ARTICLE TROISIEME
Apologie en faveur de l'Eglise Iroquoise.
Ce seroit l'effet d’une grande injustice et d’une grande ignorance si ce que nous avons dit et allons dire de l’Yvro-
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gnerie des Sauvages, produisoit dans l'esprit de quelqu'un des mouvements d'indignation, d’horreur et de mépris contre ces pauvres misérables, comme des gens que leur brutalité rend indignes de la prédication de l'Evangile, ou incapables de la Foy. Il y a dans ces sentimens une dureté et une erreur contraires à la Religion Chrestienne. C'est ainsi que les Juifs estimoient autrefois les Gentils indignes de l’entrée de l'Eglise. Dieu veut que tout le monde soit sauvé. Notre Seigneur est mort pour tous les hommes ; mais aucun peuple n’a mérité de recevoir la Foy par ses œuvres et ses mœurs. La brutalité des Sauvages doit donner plus de compassion que d’indignation contre eux. Que peut-on attendre de pauvres Gentils élevés dans le Paganisme ? Les anciens Gaulois, et beaucoup d’autres peuples, n’estoient guères plus polis, avant que d’estre cultivés par la doctrine de l'Evangile. On peut dire à leur avantage deux choses ; la première, que comme ils n’ont point la connoissance ni de notre avarice ni de notre ambition, ni de la pluspart des voluptés qui sont les alimens de nos vices et de nos concupiscences, l'ignorance du mal entient beaucoup dens une assez grande innocence. La deuxième chose que l’on peut dire pour les excuser de leur Yvrognerie est, que ce défaut n’est pas général ; au contraire, il faut en excepter presque tous les viellards et les femmes ; secondement, ceux qu'ils appellent Considérables ou Capitaines qui ont le maniement des affaires ; il en faut excepter encore quantité de riches naturels doués d'un beau tempéramment, et très modérés, et qui par tout pays passeroient pour de fort honnestes gens ; enfin, il en faut excepter surtout ceux que la grâce de Jésus Christ a tirez de la puissance du Démon, desquels beaucoup sont parvenus à une sainteté qui fera la condamnation de bien des François.
Mais, ce n’est pas ici le lieu d’en parler. L'yvrognerie , . . . .
n'est donc proprement particulière qu'aux jeunes gens qui font profession de bravoure, et qui par esprit de superbe . veulent faire parler d'eux, et se rendre renommés par quelque endroit.