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” (4) C. 39, sqq.
(5) Ad 008 oleta Geiv vois pabon 6 IlAdtwv éfiouois ouurepupépesfar Tèv pLAdsopov” oùre yap vois Beoïis elvar pÜhov, oùre vois ävôpumoux cuppépov, A perabdAkew pèv netpüofar els rd uervov, el dE uù, aûtèv npèç «Ta pi peta-
G&Aheofar. Iept dn., 1. 2, c. 61.
au dedans de lui. On a vu des Syriens, des Juifs, des Égyptiens braver la mort pour ne pas transgresser un précepte religieux; et un philosophe après avoir passé sa vie à prouver que la mort n’est pas un mal, hésiterait entre le péril et son devoir (1) ?
C’est par la pureté du cœur et le sacrifice de soimême qu'on honore les dieux : les offrandes du méchant sont vaines; on n’enchaîne pas les dieux par des bienfaits (2). Tant de pompeux sacrifices, établis pour entretenir et augmenter la piété, ne font au contraire que fomenter la superstition, et répandre cette pensée déplorable qu’on peut corrompre par des présents la justice des dieux (3).
- Porphyre était pythagoricien ; lui-même se glorifie de ce nom (A). Les Alexandrins avaient pris la doctrine de Platon dans ce qu’elle a de plus voisin du pythagorisme; et c’est ainsi qu'ils avaient coutume de dire que Platon était tout entier dans le Parménide et dans le Timée (5). Comme pythagoricien, Porphyre ne pouvait manquer d'admettre la métempsycose. Cette doctrine d’ailleurs convenait à merveille à toutes les traditions platoniciennes et aux croyances de lécole sur les rapports de l’âme et du corps. Le platonisme n’est rien sans la dialectique, ni la dialectique sans la réminiscence. La réminiscence a pour condition l'éternité des âmes, et
(1) Zb., ad calc.
(5) Procl,, comm. Tim., p. 5.
par conséquent elle suppose que notre âme est dans ce corps un hôte étranger, qu’elle doit l’user comme un vêtement, et débarrassée de cette enveloppe, retourner à une situation meilleure. Quelle est la condition des âmes avant cette vie? Quelle est la cause de leur chute? À quel état sont-elles rendues après la dissolution du corps ? Ce sont là peut-être, pour Platon, les sujets de brillantes rêveries, mais quel est le philosophe Alexandrin qui prendrait pour de la poésie les doctrines du Pfhédre, du Timée ‘et de la République? Ces évolutions éternelles que les âmes accomplissent , dans une sphère céleste, autour de l’essence et de celui qui est au-dessus de l’essence; ces chars qui les emportent; ces chutes d’une âme fatiguée , qui s’écarte de la route, perd ses divines ailes, et tombe sur la terre où elle prend un corps, ce sont pour Porphyre autant de dogmes sur lesquels reposent toutes nos espérances d’immortalité. En effet, tout ce qui a commencé ne doit-il pas périr? Et tout ce qui est multiple n’a-t-il pas une matière ? Et ne faut-il pas qu’une faute antérieure, une faiblesse, explique cette épreuve où nous sommes soumis, tant de variété dans les destinées, tant de souffrances à subir ? Les platoniciens qui répondent au mal physique par la doctrine de l’optimisme sont moins hardis pour le mal moral. Ils diront bien que la possibilité de pécher est la conséquence de la liberté et la condition de l'épreuve; mais l'épreuve elle-même n'est-elle pas une condamnation? N'y a-t-il pas, à tout prendre, plus de mal que de bien dans la
DOCTRINES DE PORPHYRE. 171 vie? Et puisque nous vivons, ne faut-il pas que nous ayons été condamnés à vivre? Nous avons donc vécu . ailleurs avant de vivre dans cette union avec le corps; nous avons joui d’une vie plus heureuse, et nous ayons mérité de la perdre. Ge dogme d’une existence antérieure, explique à la fois les misères de cette vie humaine, et la différence des conditions et des fortunes. La chute est plus ou moins grave; et le corps dans lequel on tombe est aussi plus ou moins misérable. Il y a des âmes qui revêtent des corps aériens; d’autres descendent jusqu’à la vie humaine; d’autres plus bas (1). C’est là ce que Plotin appelait la première naissance. Pour en admettre une seconde, c’est-à-dire la métempsycose, il n’y a plus qu'à suivre l’analogie. Si l'épreuve est heureuse, si l’âme en sort purifiée, elle retourne à Dieu par l'unification, ou prend place parmi les héros et les dieux intermédiaires. Elle peut aussi, après une vie coupable, perdre la lumière des cieux et entraînée par le poids de la matière, dont elle demeure revêtue, tomber vers ces lieux souterrains, séjour d’expiations et de supplices, déjà décrit dans la République, et que Porphyre appelle l'enfer (2). Lui-même ne parle de l'enfer qu’en hésitant ; il répète des traditions obscurément transmises ; il se demande si à défaut de son corps, réduit en pous-
(1) Qc yap dv Guetéôn, ebproxer coua, éfer xal voie olxelouc Gtwptemévov® Gtd xwafapérepov pèv Btaxeuévn cÜppurov td Eyybs roû düou cœux, Énep Eort tè œldéptov, x. tr. À. Âp. 32.
(2) Dore el à &ônc Ündyerds bot Troc sxoveuvèc , h Vuyh xalmep oùx dnosxuwpévn Toù dvros, Ev dou ylyverur, EpeAxopévn td eldwov, x. tr. À. 1.
sière, l’âme emporte avec elle, jusque dans ce de- gré d’abaissement, ce char auquel elle est jointe (1), cet dynua qui pour lui est matériel et humide, sans être précisément un corps (2), et qu'il appelle un souffle, comme la forme aérienne qu’il donne aux démons (3). Mais, au milieu de cette hésitation, le. dogme de la métempsycose n’est pas mis en doute. Les âmes arrachées violemment des corps restent à l’entour et désirent y rentrer (4). Celles qui ne sont pas dévouées au supplice de l'enfer, et qui pourtant doivent être punies, ou peut-être, comme dans le mythe de la République, celles qui ont accompii cette expiation souterraine, naissent une seconde fois, et la justice des dieux choisit leur nouvelle prison d’après la gravité et le caractère de leurs fautes. Porphyre a-t-il admis expressément la doctrine de la République et du Timée sur la métempsycose? Les pythagoriciens, Empédocle, les brahmes de l'Inde, et Platon lui-même, si Platon dans ses mythes doit être écouté, lui ouvraient la voie de cette philosophie étrange. A-t-il pensé seulement, avec d'anciens commentateurs du Timee, que les dieux donnaient à nos âmes un corps humain soumis aux inclinations des animaux dont nous avons imité les vices, sans toutefois nous ravaler entièrement à la
(1) Av. 32.
(2) Voyez dans saint Aug., Cité de Dieu, 1. 22, le commencement du chapitre 29, où il a attribué aux saints des corps spirituels. 7oyez aussi le chap. 21.
(3) Hept dr. , 1.2, c. 39.
(4) Nept à. , L 2, 47.
condition des bêtes (1)? Saint Augustin est très-explicite sur ce point : «Plotin, dit-il, a écrit que les âmes retournaient après la mort jusque dans les corps des bêtes. Platon et lui ont professé ce sentiment, et toutefois Porphyre l’a condamné avec raison. Il a bien cru avec Platon que les âmes retournent dans d'autres corps que ceux qu’elles ont quitté, mais non pas dans ceux des bêtes (2). » C’est aussi ce que semble dire Jamblique dans un passage assez obscur que Stobée nous a conservé (3), et l’on peut achever de se confirmer dans cette opinion favorable à Porphyre par quelques passages de son livre sur le Styx (h), quoiqu’il s'agisse moins dans cet ouvrage de ses propres croyances que de celles d'Homère. Mais quand même il n’aurait pas pris au pied de la lettre le dogme de la transmigration des âmes, un point reste au-dessus de toute contestation, c'est que suivant lui les bêtes ont des âmes, des âmes douées de sensation et de mémoire, et par conséquent analogues aux nôtres. Il a donc le droit de s’écrier en terminant cette dissertation : où est la justice d’ôter la vie aux animaux (5)? Celui qui n’est juste que pour sa femme et ses enfants, est-il juste? Et celui qui n’est juste
(A) H 8 doc6àc duy péver ènt tic lôlus oÙolas Üp’ Éautns xoAabouévn, xat vhivov coua Entouox else Aletv, avhpumivov Gt, &XÀo Yèp coma où yuwpet dv- Bpurrivnv duyhv, oùoè épus ëgtlv ele dAdyou Cou copua duynv avépurivnv XATUmeseiv Geo yàap véuos oÙtos, puAdogerv duyhv avépurivn And ThÇ TOLUUTNE 56peux. Herm., Stob.. Heer., p. 1005.
( 2) Saint August., Cité de Dieu, 1.10, c. 30.
(3) Étt volvuv Iloppüpros uèv dpomotoi thv duyhv tois rüaiv, pévousav xab° Sauoiv Atiç ëotl. Jambl., tept yuyxns. Stobée, Heer., p. 1057.
(4) Cf. Zb., p. 1005.
(5) Iept àr., 1. 2,c. 9.
47h DOCTRINES DE PORPHYRE,.
que pour ses semblables, est-il juste? La perfection serait d’épargner même les plantes (4) ; et nous les épargnons en eflet, puisque nous ne prenons que les fruits qui tombent, et que l’arbre même semble nous offrir. C’est ainsi que nous débarrassons la brebis du poids incommode de son lait et de sa toison, et que nous acquérons par ces bons offices un droit légitime à nous en servir.
Porphyre n’allait cependant pas jusqu’à croire que les plantes mêmes sont animées. « Il y a, dit-il, beaucoup de choses dans les plantes qui ne peuvent se concilier avec la raison (2). Elles n’ont pas même de perceptions ; elles sont donc incapables d’éprouver une douleur, d’où il suit qu’elles ne savent pas ce que c'est que le droit et la justice, et que l’on n'est tenu à aucun devoir envers elles (3).» En cela, Porphyre manque de hardiesse et de conséquence. La théorie des émanations continues va à l’analogie universelle (4), et la définition que Porphyre donne de l'âme, semblait l’obliger à placer une âme partout où il y a du mouvement et de la vie. Mais il avait aussi avancé que la raison accompagne toujours la sensation (5); obligé par ce principe de rendre les plantes raisonnables, s’il leur donnait une âme, il
(3) Toïç À (puroïs) où ati alobnrèv, obus SE oùdE SA AUTpLOV, oÙBÈ xaxdv, OÙBE PA4EN vie, OUR Aduxia. Kad yàp olxeuisews rdonç xat XAROTpWISEUX dpYÀ Td alofidvesfas. Ilept dn., 1. 3, c. 19.
(4) Atriov GE pnolv 6 ITopp., üte ëv xeivous vd BAov pépoc Éoriv, tévra Yp ÉoTiv ëv ÉxéoTw pepix@x , Üoa Ty By Tavrekwx. Procl., comm. Tim., p. 128.
(5) Ilept dx. , 1. 3, c. 1.
aima mieux se contredire d’une autre facon, en les faisant inanimées, quoique vivantes. Ce scrupule ne l’'arrêtait pas quand il s'agissait des animaux. Il déclare même qu’il y a assez de raison dans certaines espèces pour qu'elles aient des chances d'arriver à la perfection (1). Il cite Aristote, suivant lequel la raison des animaux diffère de la nôtre en degré, non en essence (2). S'il est vrai, ajoute-t-il, que comme le veut encore Aristote, la sûreté et la finesse dés sens marque la supériorité des espèces, les hommes n’ont pas le droit d'être dédaigneux pour les animaux (3). Il énumère diverses preuves de leur intelligence, de leur sociabilité, de leur perfectibiité, de leurs vertus (4). Ces lieux communs qu'on discutait encore il y a un demi-siècle, ne sont traités nulle part d’une façon plus spirituelle. Dans cette question, rien n’arrête Porphyre. Il ne recule pas devant les exagérations les plus bizarres. À l’exemple d’Apollonius de Tyane et de son historien Philostrate, il n’hésite pas à accorder aux animaux l’usage de la parole. Ils ne parlent pas grec, dit-il (5). On voudrait que ce fût une raillerie. Mais il faut, dans l’histoire, se résigner aux chutes des esprits les plus pénétrants: Porphyre a écrit la lettre à Anébon; et cependant il croit non-seulement que les animaux ont une langue et que certains hommes ont eu le privilége de la
comprendre, mais il ajoute des détails ridicules, puériles, plus grossiers que toutes les superstitions dont il se raille. N’a-t-il pas ailleurs encore rapporté sérieusement qu’en mangeant le foie de certains animaux, on acquiert l'esprit prophétique (1)? Cette aveugle crédulité à de prétendus secrets de la nature, se propageait, même dans les écoles, à une époque où les religions populaires étaient décriées. Les philosophes raillaient la superstition des prêtres, et les prêtres acusaient les philosophes de magie (2). La magie et les sciences occultes étaient une autre sorte de superstition qui remplaçait le paganisme, et Porphyre, si dédaigneux pour la mythologie et les religions positives, après avoir rapporté les ridicules merveilles d’Apollonius de Tyane et des gymnosophistes, se plaignait avec amertume de l’incrédulité publique, &@ ro Ebuquroy fuiy r&foc rc émoriue (3). Signalons, en quittant le repi éroyñc, un argument qui touche à des doctrines plus hautes. Porphyre se raille de Chrysippe qui dit que les dieux nous ont faits pour eux et les animaux pour nous; et de Carnéade, qui soutient que le bonheur de chaque être est d'accomplir sa destinée, et que les pourceaux ayant été faits spécialement pour être mangés, être mangés est pour eux le suprême bonheur. Et pourquoi ne dirions-nous pas sur le même fondement que nous avons été faits pour les croco- (1) L. 2, c. 48.
(2) Qu'on se rappelle l’accusation portée contre Apulée, et le discours qu'il
prononça pour Sa défense.
(3) Hept àr., 1. 3, c. 3.
diles (4)? Ce n’est pas que Porphyre ait banni les causes finales de sa philosophie. Il n’est pas un Alexandrin qui n’en ait fait au contraire le point capital de sa métaphysique et de sa morale; et c'était une maxime célèbre dans l’école qu’il n’y a point de place dans le monde pour l’inutile, oùx ésriv ëv © mravte yopa To uérny. Mais il y a une grande différence entre la philosophie qui partant de la perfection de Dieu, déclare que tout a été fait pour un but et pour le même but, et celle qui se sert au contraire de ce principe pour arriver à connaître les lois de la nature et les desseins dela Providence; car la premièré gouverne les faits par une idée, et la seconde cherche à reconstruire une idée à l’aide des faits et à conclure le nécessaire du possible.
Si le traité de l’A{bstinence, nous montre deux hommes dans Porphyre, le philosophe éclairé et sans préjugés , le pythagoricien confiant et crédule, la contradiction paraît bien plus grande encore quand on compare sa lettre à Anébon à la plupart de ses autres ouvrages. Que Porphyre, dans cette lettre, tourne en ridicule la divination par les songes ou par l'inspection des entrailles (2), superstitions qu’il a déjà flétries dans le xepi émoyñç (8) ; qu’il réfute, après Plotin (4), l'astrologie, et démontre par les mathématiques qu’il est impossible de déterminer exactement l’oixodeoromnc, Ce n’est là qu’une partie de sa
(2) Éd. Gale, p. III.
(3) Hept ax., 1. 2, c. 61.
(4) Enn. 2, 1 3.