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de ù\q\x.
Traditions
universelles
sur le
subbut.
178 HISTOIRE DE l'ÉGLISE. — PREMIÈRE ÉPOQUE.
» du terme septénaire imposé à la semaine. Les animaux eux-mêmen » connaissent son retour *. » Singulier rapprochement entre ces paroles d'un apologiste hébreu du lemps des Ptolémées, et Texclamation populaire dont la naïve éloquence, immortalisée pai- l'auteur du Génie du Christianisme , résistait aux sacrilèges ordonnances d'une loi révolutionnaire! (( Nos bœufs eux-mêmes refusent de ira- » vailler le dimanche, » disaient à la Convention française les paysans de la Bretagne. Que de civilisations sont nées et mortes, sous tous les climats, dans les conditions physiques, intellectuelles et morales les plus diverses; que d'institutions politiques ont passé tour à tour sur le théâtre du monde, léguant leurs noms à l'histoire et abandonnant à l'archéologie moderne le soin de recueillir sous les sables du désert une trace matérielle de leur passage ! Et cependant, au. miheu de cette effrayante caducité des choses humaines, parmi tant de révolutions sociales et tant de ruines d'empires, une institution a dominé tous les peuples, commandé tous les respects et survécu à tous les souvenirs. Le temps se divise aujourd'hui, dans les florissantes capitales de l'Europe, comme il se divisait à Thèbes et à Memphis, à Ninive et à Babylone, à Persépolis et à Athènes. Ce fait a frappé les observateurs les moins religieux. « La semaine, depuis la plus haute antiquité dans laquelle » se perd son origine, circule sans interruption à travers les siècles, » en se mêlant aux calendriers successifs des différents peuples. Il » est très-remarquable qu'elle se trouve la même par toute la terre. » C'est peut-être le monument le plus ancien et le plus incontes- » table des connaissances humaines. Il paraît indiquer une source i> commune d'où elles se sont répandues 2. » Ainsi parlait l'illustre
* Aristohule, écrivain juif, florissait au temps des Ptolémées. Il ne nou8 reste plus de ses ouvrages que des fragments cités par Eusèbe. Celui que nous reproduisons ici est emprunté au livre XIII, chap. xi. de la Préparatio7i évangé" lique : Hebdomadarum orbe ipsa quoque ardmantium universitas volviiur. — « Le sep- » tièmejour, dit Josèpbe, Dieu se reposa et cessa de travailler au grand ouvrage » de la création du monde, et c'est pour cela que nous ne travaillons ^^iat » en ce jour et que nous lui donnons le nom de sabbat, qui eu notre langue » signifie repos. » A7itiq. Judaïc, cap. I.
3 Laolace, Système du mondes pag. 18, 19.
CnAP. IV. — LE SEPTIÈME JOUR. 179
Laplace, dans un temps où l'étude des lois qui président au gouvernement du monde ne lui avait pas encore révélé le Dieu qui a «Téé le monde. Mais il avait constaté chez les sauvages de l'Amérique comme dans les îles de l'Océanie, dans les livres sacrés de? Chinois * comme dans les poëmes les plus anciens de Linus, d'Hésiode et de Callimaque 2, cette unanime consécration du septième jour; et de plus, il avait assisté aux impuissants efforts d'une révolution formidable, à laquelle il fut donné de renverser tant d'institutions séculaires, et qui échoua cependant, malgré la tentative la plus énergique, quand elle voulut imposer une nouvelle divisîoii hebdomadaire. C'est donc à juste titre que nous rattachons au texte de la Genèse l'origine de la semaine et le repos sacré du septième jour. Partout en usage, on n'en rencontre nulle part l'explication; la Bible seule découvre à la science la source commune d'où cette institution s'est répandue. Quel livre que celui dont la moindre parole retentit de la sorte dans les profondeurs de l'humanité!
3. Les saints Pères sont unanimes à faire remonter au Paradis lapremièi Terrestre l'usage du S ça bat h glorieux qui terminait Toeuvre créa- Paradis tw trice. Quelques-uns y rattachent la parole de Job : « Alors les astres )) du matin me louèrent en chœur, et tous les fils de Dieu tressail- » lirent d'allégresse ^. » La première fête du septième jour aurait ainsi été célébrée dans les sphères célestes par les anges témoins des magnificences de la créalion, alors qu'elle sortait radieuse et pure, dans l'éclat de sa jeunesse, des mains de l'Eternel *. L'écho des voix angéhques dut retentir dans le Paradis Terrestre et éveiller les chants de la reconnaissance dans l'ûme d'Adam et d'Eve, dont cette fête était le jour natal. Ainsi, dit Cornélius à Lapide, il est incontestable que la loi mosaïque ne créa pas le commandement du septième jour, mais le renouvela, en le formulant et en lui donnant une sanction. Il existait avant Moïse comme précepte et
* M. A. Nicolas, Etudes philosoph. sur le Christ, liv. II, chap. n, p. 1.
* Voici le vers de Linus, cité par Eusèbe , Prépar. e'vang., liv. XIIl, cliap. xu t EC<^o//iTn /« 0» TiJi>À7[jLi\<ct TtéiVTx T'TuxTsf/; cbIuI d'Hésiodc : n^MTO» êy», Ttrpkç
tinAt iCJ'ôjun , iêpôv yijuA-^ Celui de Callimaque : "F.CJ'o/uyi ih kystOolç^ kai îtti TEYê9>«, Eusèb., Prépar. évang., liv. XIII, cliap. xrii. » Job, cap. xxxvui, 7. — * TornielL, Annal, mundi, tom. I, pag. 92,
restre.
180 HISTOIRE DE l'Église. — pkemiijie époque.
comme enseignement divin ^ Il inaugura pour nos premiers pères l'âge heureux de l'état d'innocence; et il reste pour leur postérité déchue Je moyen de sanctification et le gage de l'innocence reconquise.
§ 11. Tentation.
4. « Or le serpent était le plus rusé des animaux créés par Jého- )) vah, le Seigneur. Il dit à la femme: Dieu vous a-t-il réellement » défendu ^ de manger de tous les fruits du Paradis?
» Nous mangeons de tous les fruits du Paradis, répondit la » femme.
» Quant au fruit de l'arbre qui est au milieu du Paradis, Dieu n nous a défendu d'y toucher et d'en manger^ de peur que peut- » être nous ne mourions.
» Et le serpent dit à la femme : Vous ne mourrez certainement » point.
» Mais Dieu sait que le jour où vous en mangerez^ vos yeux se- » ront ouverts et vous serez comme des dieux, sachant le bien et » le mal ^. »
Combien de temps s'était écoulé pour Adam et Eve depuis la Fôte de leur naissance et du repos de Dieu, au septième jour, jusqu'au fatal instant où la voix tentatrice se fit entendre à la femme? L'Ecriture ne nous l'a point appris. Il er>t cependant permis de conjecturer qu'un certain intervalle sépara ces deux événements les plus solennels de l'histoire du monde. Le souvenir des joies de l'Eden est trop profondément empreint dans les traditions universelles, il y a laissé trop de souvenirs et de regrets pour qu'on ii'at-
1 Le savant commentateur prévient ici l'objection qu'on pourrait tirer de la substitution du dimanche au sabbat des Juifs. Voici ses paroles : Fuit ergo yrœcepium sabbati d'vinum, non naturale , sed posiiivum, unde a Chnsto et apos' lolis festum a sabbato in Dominicam est translatum [Comm. in Gènes., cap. il, 2).
* Le cur prœcepit delà Vulgate ne rend pas exacleinenl le sens de l'hébreu aph ki; Cornélius à Lapide propose comme interprétation, Ita ne verum est, que nous adoptons ici, et qui s'accorde en effet beaucoup mieux avec la réponse d'Eve.
8 o'ent^y., cap. Ifï, 1-5.