‹ Histoire de l'Ecole d'AlexandrieChapitre 19 sur 31 · CN · texte numérisé non relu

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PRINCIPRS DE LA THÉOLOGIE DE PROOLUS, 428

dialectique, et de l'expérience. Ce point de vue est juste et vrai, et les Alexandrins qui l’ont mieux compris que les autres écoles sont dans les meilleures conditions possibles pour faire une bonne théologie. Ils ne risquent pas de supposer, comme les Éléates, un Dieu, très-conforme à l'idéal de per fection que nous déeouvrons spéeulativement , mais incapable, par sa grandeur même, de produire l'être au dehors de lui: ni de s’en tenir, comme les écoles empiriques, à un Dieu humain, qui se résout, veut et agit comme nous-mêmes, qui réfléchit pour produire le monde, qui s’y prend à plusieurs fois pour le produire, qui corrige son œuvre, la répare, la gouverne, heureux de l'avoir produite, toujours occupéd'elle, et plus semblable à un ouvrier immortel, qu’à cet idéal de la pensée et de l'amour, qui se suffit à lui-même, et ne peut rien désirer ni rien vouloir hors de lui, sans déchoir.

Jusque-là, tout est profond dans la philosophie des Alexandrins. Voilà bien, dans sa grandeur , une philosophie éclectique. Les enseignements de l’histoire ne sont pas perdus pour une telle école. Elle voit l'insuffisance des résultats obtenus, et rattache la faiblesse des conséquences à celle des principes. Appelée à son tour à reconstruire l'édifice tant de fois essayé, toujours incomplet, elle unit deux principes féconds, qui, séparés, ne contiennent qu’une moitié de la vérité, et réunis doivent la recéler tout entière.

Mais ces deux principes, dont l'un conclut a l'in

h2h PRINCIPES DE LA THÉOLOGIE DE PROCLUS.

mobilité, et l’autre au mouvement de la cause supréme, ne sont pas seulement différents, ils sont opposés, ou plutôt contraires et presque contradictoires. Assurément la contradiction, dans la nature de Dieu, n’est pas aussi choquante que dans la nature des choses: car dans les choses, dans notre monde , dans ce qui est près de nous, analogue à notre propre essence et à celle de notre esprit, la contradiction est le néant de la connaïssance, le contradictoire est l’impossible ; mais dans cet éternel objet où aspire notre pensée, sans jamais le comprendre, le contradictoire n’est plus l'impossible, il n’est que la limite de notre raison. Là le mystère peut être admis; car le mystère, qu'est-ce, sinon la limite de la science humaine? Or la science humaine n’est limitée que du côté de Dieu.

Cependant, est-ce tout mystère? est-ce toute incompréhensibilité? Si ce Dieu est connu tout entier, certes cette contradiction levée en engendre une plus forte; c’est que j’aie la compréhension claire et complète du premier principe des choses, et ne sois pas moi-même ce premier principe. Dieu est donc incompréhensible à quiconque n’est pas infini, c’està-dire qu'il n’est compréhensible qu’à lui-même : c'est la conséquence directe de l'identité nécessaire du premier pensable et de la première pensée. Il est donc incompréhensible, il faut qu'il le soit, non pour humilier la science humaine, pour la fonder au contraire, pour la rendre possible. Mais il y a des degrés dans l’incompréhensibilité. Descartes a beau

nous dire : l’incompréhensibilité est contenue dans la raison formelle de l'infini. Dieu n'est-il pas le souverain intelligible? Il lest; je n'existe que par lui, et je ne pense que par son idée. Il me substantifie et m'illumine ; et c'est ainsi qu'il est véritablement mon tout. Il n’est pas seulement le premier intelligible, par la raison qu’il est l’objet propre de l’intelligence absolue, mais parce qu’il est l’objet de toute intelligence. Je sais donc beaucoup de lui, si j'en ignore encore plus. Je sais son action créatrice, son gouvernement , sa bonté, sa justice. Je sais son éternité, son immutabilité. Ainsi attiré vers lui par la loi même de mon être, séparé de lui à jamais par la loi de la permanence des êtres, et par la faiblesse de mon intelligence, il ne se peut que je ne lutte sans cesse contre cette barrière derrière laquelle il se cache. L’amour m’y contraint ; la curiosité philosophique, qui est un’ grand et noble principe, m'y pousse. Et pourquoi n’essayerai-je pas, non d’aller jusqu’au fond, puisque cela est démontré impossible, mais d'avancer plus avant, et par là de connaître un peu plus du monde, en pénétrant mieux la nature de son éternelle cause? C’est une folle et téméraire doctrine qui partage les esprits en classes profondément distinctes, et y voit des espèces diverses, au lieu de puissances égales par leur définition , diverses seulement en degrés. Mais qui pourrait nier la différence des dons? Et surtout qui pourrait nier que l’usage de la dialectique, la méditation habituelle nous élèvent au-dessus de ce que nous

A26 PRINCIPES DE LA THÉOLOGIE DE PROCLUS, sommes ? Or, si l’incompréhensibilité divine ne dépend pas de l'essence de Dieu, mais de celle de notre esprit, elle doit diminuer à mesure que notre esprit s'élève; et si jamais, selon la fausse et sacrilége espérance de Plotin, notre esprit s’étendait jusqu'à devenir infini, l’incompréhensihilité de Dieu cesserait d'être. |

Écrire ce dogme, en tête de la théologie, ce n’est donc pas renoncer à expliquer la nature de Dieu; mais déjà, comme il ne s’agit plus que d'induire, la philosophie, une fois Dieu démontré , avec sa perfection et son immobilité d’une part, et la Providence de l’autre, ne procède plus que par hypothèse; elle tâtonne , elle hésite : trop heureuse si son hypothèse comparée aux faits résiste à une telle épreuve! Elle ne tentera même pas la seconde épreuve, celle qui ferait de son hypothèse une certitude, en démontrant la réalité du principe sur lequel elle est fondée.

Les Alexandrins ont donc pu légitimement chercher une hypothèse qui expliquêt la présence en Dieu de deux attributs en apparence contradictoires. Seulement il importe de distinguer cette hypothèse arbitraire, des nécessités de la dialectique et de celles de l'expérience strictement démontrées l'une et l'autre, et des conséquences certaines qui en résultent pour la nature de Dieu. Sur ce dernier point, le travail des Alexandrins est un résultat acquis à la science. Sur le second, sur l'explication, ils n'ont pu faire qu’une bypothèse, et leur hypothèse, on le sait, est la doctrine de ls trinité hypostatique.

Problème : Dieu étant nécessairement mobile, et nécessairement immobile, sauver la contradiction : qui existe entre ces deux termes. Solution : Dieu est un seul Dieu en trois hypostases ; la première est immobile, et exclut toute multiplicité; la dernière est mobile, et n’est nullement immuable : un moyen terme les unit dans une proportion parfaite qui fonde la simplicité de leur substance (1).

On le voit, la contradiction qu'il s'agissait de résoudre est en effet résolue, car chacun des termes contraires est relégué dans une hypostase différente; seulement, à cette contradiction, on en a substitué une autre. La raison rejetait une essence immuable et mobile, on lui propose à croire une nature une et multiple. |

L'hypothèse des Alexandrins n’aboutit donc qu'à une transformation de la difficulté, et non à une solution. Instruit par Plotin des nécessités de la théologie, Porphyre devait garder la position du problème, rejeter la solution proposée, et chercher ailleurs. S'il l’eût fait, il commençait une nouvelle école. | |

Au lieu de cela, il accepta en principe la solution de son maître, mais il la voyait hérissée de diff cultés. Tout son effort fut de diminuer la multiplicité dans les termes multiples (2). Il y dépensa beaucoup de subtilité. Vaines tentatives! Dieu ne peut dégénérer de lui-même par aucun endroit, L'érepôrns

(1) Foyez ci-dessus, 1. 2, c. 3; L 3, © 4, 3, 4 et &. (2) Voyez ci-dessus, 1. 3, c. 4, t. Il, p. 110 sqq.

a beau s’exténuer. Si petite qu'elle se fasse, l’unité, quand l’érsoornç vient s’y joindre , perd sa définition et devient le multiple. Il ne s'agissait donc pas de diminuer l’éreporne, mais de la rejeter de la nature du divin; c'est-à-dire que le remède essayé par Porphyre, était impuissant, et que l'hypothèse de Plotin était fausse.

Jamblique essaya d’un autre côté. Il eut foi dans le système des proportions continues (1). Ainsi Porphyre s'efforce plutôt de diminuer la difficulté d’où la trinité est sortie, tandis que Jamblique se préoccupe de la trinité en elle-même , et tâche d’en sauver le principe en l’exagérant. Quel est le vice de l’hypothèse? C’est cette unité composée de trois termes. En effet, de l’un absolu à l'intelligence , de l’intelligence à l’âme, la distance est bien grande; ce sont des abîmes. Dans ces abîmes, Jamblique jette de nouvelles triades : voilà, selon lui. les intervalles diminués. Mais il se trompe, l'intervalle est le même. Les intermédiaires ne changent rien à la relation naturelle des principaux termes entre eux. Ils amusent l'esprit peut-être; ils cachent l’abîme, sans le combler. |

Toute l’école s’épuise dans cette double voie, ouverte par Porphyre et Jamblique (2). Nul ne remonte jusqu’à l'hypothèse elle-même; tous l’acceptent en principe, et s'appliquent à la transformer.

On ne saurait le nier ; de tous ses prédécesseurs,

(1) Voyez ci-dessus, 1. 3, c. 5, t. Il, p. 198. (2) 16. , c. 6.

celui que Proclus suit de plus près, c’est Jamblique. Assurément, Jamblique n’est pas un philosophe de la valeur et de la portée de Proclus; il reste dans l’école au second rang, séparé de Plotin par un abîme et inférieur même à Porphyre. Il faut faire deux parts de ses écrits; ce qui est-vraiment philosophique et digne d’une grande école, appartient presque complétement à Platon et à Plotin; des raffinements dans les détails de l’hypothèse trinitaire, une connaissance profonde des mystères, un enthousiasme sans bornes pour la théurgie , voilà ce qui lui appartient en propre. Le point de vue fécond par lequel il concilie le culte, la priére, la providence avec l'immobilité divine, constitue aux yeux de l’histoire son seul titre sérieux (1); mais dans l’école, cette idée n’a pas eu de postérité. Jamblique a triomphé par ses défauts, comme il arrive dans les temps de décadence ; et quelle que soit la vigueur et la portée de l'esprit de Proclus , ayant trouvé l’école dans la voie où Jamblique l'avait mise, il n’a point essayé de l’en détourner. Il est sans doute plus près de Plotin, de Piaton et d’Aristote, que Jamblique, parce qu'il a plus de génie, et qu’il pénètre plus avant dans la science proprement dite ; mais pour toutes les théories si chères aux Alexandrins, pour la trinité, pour les puissances intermédiaires, pour les évocations, il pe s'éloigne presque jamais de Jamblique. Son admiration pour Porphyre ne l’empêche pas de combattre sa doctrine sur plusieurs points importants, et de

(1) Voyez ci-dessus, 1. 3, c. 5, t. IL, p. 231 sq.

h30 PRINCIPES/DE LA THÉOLOGI* DE PROCLUS.

s'associer aux reproches de péripatétisme qu'on lui faisait dans l’école (41); mais il se montre presque toujours de l'avis de Jamblique , et ne met point de réserve aux hommages qu’il lui rend. Si Plutarque, qui fut le maître de Syrianus et de Proclus, a été en effet, par Chrysanthe, le disciple de Maxime et de Jamblique, ces analogies de doctrine et de langage entre Jamblique et Proclus n’ont plus rien qui puisse surprendre (2). Quoi qu’il en soit, dès qu’en suivant Proclus dans l'exposition de sa théologie, on s'éloigne de la double démonstration du dieu immobile et du dieu-cause, qui est la conquête des Alexandrins, et de l'hypothèse même de la trinité, qui appartient à Plotin, ou qui du moins se trouve pour la première fois exposée et conçue avec profondeur dans les Ennéades; dès qu’on arrive à la détermination plus précise de chacune des hypostases dont la trinité est formée, on trouve le principe de Jamblique, qui multiplie les divisions pour diminuer les intervalles et accomplir ainsi l'unité; les divisions de Jamblique, le septénaire, les ennéades ; et enfin, comme dans Jamblique, la présence dans chaque terme simple, d’une multitude d'idées ou de monades qui coexistent à la fois unies et distinctes, et rendent les principes capables de fonder en même temps ia multiplicité du monde et son harmonie (3).

Cependant, malgré ces analogies qu’on ne saurait méconnaître, une différence importante entre Jam-

(1) Comm. Tim., p. 64 sq.

(2) Cf. ci-dessus, 1. 5, c. 4.

(3) Cf. ci-dessus, t. IT, p. 200.

blique et Proclus, c’est que la division des hypostases est en quelque sorte plus réelle, plus formelle dans Jamblique. Proclus construit plutôt ses triades des points de vue différents d’une même hypostase que de trois hypostases différentes. Ce sont pour lui les manifestations diverses d’une même nature, une hiérarchie entre les fonctions d’un même être. Comme son analyse est plus profonde, il sait mieux conserver l'unité radicale de l’être sous la multiplicité qu’elle développe. |

Il est vrai qu'il né faudrait pas aller jusqu’à ne plus voir dans les hypostases de Proclus que des attributs et des modes. Proclus alors cesserait d’être un Alexandrin, car les divisions ternaires, si elles ne roulaient plus sur des hypostases, ne suffiraient pas pour le rattacher à l’école de Plotin. Mais on peut dire du moins que si toute l’école a accepté les divisions hypostatiques, Amélius et Théodore, accusés d'admettre trois dieux, sont de tous les Alexandrihs ceux qui ont le plus exagéré la réalité de ces divisions, tandis que Proclus est peut-être celui qui a donné le moins de valeur à la division hypostatique.

C’est donc en suivant Jamblique que Proclus s’efforce d'approfondir la doctrine de la trinité, et de remédier aux inconvénients qu’elle présente. Plus il s'enfonce dans cette voie, plus il s’écarte de Plotin. Sa doctrine est la conclusion du travail de toute l’école sur la trinité, et il n’en est que plus important de la bien connaître. Nous essayerons, sans entrer dans trop de détails, d’en présenter le tableau avec quel-

que précision ; mais s’il arrive à tous les Alexandrins dans une hypothèse si arbitraire et si compliquée, d’hésiter, de se contredire, que doit-on attendre, même du plus habile et du plus systématique d’entre eux, lorsqu'il vient le dernier, avec la prétention d’être plus complet que tous les autres, et quand on sait qu’il s’agit moins pour lui de distinctions physiques, que de distinctions logiques, moins de divisions hypostatiques, que d’attributs et d’aspects divers des mêmes hypostases ?

La trinité de Proclus ne se compose pas, comme celle de Plotin ou de Porphyre, de trois termes simples, l'Unité, l’esprit et l’âme, mais bien, comme celle de Jamblique et de Théodore, de trois triades, la triade intelligible, la triade intellectuelle et la triade psychique. Nous voyons en effet que Proclus déclare explicitement que le paradigme est le troisième terme de la triade intelligible (1), et l’intelligance créatrice le troisième terme de la triade intellectuelle (2).

Quels sont pour chaque triade le premier et le second terme? Il n’est pas facile de les déterminer pour la triade intelligible. L’Un absolu fait-il déjà partie de cette première triade? Tantôt il est présenté comme étant déjà, par nécessité, yopryôs Tic yevt-

(1) Théol. selon Platon, 1. 5, c. 12.

(2) Îva névra SA ATROL Émntar, Td Ev rd rapdderyuua, TOY vontTüy , à ele vontd Onproupyds , 6 El povoyévns xdopuos. El & tauta dp0ax elpntat, td mépus écrit TOV VOEpOY, à Tv Élwv énpoupyès, Üpupévos pèv ëv Th vont, Suvéueux & ZMpns dv, xa0” Av Tapdyer tà hu, mévra GE Emorpépuv els Éaurdv, x. . À Comm. Tim., p. 95.

sus (1), tantôt on insiste sur son indépendance complète, sur sa solitude , sur l'absence de tout rapport entre lui et le Second (2). Dans l'école, les prédécesseurs de Proclus varient sur ce point. Amélius engage l’Unité dans la première triade (3), Jammblique la fait subsister à part, et n’arrive à constituer le premier Septénaire, qu’en ajoutant cette hypostase solitaire à la triade intelligible et à la triade intellectuelle (4). Mème incertitude sur le second terme. Est-ce la dyade? c’est-à-dire, le fini et l'infini, dans leur unité, éme, considérés alors comme le double principe dont toutes les idées sont engendrées (5)? Si tel est le rang que Proclus assigne à la dyade, il est difficile de n’y pas voir une interversion formelle de la doctrine de Platon, à laquelle il se prétend si fidèle. La dyade de Platon, c’est en effet le grand et le petit, c’est l’indéterminé en soi; non pas, comme

(1) Häca ré£ic and pLovébos dpyouévn Tpderaiv elç TAN os ti povaôt cUsToryov, xal mon Tébeuxs rù rAN0os ele piav dvéyerar movéda. H uèv yàp uoväc, doyñc Éxouca Adyov, dnoyevv& vd olxetov Éautn TANoS. Etory. BeoÀ. , prop. 21.

(2) Müvov St vd Ev dnMbc oÙdapob éartlv* oÙde Yap Èv tois pet” avTo ÉoTiv, dre éEnpnuévoy and révrwv, bmou ye oÙbE à vous, oÙdE À Yuyr° ai per td Èv dpyat, oûre Ev éautip, oÙte dmAobv dv xal mavrèc mAGouc &dextov, oÙte Èv tp pd adroù, Gite und Éotr xpeitrov tou évèç, Toro pa Tù dm AGÇ, oOUdapOU" Tévra & vù ŒXha, deutépux Eye td o0baoU* xat méx LÈv Égtiv oU0aLOU , ris OÈ oÙx Égeiv. Comm. Parm. , t. VI, p. 120.

(3) Voyez ci-dessus, 1. 3, c. 3,t. II, p. 67.

(4) Poyez ci-dessus, 1. 8, c. 5, t. II, p. 200. ,

(5) Mimore d, &ç elmopev, Tù moXÀà vou Évès À Étepa pèv Tà moAÂ& xal ŒXRa Tévrn Tévruc Ésriv, oùy’ Étepa ÔE vou évds. Qc yèp aûrd npoelpnxe rd &vepov étépou Étepov” xa el Aéyorro oÙv EX AG xa Étepa où vds, OÙ? oÙtux Àéyetar de à étepérnros dr’ Exelvou mormodueva Thv npdoëov- v yap dv Beutépa perè rè Ev à étepétnc, xat mon Tob ÉvdS xal Tov moAA&Y, Îva xal Taüta npotn xar adtiv. ANA Éctar uèv coûrots Doears mept Trù Ev, où rüou DE Übpeo veptnris éotiv Exyovos, SAN èv voig elônmimoic Giuxdopous Üpeats. Comm, Parm., t. VI. p. 187 sq.

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