‹ Histoire de l'beglise depuis la creation Volume 1Chapitre 16 sur 121 · CHAP. II. — COSMOGONIE DU ZISND-AVESTA · texte numérisé non relu

CHAP. II. — COSMOGONIE DU ZISND-AVESTA

ductioii des arbres et d^ tout ce qui est bon à manger. Quant aux végétaux impropres à l'alimentation, et ils sont nombreux, Ormiizd n'avait pas à s'en préoccuper. Sans doute il laissait à son adversaire Ahriman le soin d'en fournir la terre. C'était une assez vaste carrière ouverte aux génies du mal : la cosmogonie est muette sur ce détail. Celui de l'ordre successif de création des poissons, des oiseaux, des animaux terrestres, parut également sans doute trop puéril et trop invraisemblable au génie de Zoroastre. Il comprit leur production universelle et simultanée dans la cinquième période du travail fécond d'Ormuzd, abandonnant ces subtilités à la foi du peuple juif. La sixième période, consacrée à l'homme, emploie Ormuzd et les Amschaspands dui^ant soixante-quinze jours, cinq jours de moins que n'avait demandé la création de tout le règne animal, et trente jours de plus que celle de tous les corps célestes. L'homme n'avait pas à se plaindre de l'importance qui lui était assignée, et il avait coûté suffisamment de peine à son auteur.

10. Nous n'insisterons pas davantage. La supériorité de la Bible éclate à chaque détail; il y a entre les deux récits la distance du ciel à la terre, et il faut plaindre l'aberration intellectuelle du dernier siècle, qui a écrit d'énormes in-folios pour élever Zoroastre au-dessus de Moïse! Constatons cependant, avant de terminer, le monothéisme fondamental du système persan, dont le Temps éternel et sans bornes est la divinité suprême. Les divinités inférieures, avec le polythéisme pour culte, sont évidemment de date plus récente. La notion de la Trinité, dont la Chine nous avait déjà offert une trace, se retrouve aussi dans le texte de Zoroastre. Voici ce texte, il est important à signaler :

« Je fais Vizeschné * à Tintelligence d'Ormuzd, qui possède la paît rôle excellente.

» Je fais Vizeschné à l'esprit agissant d'Ormuzd, qui s'occupe de * la parole excellente et l'exécute.

* Izeschnéf prière dans laquelle on relève la grandenr de celui à qui on !*•• dresse (Note d'Anquelil-Duperroo).

» Je fais Vizeschné à la langue d'Ormuzd, qui pronouce conti- )) nuellement la parole excellente '.)>

L'Intelligence, la Parole et l'Esprit d'Ormuzd ne sont-ils pas une image affaiblie, un reflet décoloré de la Puissance, du Verbe et de l'Esprit-Saint de l'auguste Trinité?

§ m. Cosmogonie indienne de Manon et des ¥cdas.

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H. « Le plus ancien code religieux et politique de Tlnde, dit » M. G. Pautliier, est le livre de Manou, en sanskrit Manousanhita^ » ou Manava-Dharmasastra. Selon W. Jones, qui en a donné une tra- » duction anglaise 2, il remonte à près de mille trois cents ans avant » notre ère.» La chronologie indienne, comme celle de la Chine, ne doit pas être acceptée sans restriction ni réserve ^. Elles ne présentent pas plus de certitude l'une que Tautre. Du reste, l'antiquité de l'Inde, comme pays civilisé, est incontestable : ses monuments suffiraient seuls à l'attester. Les temples troglodytes souterrains de l'Himalaya et de Cachemire, ceux de Mahahbapour, les catacombes d'Ellora, dans le Deccan, avec leurs inscriptions en sanskrit primitif, n'ont pas encore, comme les monuments égyptiens , trouvé de ChampoUion ; mais leurs ruines imposantes , plus semblables à des constructions de géants qu'à des œuvres humaines, défient depuis des siècles les eflbrts du temps et des révolutions politiques, et paraissent les sœurs de Thèbes et de Memphis, transplantées des bords du Nil aux rives du Gange.

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