‹ Histoire de l'beglise depuis la creation Volume 1Chapitre 61 sur 121 · CHAP. VI. — LE DÉLUGE · texte numérisé non relu

CHAP. VI. — LE DÉLUGE

d*ans et les jeunes hommes que leur vigueur n*a pu proléger. Le soleil n'éclaire nulle part d'un rayon d'espérance l'horizon couvert d'un voile épais de nuages; le jour ne diffère de la nuit que par une teinte grisâtre et un sombre crépuscule. Ainsi, dans le tumulte d'une invasion soudaine, l'effroi de la réflexion, les illusions d'un espoir aussitôt évanoui que conçu , se succèdent les premiers jours et les premières nuits du grand déluge. Peu à peu le silence se fait à la surface toujours croissante des flots. Ils soulèvent et roulent pêle-mêle les cadavres des animaux et des hommes, les débris épars de l'industrie et du luxe des cités; au loin l'arche apparaît protégée par la main du Très-Haut, promenant au milieu de ces scènes de mort l'espérance et la vie de l'avenir. Enfin l'eau vengeresse gagne les sommets les plus élevés, elle resserre dans an cercle toujours plus étroit l'asile du seul être humain resté debout ; elle monte encore ; c'en est fait : le dernier témoin de tant d'horreurs est englouti lui-même : la terre a disparu une seconde fois sous les ondes qui furent son berceau. « Or, dit notre Seigneur » Jésus-Christ, ce qui eut lieu aux jours de Noé, se renouvellera » à l'avènement du Fils de l'homme. Les avis du patriarche furent » méconnus, les hommes passèrent les jours précédents à leurs » occupations ou à leurs plaisirs accoutumés; ils mangeaient et » buvaient; les pères mariaient leurs fils et leurs filles, jusqu'à l'ins- » tant où Noé entra dans l'arche. Le déluge survint, et engloutit la » race humaine tout entière. Il en sera de même à l'avènement du » Fils de l'homme * 1 »

15. « Cependant Dieu se souvint de Noé et de tous les êtres vi- Fin » vants renfermés avec lui dans l'arche. Il fit souffler sur la terre ^ "^* » un vent violent dont l'action diminua peu à peu le volume des )) eaux. Les sources de l'abîme, les cataractes du ciel avaient été » fermées; et la pluie avait cessé de tomber. Après cent cinquante » jours de stagnation, les ondes commencèrent à décroître. Et le )) vingt-septième jour du septième mois, l'arche se reposa sm' les «montagnes d'Arménie. Quarante jours s'écoulèrent encore; l»

1 Matth.t cap. xxiv, 37.

ft niveau de rinondation continuait à descendre, et Noé lâcha par 0 la fenêtre de l'arche un corbeau qui ne revint plus. Pour s'assa-

D rer mieux du degré d'écoulement des eaux, il fit sortir une co-

■Il . »

» lombe, celle-ci ne trouvant pas un heu oïli se reposer, car les j) plaines étaient encore couvertes d'eau, revint près de Noé, qui, )) avançant la main, la prit et la réintégra dans l'arche. Sept jours » après il renouvela cette épreuve, et la colombe revint ^ers le » soir, portant dans son bec un rameau d'olivier avec ses feuilles » vertes. Noé comprit que l'eau s'était retirée de la terre. Il atten- » dit néanmoins encore sept autres jours, et lâcha de nouveau la » colombe, qui cette fois ne revint plus. Et Noé, ouvrant le toit de » l'arche, vit que la surface de la terre était débarrassée des eaux. 0 Ce ne fut cependant qu'un mois après qu'il reçut de Dieu le si- » gnal de la délivrance. — Sors de l'arche, lui dit le Seigneur, toi et » ta femme, tes fils et les femmes de tes nls. Remets en liberté » tous les animaux, oiseaux et reptiles enfermés avec toi, prenez » possession de la terre ; croissez et multipliez. — Or la six cent » unième année de son âge, le vingt-septième jour du deuxième D mois S Noé, sa famille et tous les animaux descendirent de l'arche 1) et reprirent possession de la terre ^. » La vengeance du Seigneur était accomplie. L'humanité allait entrer sur un sol purifié par les eaux dans ses nouvelles destinées.

§ IV. Universalité du déluge.

delSS- 16. La question de l'universalité du déluge est complexe; elle

lité du déluge touche à la théologie.

a la science et à l'histoire.

tient à presque toutes les branches des connaissances humaines. Le fait le plus considérable des annales du monde nous est trans-

Voici le tableau des mois hêbrdiquet de l'année sainte :

i Nisaa ou Abib, 30 jours = mars.

2 Ijar 29 id. = avril.

3 Sivan 30 id. = mai.

4 Tammus 29 id. = juin.

5 Ab 30 id. = juillet.

6 Elul 29 id. = août.

7 Tisri 30 jours = septembre,

8 Markesvau. 29 id. = octobre.

9 Casleu 30 id. = novembre.

lOTebelb.... 29 id. = décembre.

llSebeth.... 30 id. = juuvier.

12 Adar 29 id. = février.

Tous les trois aus, l'année avait treize mois. Ce mois supplémentaire était de treize jours, et s'appelait Ve-Adar, ou second Adar. « Gènes., cap. vni, 1-18.

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