OIAP. V. — CHRONOLOGIE DD MONDE ANTÉDILUVIEN
tain que, malgré robscmité du mot nephilim^ toutes les probabilités sont pour le sens de géants^ que la Vulgate et les Sepumte ln\ ont donnée Or l'existence d'une race antédiluvienne de géants se retrouve aussi à l'origine de toutes les histoires. Il serait înutile de rappeler ici le souvenir des Titans, chantés par Homère, Hésiode, Ovide et Virgile. Le polythéisme de la Grèce et de Rome avait immortalisé leurs noms et leurs exploits. L'Egypte eut de môme ses géants, dont l'historien Phlégon nous a conservé le souvenir *. L'Inde a ses asiirus et daityas, géants ennemis des sages et des dieux *. La Chine donne aux siens des formes fantastiques, les représentant avec des corps d'animaux, une tête d'airain et le front de î(iv ^. Les antiques sagos de la Scandinavie reproduisent la niômc tradition *; il n'est pas jusqu'aux indigènes du nouveau monde qui ne l'aient soigneusement conservée. Ils racontaient aux premiers Européens qui posèrent le pied sur leurs rivages, que leur contrée avait été, dans les temps anciens, dévastée par des géants qui y avaient semé la terreur et les ruines ^. Il est donc établi par l'histoire universelle qu'il y eut primitivement une race d'hommes dont les forces physiques et la stature dépassaient les proportions des nôtres. La science moderne, loin de trouver des objections à ce fait, le confirmerait plutôt par la comparaison avec les autres productions de la nature primordiale, qui affectaient des formes et un développement dont nous ne rencontrons plus autour de nous les analogues. Sur tous ces points, la Bible reste donc le livre par excellence, la formule de la plus rigoureuse vérité.
§ IV. Clironolojçie du monde antédilaYieii.
32. On nous pardonnera ce que ces discussions peuvent avoir Diincuiiée d'aride dans une histoire dont elles interrompent désagréablement peut-être le récit. Quand on étudie les origines de l'humanité, quand on remonte avec Moïse le cours des âges, on trouve sur le
< Phlego, De Mirabil., cap. xv. — « Introd. à Uttara Rama Christa, dauà le Théâtre Indou de Wilson, vol. I, pag. 278. — » Chou-King , Discours prélim.^ pag. cx]Lym. — '>Volsunga-Saga, cap. xvii; Edda-Zwote-Fabel, pag. lU, Schimmelmanu. — s Garcilasso de la Vega, lib. IX, cap. ix. — Voir la Dissertation de l\. Glaire sur les géants, Les Livres saints vengés, et celle de l). C;i!irn>t daûs la Bible de Vence.
énôralesquî piéscnte ulude des originaa.
258 HISTOIRE DE l'ÈGLISE. — PREMIÈRE ÉPOQUE (4963-3308).
chemin mille obstacles qui tiennent, d'une part, à l'absence d'autres documents sur le même sujet, à l'obscurité de quelques expressions dont nous avons perdu la clef, à des inexactitudes de copistes qui ont pu se glisser dans les exemplaires d'un texte conservé pendant tant de siècles par des transcriptions manuelles si fréquemment répétées; d'autre part, à l'ardeur des attaques dirigées par l'incrédulité contre un livre que les passions auraient tant d'intérêt à convaincre d'erreur; à la multitude des questions qu'il soulève dans toutes les branches des connaissances humaines; à l'impossibilité où se trouve l'historien de passer outre, sans avoir éclairci les difficultés, répondu aux objections, dissipé les incertitudes, dans la mesure de sa conscience et de ses forces.
Difiicuiiés 33. La chronologie de la Genèse offre précisément une difficulté la chronoio- de co gouro, que déjà saint Augustin avait rencontrée sur sa route
ifiuvi"nne. ct qu'il a magnifiquement élucidée dans son immortel ouvrage de ^a Cité de Dieu. Les rationalistes de son temps prétendaient trouver dans la divergence chronologique des textes de l'Ecriture un argument décisif pour réduire la longévité des patriarches à une mesure beaucoup plus rapprochée des proportions actuelles de la vie humaine. Us appliquaient aux années primitives de la Genèse la réduction qu'on fait subir aux fameux Sares de Manéthon. « Ainsi, » disait le grand Docteur, quand l'Ecriture atteste qu'un patriarche » a vécu neuf cents ans, c'est quatre-vingt-dix qu'il faudrait enten- » dre; car dix de leurs années en font une des nôtres. » Telle était l'objection. « Mais, répondait saint Augustin, si vous tenez à votre » calcul, comment expliquerez-vous que Caïnan devienne père de )) Malaléel à l'âge de onze ans ? C'est pourtant ce qu'il faudrait ad- » mettre, si les cent dix ans que lui donne l'Ecriture, à cette époque, )) étaient réduits dans la mesure de votre supputation *. » Il serait facile de prouver par toute l'histoire patriarcale que les années dont parle Moïse sont des années semblables aux nôtres. Les commentateurs l'ont démontré. Mais il n'en reste pas moins certain qu'il y a entre le texte hébreu, la version des Septantes et le texte samaritain, des différences importantes. Le tableau suivant en donnera une idée nette.
• s. Au/just-, De CiviL Dei\ lib. XV, cap. XII. '