Qaoi qu'il en soit, voici la cosmogonie de Manou
«L Manou était assis, la pensée fixée sur un objet unique, quand
« Zend-Avesta, trad. d'Ariquetil-Duperron, tom. II, pag. 151.
« M. Loiseleur-Deslongchamps en a aussi publié, en 1833, une traduction française avec une bonne édition du texte original, 2 vol. in-8«».
8 « Quel historien consciencieux, dit à ce sujet M. André de Bellecombe, » pourra jamais admettre, malgré les efforts de sir William Jones, les dix I» périodes humaines de Vischnou, qui ont dû se renouveler tous les trois » cent soixante mille ans; et les deux dynasties solaires et lunaires d'Aïodhia » (royaume d'Oude), dont les listes &ont d'ailleurs si opposées et si contra- » dictoires! » A. de Bellecombe, Hist. universelle, 2^ partie, tom. I, pag, 228; Paris, 1855.
CHAP. n. — COSMOGONIE INDIENNE DE MANOU ET DES VÊDAS. 93
» les grands sages s'étant approchés de lui et Tayant salué avec » respect, lui tinrent ce discours :
» IL Être souverainement puissant, daigne nous révéler, selon » l'ordre dans lequel ils doivent être exécutés, les devoirs qui con- » cernent les quatre castes et ceux des classes mêlées.
» III. Car toi seul, ô le premier né des êtres, tu connais le véri- » table sens de ces devoirs obligatoires, universels, existant par » eux-mêmes, insaisissables dans tous leurs détails par la pensée » humaine incommensurable.
» IV. Ainsi interpellé par ces sages magnanimes, celui dont la M puissance est infinie leur répondit à tous en ces mots : Ecoutez!
» V. L'univers visible n'était que ténèbres, incompréhensible à » rintelligence, indistinct, ne pouvant être connu ni par les procé- » dés logiques du raisonnement, ni par la sagesse humaine, et » comme endormi de toutes parts
)) VI. Alors le Grand Pouvoir, existant par lui-même,lm'mèmen'é'' » tant point vu, mais rendant l'univers visible, avec les éléments » primitifs et les autres grands principes, se manifesta dans toute » la puissance de sa gloire, dissipant les ténèbres.
» VIL Lui que l'esprit seul peut concevoir, dont l'essence échappe » aux organes des sens, Findécouvert et l'indécouvrable, l'éternel, » le principe formateur de toutes les créatures, qu'aucune créa- » ture ne peut comprendre, apparut dans toute sa splendeur.
» Vin. Lui, Fesprit suprême, ayant résolu de faire sortir de sa » propre substance corporelle les créatures diverses, il produisit » d'abord les eaux, et il déposa en elles une semence productive.
» IX Celle-ci devint un œuf brillant comme l'or, éclatant de mille » rayons, et de cet œuf, il renaquit lui-même Bi^ahma (la force » créatrice de Brahma), Tancêtre de tous les mondes...
» XI. C'est par cette cause imperceptible, insaisissable aux sens, » éternelle, étant elle-même l'être et le non-être, qu'a été produit » ce divin principe, célébré dans l'univers sous le nom àe Brahma,
» XII. Dans cet œuf, le pouvoir souverain demeura inactif une » année divine, à la fin de laquelle il fît que l'œuf se divisa lui- « môme.
9G niSTOIBE DE L'KliUSE. — PRîJMlÈRE ÉPOQUE.
» Xin. Et, de ces divisions, il forma le ciel et la terre, Tatmos- j » phère qui les sépare, les huit régions, le grand et éternel abîme ' n des eaux.
» XIV. De l'âme suprême il tira Tintelligence instinctive (J/flna.«),
qui existe et n'existe pas par elle-même, et de cette intelligence,
la conscience qui conseille intérieurement et qui gouverne ;
» XV. Et le grand principe intellectuel, et toutes les formes vi- » taies revêtues des trois qualités ; et les cinq organes des sens » destinés à percevoir les objets extérieurs.
» XVI, Ayant une fois parcouru, avec les émanations de l'Espi » suprême^ les plus petites particules des sept principes immense- » ment opérateurs, il forma tous les êtres
» XIX. Cet univers est formé des parties les plus subtiles de ces )) sept principes manifestés humainement sous une forme visible,. » et doués d'une grande énergie créatrice. C'est le changeant de » l'immuable....
» XXI. Lui (l'Esprit suprême) assigna d'abord à toutes les créa- j » tures des noms distincts, des fonctions différentes et différents » devoirs (pour les castes), comme cela a été prescrit dans la pa- )) rôle du Véda.
» XXII. Lui, le suprême ordonnateur, fit émaner de sa substance » une multitude de divinités inférieures, avec des attributs actifs » et des âmes pures, et une quantité de génies d'une grande per^ » fection, et le sacrifice éternel.
» XXin. Il tira du feu, du vent et du soleil, le triple et étern( » Brahma; le Big, le Yadjouth et le Sâma, pour l'accomplissement » du sacrifice.
» XXIV. Il donna l'existence des divisions aux tenips, aux étoiles^ » aux planètes, aux fleurs, aux mers, aux montagnes, aux plaines » et aux vaUées *. »
Pour compléter cette cosmogonie indienne et la présenter dans son ensemble primitif, il faut y joindre ces fragments de l'hymne du Rig-Véday publié par M. Colebrooke dans son Essai sur les Védas,
* Traduction française de M. Loiseleur-Deslongchamos. Cosmogonie^ pai M. Pauthier, loc. cit.