‹ Histoire de l'beglise depuis la creation Volume 1Chapitre 49 sur 121 · DESCENDANCE DE SETII, ETC · texte numérisé non relu

DESCENDANCE DE SETII, ETC

Tableau ' indiquant le nojnbre d'années que les patriarches antédiluviens ont pu passer les uns avec les autrt^.

NOMS

DES DIXPATRIAUCHES

antédiluviens.

NOMBRE D'ANNÉES

qu'ils ont pu passer les uns avec les autres.

1 Adam

2 Seth ,.

3 Enos

4 Caïnan

5 Malaléel. . .

6 Jared

7 Hénoch

8 Mathusalem.

9 Lamech

10 NoÉ

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Ainsi Lamech, le père de Noé, avait passé cinquante-six ans de sa vie avec Adam. Il avait conversé avec tous les patriarches; Noé lui-même avait vécu près d'un siècle avec Enos, le petit-fils d'Adam. (( Il faut bien l'avouer, dit M. Glaire, cette durée prodigieuse de la » vie des premiers hommes, surtout lorsqu'on la compare avec la )) brièveté de la nôtre, est une des choses les plus étonnantes qu'on » trouve dans l'histoire du monde avant le déluge 2. » Mais plus elle est extraordinaire, plus elle sécarte de toutes les proportions actuelles dc^ notre vie, plus aussi elle prend le caractère d'un fait liistorique saillant, frappant à première vue, et qui a dû laisser dans la mémoire des hommes d'ineffaçables vestiges. Or voici ce l]ue disait Josèphe, au siècle le plus littéraire de l'Empire romain;

* Nous empruntons ce tableau à la Bible de Vence, Dissertatm sur lei \Jeux premiers âges du monde.

}M, Glaije. Les Livres saints vengés, tom. I, pagr. 239.

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voici comment il confirmait la vérité biblique par des citations précises des antiques annales conservées de son temps : « Tous les » hisloriens du monde, aussi bien ceux des Grecs que ceux des » autres peuples de l'univers, attestent la longévité des premiers » hommes. Manéthon, l'annaliste des Egyptiens; Bérose, celui de » la Chaldée; Moschus, Hestiœus, Hiéronyme d'Egypte, liisioriens » de la Phénicie, tiennent le même langage. Hésiode, Hécatée, » Acusilas, Hellanicus, Epliorus et Nicolas de Damas rapportent » que les premiers hommes vivaient plus de mille ans. » Voilà, certes, une suite assez nombreuse de témoins, et les Romains d'Auguste ne récusèrent pas leurs paroles. Les textes de ces écrivains, maintenant presque en entier perdus pour nous, étaient alors entre toutes les mains; ils avaient une notoriété publique, et nul n'aurait songé à les révoquer en doute. Que si nous voulons nous restreindre aux seuls écrits de l'antiquité dont la connaissance soit arrivée jusqu'à nous, le champ sera encore assez vaste pour nous fournir une ample moisson de témoignages identiques. Les vers d'Hésiode, dans son poème des Œuvres et des Jours ^, sont les mêmes que ceux dont parle Josèphe, et ils attestent la tradition commune de la longévité des premiers hommes. Tous les littérateurs savent les plaintes qu'Homère place dans la bouche du vieux Nestor, quand il déplore la brièveté de ses jours, qui n'égalaient point ceux des héros, ses pères. Pline dit à ce sujet que ce ne sont pas là de poétiques iictions, mais l'expression d'une réalité parfaitement exacte et sérieusement démontrée pour tous les observateurs des phénomènes naturels et des vérités historiques 2. Yarrou 3, dont les paroles nous ont été transmises par Lactance, Valère- Maxime * tiennent le même langage. Si donc il est un fait acquis à l'histoire, c'est évidemment celui-ci. Quand les annales de toutes les nations enregistrent une tradition, quand tous les souvenirs humains la procluiuent, nous sommes en droit de conclure qu'elle repose sur un i'ondement historique, et nous sommes fiers de mon-

» Hesiod., Iv Oper. et Dieb., vers. 130. — * Pliû., Hid. natur., lib. VII, cap. xLviii. — 3 Laclant.' mstit. dw., lib. II, c;,p. i. * Valer. Max., De Dktis factisque mirabil.j lib. VlU, cap. de Senectute.

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trer aux adversaires de la Genèse cette nouvelle preuve de la conformité de ce livre divin avec les vérités les plus universellement conservées dans la mémoire des hommes. >

30. Ainsi û est incontestable que depuis les premiers héros chai- QnîvwseUeî déens dont Bérose nous a conservé la liste, en fixant pour la du- ^"étjjj^îlf rée de leur vie des chiffres prodigieux , jusqu'aux mythologiques luTiennt. avatars de l'Inde, dont chacun comprenait plusieurs siècles," toutes les contrées de la terre, l'Egypte, la Phénicie, la Babylonie, la Grèce, Rome, ont inscrit au début de leurs annales un âge où la vie humaine atteignait des limites qui maintenant lui sont inconnues. La Chine ne reste pas en dehors de ce concert traditionnel. La période comprise entre Hoang-Ti^ l'Adam chinois, et Yao, le Yapet européen, n'embrasse pas moins de deux mille ans K En présence d'une telle unanimité de témoignages, l'objection contre le récit de Moïse irait beaucoup plus loin que ne l'imagineraient nos adA^ersaires. Elle ruinerait par la base toute certitude historique, et détruirait à jamais sur notre terre les vestiges du pîissé. Disonsle donc avec Buffon, Deluc et Cuvier : Il est une loi parfaitement reconnue en histoire naturelle, loi dont Pline avait déjà donné la formule, et que les découvertes modernes ont toutes confirmée, c'est la suivante : A mesure que le temps précipite son cours, les produits de la nature diminuent de vigueur et de puissance ^, Que sont nos végétaux actuels en comparaison des espèces gigantesques qui ont formé l'inépuisable dépôt de nos charbons fossiles? Les races primitives des animaux dont Cuvier a restitué les colossales dimensions, ont-elles parmi nous leurs similaires? Les monstrueux ptérodactyles ont-ils des analogues parmi les espèces d'oiseaux actuellement vivantes? Or la durée des espèces est en raison directe de la grandeur de leur développement. Et puisque les autres races animales ont été soumises à ces deux lois primitives, pourquoi l'homme seul y eût-il fait exception? Il n'est pas douteux que les conditions atmosphériques d'air et de température n'aient été

* L. Aug, Martin, Les Civilisations primit., Chinois, chap. i. — L'auteur & suivi pour les dates la chronologie de M. Pauthier, le dernier historien de !a Chine. — « Plin., Hist. nalur., lib. VII, cap. XLvni.

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profoiidëment altérées par le déluge; que les qualités nutritives des végétaux et des animaux n'aient dès lors diminué dans une semblable proportion. Nous ne sommes donc pas en droit d'appliquer aiix races antédiluviennes la mesure de notre vie restreinte et de nos forces amoindries.

31. On le voit, ces considérations physiologiques ne se bornent pas à établir scientifiquement la longévité des premiers hommes; elles peuvent encore éclaircir un autre point non moins controversé, je veux dire l'existence des géants. « Parmi les interprètes de » la Bible, tant anciens que modernes, dit encore M. Glaire, les uns » ont admis l'existence de vrais géants d'une taille incompara ble- » ment supérieure à celle des hommes ordinaires ; les autres, au conï> traire, ont cru qu'il s'agissait seulement d'une race d'individus qui » se distinguaient par une force, une audace et une violence extraor- » dinaires. Le mot nephilim, dont en effet s'est servi Moïse, ne dési- » gne nullement une taille gigantesque; mais aussi il faut convenir )) que sa signification rigoureuse nous est maintenant à peu près » inconnue. » Tous les commentateurs s'accordent cependant à lui donner en général le sens d'une puissance malfoisante. Yoilà pourquoi, continue le savant hébraïsant, « dans les traditions de tous les » peuples, les géants étaient presque synonymes de méchants^ parce » qu'ils étaient considérés comme des êtres révoltés contre la Divi- » iiité. Pour nous, nous croyons, avec le commun des interprètes, » qu'il y avait réellement avant le déluge des hommes au-dessus » de la taille ordinaire, de vrais géants, et que c'est le sens qu'il » faut donner, avec les Septante et la Vulgate, au texte hébreu; il » nous semble même qu'il n'y a pas heu d'en douter, quand on lit » dans le hvre des Nombres *, que les espions envoyés par Josué » dirent à leur retour : «Le pays que nous avons exploré dévore ses » habitants, le peuple que nous y avons aperçu est d'une stature » extraordinaire. Nous avons vu là des hommes qui sont des mons- » très, des fils d'Enac, de la race des géants, auprès desquels nous » ne paraissions que comme des sauterelles 2. »

D'après le témoignage de l'illustre orientahste, il est donc cer-

» Ghap. XIII, 33, 34. — * M. Glaire, Les Livres saints vengés, tom. I, p. 245, 246.

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