‹ Histoire de l'beglise depuis la creation Volume 1Chapitre 13 sur 121 · CHAP. II. — COSMOGONIE CHINOISE DES KINGS · texte numérisé non relu

CHAP. II. — COSMOGONIE CHINOISE DES KINGS

» Koung^ qui vivaient dans le xii* siècle avant notre ère *. La pensée » générale de ce livre primitif des Transformations^ est d'enseigner » l'origine ou la naissance des choses et leurs transformations sii- I bordonnées au cours des saisons, de sorte qu'on y trouve, à l'état D presque rudimentaire, il est vrai, une cosmogonie, une physique » et une psychologie 2. » Le système d'écriture des Y-King consiste dans l'emploi diversement combiné d'une simple ligne, continue ( — ), ou brisée (--). La simplicité d'un signe graphique unique est sans doute un caractère incontestable d'antiquité , mais on comprend quelles ditlicultés d'interprétation elle doit présenter aux exégètes. La Chine intellectuelle gravite, depms des siècles, autour de ce texte primitif; les commentaires superposés ont centuplé la grosseur du volume sacré , sans en avoir éclairci l'indéchiffrable énigme. C'est donc à ^'uste titre que le savant sinologue à qui nous devons les premiers renseignements exacts sur ia cosmogonie chinoise^ a pu dire : « Les figures rudimentaires avec lesquelles )) Fou-Hi construisit ou représenta la science également rudimen- » taire de son temps , sont pour nous , dans l'ordre intellectuel , ce » que sont , dans l'ordre physique , les débris organiques fossileC )) que l'on découvre dans les entrailles de la terre. Ce sont des » restes d'une civilisation et d'un organisme dont nous n'avons plus » la complète intelligence ^. »

Fou-Hi pose au sommet de ses catégories le Ciel et la Terre ^ en puissance et en acte, représentés, le premier, par la ligne continue ( — ); la seconde, par la ligne brisée (--). « C'est le Ciel primor^ » dial{Youàn-Khien) quia donné l'origine à l'universalité des êtres, » lesquels s'appuient sur lui et ont en lui leur racine, c'est-à-dire )) que le Ciel est le hen qui embrasse tous les êtres*. Chose plus ad- » mirable encore ! C'est sur la Terre subordonnée au Ciel {Khouên) î) que naissent corporellement et s'appuient tous les êtres, c'est-à- » dire qu'ils obéissent là aux lois qu'ils ont reçues du Ciel. La

* M. Pauthier, Esquisse d'une hist. de la philos, chinoise, p. 2. — 2 Ibid., p. §., ' Ibid.

* Y-King, ancien texte figuratif. Paroles de Wen-Wang. Kiouan 2, fol. 1. Esquisse, etc., pag. 4.

de l;i chinoise.

8b HISTOIRE DE L'EGLISE. — PREMIERE EPOQUE.

» Terre, dans son ampleur, contient les êtres par sa vertu ; elle l«é » réunit en nombre illimité *. Il y eut le Ciel et la Terre, et ensriîB » il y eut les dix mille êtres, et ensuite il y eut les deux sexes, il y » eut le mari et la femme, et ensuite il y eut le père et la mère ^. » Appréciation 4. Voilà donc dans son ensemble et avec ses éléments incohérents, l9, ^cosmogonie chinoise. L'esprit humain, dans ses considérations philosophiques les plus élevées, y parvient à la notion d'un principe suprême, c'est la Raison (Li), source des êtres, indépendante de la matière, existant avant les autres existences et par delà l'origine de toutes choses. La combinaison trinaire qui , de l'unité , comme point de départ, produit trois ou la triade génératrice de l'universahté des êtres, est évidemment une tradition dont la source remonte à une révélation primitive. Nous en ferons remarquer les vestiges très-reconnaissables dans les différentes cosmogonies. 11 est donc évident que l'idée fondamentale de la théologie chinoise est une doctrine monothéiste. Et maintenant on peut comparer la genèse chinoise avec celle de Moïse. Quelle obscurité dans la première , quelle clarté dans l'autre ! Les Kings n'ont que des aperçus de vérité et comme des éclairs au sein de la nuit. La Bible ne laisse pas un seul point dans l'ombre; elle définit nettement l'œuvre créatrice; elle la suit dans toutes ses phases, l'établit dans un ordre fixe et une progression déterminée; nulle part, dans son récit , on ne tro:ive , comme dans l'œuvre chinoise , le travail tourn).enté et stérile de l'intelligence humaine , qui se serait posé un problème à résoudre et qui se sent impuissante à en fournir l'explication. Moïse raconte simplement de grandes choses, les Kingi semblent l'aire effort pour inventer une solution à laquelle ils n'atteignent pas.

§ II. Cosmogonie da Zend-Avesta (Perse).

Zoroastre. B. Daus le couraut du vi° siècle avant notre ère , disent le légendes persanes, un sage dont le nom devait être immortel, s présentait à la cour du grand roi Hystaspe, avec le feu sacré et le livres de la religion. Ce sage, connu en Europe sous le nom d

» Y-King, loi. 2. Esquisse^ etc., pag. 4. — « Y-King, 2. fol. 162. Esq. etc., p. <

CHAP. n. — * COSMOGONIE DU ZEND-AVESTA. 81

Zoroastre, s'appelait Zertocht ou Zerdoucht *. Il avait quarante ans et avait passé cette première période de sa vie à voyager pour s'in» truire dans la science sainte. Ses livres ont été le code religieux de l'immense empire des Perses, fondé par Raïkochrou, que les Grecs nous ont fait connaître eous le nom de Cyrus le Grand. Jusqu'à la destruction de cet empire par le kalife Omar ( l'an 651 de notre •re), la doctrine de Zoroastre se maintint à l'état de dogme national, malgré les tentatives d'invasion bouddhique. Aujourd'hui les descendants des anciens Persans, émigrés dans l'Inde lors de la conquête de leur pays par les Arabes, forment, dit M. Léon de Rosny, « la nation peu nombreuse, mais très-active des Parsis, ré- » pandue sur toute la péninsule cis-gangétique, et principalement » à Bombay 2. » Le Zend-Avesta de Zoroastre est toujours pour eux le livre sacrée et ils ont acquis, en sacrifiant leur patrie abandonnée aux musulmans vainqueurs, le droit de le préférer au Roran.

6. Voici la cosmogonie du Zend-Avesta, httéralement relevée de l'excellente traduction de ce livre par Anquetil-Duperron :

(( L En quarante-cinq jours, moi Ormuzd, avec les Amschas- » pands, j'ai bien travaillé 3; j'ai donné le ciel; j'ai ensuite célébré » le Gâhanbar^ et lui ai donné le nom de Gàh-Mediozerem^.

* « Suivant l'autorité d'un savant parsi de Bombay, M. Nourozdji Furdondjii, » l'un des compagnons d'Alexandre Burnes, lors de sa seconde mission à » Caboul, qui a consigné ses laborieuses recherches dans un ouvrage publié » en 1851, sous le titre de Tarikh-i-Zurtockti , ou Discussion sur l'ère de » Zo7'oastre, le législateur perse a vécu dans le courant du vp siècle avant N notre ère, c'est-à-dire sous le règne de Darius-Hystaspe, ainsi que cela » concorde avec le témoignage des auteurs grecs. » M. L. de Rosny, Les Parsis et tsurs croyances^ d'après un parsi de Bombay. Annal, de philos, chrét,, 5e série, tom. 111, pag. 277, année 1861.

» M. Léon de Rosny. Les Parsis et leurs croyances. Annales, loc. cil. p. 273. 3 Feras-toschidam ; ou, je me suis donné la peine d'agir; ou, fai opéré heauioup, avec grandeur (Note d'Anquetil-Duperron).

* Les Gâhanbars, au rapport des Parses, sont des fêtes instituées par Djenischid. Ce monarque est le premier qui ait réglé, chez les Perses, la forme de l'année sur le cours du soleil. Sous son règne (c'est-à-dire environ 1700 ans avant Jésus-Christ), l'année a commencé à l'équinoxe du printemps, le 5 avril (Note du traduct.).

•^ Méedïôzerniéhé , c'est-à-dire, grand et d'or; ou, qui affaiblit, qui adoucit (Note du traduct.).

» !i)ans le mois Aràibehescht (deuxième mois de raniiée persane), M pvenant du jour Dée-pé-meher au jour Korschid (du 15 au 11), » le jour Dét 'pé-meher à la fin *, c'est le Médiozerem, temps auquel )) Ormuzd a fait paraître le ciel et a fait le Miezd^ avec les Amsï) chaspands. Les hommes doivent aussi avoir soin de le célébrer.

)) IL En soixante jours, moi Ormuzd, avec les Amscbaspands, » j'ai bien travaillé; j'ai donné l'eau; j'ai ensuite célébré le Gâhann bar et lui ai donné le nom de Gâh-Médioschem ^.

» Dans le mois Tir (quatrième mois), prenant du jour Dée-péî) meher au jour Korschid {au. 15 aull), le jour de Dée-pé-meher à )) la fin, c'est le Médïoschem <^ temps auquel Ormuzd a fait paraître » Teau *, par le ministère de Tir, et a fait le Miezd avec les Amsj) chaspands. Les hommes doivent aussi avoir soin de le célébrer.

)) III. En soixante-cinq jours, moi Ormuzd, avec les Amschas- » pands, j'ai bien travaillé; j'ai donné la terre; j'ai ensuite célébré j) le Gâhanbar et lui ai donné le nom de Gâh-Péteschem 5.

)) Dans le mois Schahriver (sixième mois), prenant du jour Ani- D ran au jour Aschtâd (du 30 au 26), le jour Aniran à la fin, c'est n Péteschern^ temps auquel Ormuzd a fait paraître la terre sur Teau » et a fait le Miezd avec les Amscbaspands. Les hommes doivent )) aussi avoir soin de le célébrer.

» IV. En trente jours, moi Ormuzd, avec les Amscbaspands, j'ai >) bien travaillé; j'ai donné les arbres; j'ai ensuite célébré le Gà- » hanbar et lui ai donné le nom de Gâh-Eiathrem^.

» Dans le mois Mithra (septième mois), prenant du jour Aniran n au jour Aschtâd (du 30 au 26) le jour Aniran à la fin, c'est Eïa- )) threm , temps auquel Ormuzd a fait paraître ce qui est bon à 0 manger, et toutes les espèces d'arbres, et a fait le Miezd avec les

• C'est-à-dire, en descendant du jour Korschid au jour Dée-pé-meher (Note du traduet.).

<■>^ Miezd; offrande de pain, viande, etc., que le mobed (prêtre persan) et les simples Parses mangent pendant ou après la liturgie (Note du traduet.). ^ Méedïôcsheméhé , c'est-à-dire, grand et pur (Note du traduet.).

• Avtir ou Avter , L'eau abondante (Note du traduet.).

» Péetesch-héhïé, c'est-à-dire, production excellente (Note du traduet.).

• Eiathréméhéf c'est-à-dire, qui nourrit bien (Note du traduet.).

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