ce dernier : « Le conseil des Soixanle- » Dix, élu par Moïse, parmi les Anciens et les Schoterim^ ne fut » convoqué que pour un besoin momentané : on s'est trompé en » le confondant avec le Synedrium (Scnhédrin), ou le tribunal su- » préme établi à Jérusalem après l'exil de Babylone, mentionné )) par Josèphe pour la première fois sous le règne d'Hérode. Ce » tribunal qui, chez les Juifs, n'est connu que sous un nom grec, n ne remonte pas sans doute au delà de l'époque des Machabées. » A la vérité, il fut formé sur le modèle du conseil des Soixante- ») Dix, mais il est certain que celui-ci n'était pas un pouvoir perma- )) nent, et il n'en est plus question après l'événement qui lui avait » donné naissance *. » Cette appréciation de M. Munk est vraie et pleinement justifiée par l'histoire. Le sénat de M. Salvador n'est donc qu'une imagination rétrospective, dont l'institution est faussement attribuée à Moïse. Cependant il est certain que les Anciens ou Vieillards avaient en Israël une autorité consacrée par l'âge et l'expérience; le respect et la vénération pubhque les entouraient;

* Cette dénomination était encore en usage au temps de notre Seigneur Jésus-Christ : Vos vocatis me Magister, dit le Sauveur à ses disciples [Joan., çsp. xi!i, 13). — 2 Deuter., cap. xvi, 18-20. — ^ Niwier., cap. xi, 24. — Nous WiiouLorous cet épisode au chapitre suivant. — * Palestine^ pag. 194.

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