‹ Histoire de l'beglise depuis la creation Volume 1Chapitre 14 sur 121 · CHAP. II. — COSMOGONIE DU ZENIV-AVESTA · texte numérisé non relu

CHAP. II. — COSMOGONIE DU ZENIV-AVESTA

» Amschaspands. Les hommes doivent aussi avoir soin de le cé- » lébrer.

)) V. En quatre-vingts jours, moi Ormuzd, avec les Amschas- » pands, j'ai bien travaillé; j'ai donné les animaux; j'ai ensuite u célébré le Gâhanbar et lui ai donné le nom de Gâh-Médïarem *.

» Dans le mois Bée (dixième mois), prenant du jour Behram au » Mehergâh (du 20 au 16), le jour Behram à la fm, c'est Médïarem^ )) temps auquel Ormuzd a fait paraître les cinq espèces d'animaux » et a fait le Miezd avec les Amschaspands. Les hommes doivent }) aussi avoir soin de le célébrer.

» VL En soixante-quinze jours, moi Ormuzd, avec les Amschas- » pands, j'ai bien travaillé; j'ai donné l'homme; j'ai ensuite celé- » bré le Gâhanbar et lui ai donné le nom de Gâh- Hamespethmé- » dem *.

» Dans le mois Espendermad (douzième mois), prenant du Gâh- )) Veheschtôesch au Gâh-Honoûet^ le Gâh-Veheschtôesch à la fin, c'est » Hamespethméedem , temps auquel Ormuzd a donné l'homme, a \) achevé de donner tout ce qui existe et a fait le Miezd avec les )) Amschaspands. Les hommes doivent aussi avoir soin de le célé- » brer ^. »

7. Pour pénétrer toute cette donnée cosmogonique et fixer les points qui pourraient présenter à l'esprit un sens équivoque, il faut d'abord déterminer le rôle d'Ormuzd et sa valeur comme agent

1 Méedïâreïéhé , c'est-à-dire, grand et lumineux (Note du traduct.)- * Hamespeihervéedëiehé , c'est-à-dire, excellent et grand (Note du traduct.). '^' "^ Zend-Avesla, trad. d'Anquetil-Duperron, tom. II, pag. 82-87. Edit. in-i». Nous avons fidèlemout extrait le texte de cette cosmogonie, en le dégageant des longues prescriptions rituelles et cérémonielles dont l'œuvre de chaque période est suivie dans le lirre de Zoroastre. C'est la première fois que les textes mêmes des diverses rosmogonies sont reproduits en face de celui de la Bible; du moins, nous ne les avions encore trouvés réunis nulle part. A une époque comme la nôtre, où l'érudition a pris un caractère d'universalité qui embrasse tous les siècles et toutes les littératures, il importe à la science ecclésiastique de ne rester étrangère à aucun progrès, et d'avoir des textes précis pour appuyer ses jugements. On se tromperait donc si l'on jugeait de l'importance de ce chapitre par l'aridité des matières qu'il renferme. La question des cosmogonies, au point de vue religieux, est au contraire d'un intérêt capital.

Analogie partielle de celte cosnio- Çonie avec Ta Geuèse.

créateur. Ormuzd, suivant la doctrine du Zend-Avesta, n'est pas le premier principe, l'être éternel, infini, tout-puissant, source de toute vie et de tout être. Son nom, qui signifie grand roi, n'est pourtant que celui du premier principe secondaire, principe de bien et de vie inférieure ^ Au-dessus d'Ormuzd, dans une sphère inaccessible, réside la divinité supérieure, le principe suprême, sommet de la hiérarchie divine, sous le nom de Zervan-Akren^ ou le Temps éternel et sans bornes ^. Entre Fêtre éternel et la matière créée, Zoroastre a placé Ormuzd, auquel il attribue la création du monde visible, et les six Amschaspands ou Génies du bien, ministres d'Ormuzd, qui l'aidèrent dans son œuvre de démiurge. Nous retrouverons dans d'autres cosraogonies la même tendance orientale à isoler la Divinité suprême de la création, et les premiers siècles de l'histoire ecclésiastique après Jésus-Christ, nous otfriront, dans les divers systèmes du gnosticisme, la preuve de la persévérance de cette singulière invention de l'esprit humain. Le Temps éternel, en produisant de son sein Ormuzd et les Génies du bien (Amscbaspands), donnait également naissance k Ahrùnan^le i^v'mcipe du mal, et aux Darvands, mauvais Génies, ministres d'Ahriman. La lutte entre les deux royautés du ciel et de l'enfer, commença donc le jour même de la première création, avant l'existence du monde visible. On sait que l'hérésiarque Manès emprunta cette doctrine à Zoroastre et prétendit l'importer au sein du catholicisme.

8. Ces difficultés préliminaires éclaircies, revenons à la cosmogonie du Zend-Avesta. La double formule si nettement accusée à chaque période de la création : « Moi Ormuzd, j'ai donné le ciel. » — C'est le Méedïôzerem , temps auquel Ormuzd a fait paraître le » ciel, » semble indiquer de la part du législateur persan une double rédaction, la première, qu'il voulait faire accepter comme immédiatement révélée par Ormuzd lui-même, dont elle serait la parole textuelle; la seconde, purement rituelle, s'appuyant sur la parole d'Ormuzd pour établir des prescriptions et des cérémonies reli-

* Zend-AvestQj tom. 1, 2^ partie, num. 8 et pag. 414. 8 Zend-AvestQj tom. I, 2* partie, pag. 414.

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