LIVRE TROISIE>I
1798-179Q — iw-f ne l'ëcole.
La Commission du Conseil des Cinq-Cents, chargée d'examiner les propositions du Directoire relatives 1 l'Ecole Polytechnique, n'avait pas borné là son travail. Rassemblant les dispositions de toute espèce qui formaient la législation de l'Etablissement, modifiant les unes, supprimant les autres, ajoutant celles dont le besoin ou l'utilité se faisait sentir, elle avait rédigé une organisation complète, dans laquelle se trouvaient même spécifiées les parties principales de l'instruction, que les lois antérieures avaient laissées dans les attributions du gouvernement. Le projet, présenté a la tribune, par Prieur, le 4 décembre 1797 , fut livré à la discussion le i3 janvier suivant. Il y avait alors huit mois que le Directoire avait en- I voyé son message.
Le rapport de Prieur s'ouvre par un magnifique J éloge de l'Ecole, à la suite duquel on lit que cette I institution a trouvé des contradicteurs n qui ont cen- J « sure ( parfois avec beaucoup d'amertume ) 00 l'en « semble ou quelque partie de son régime. » Prie répond d'abord a ceux qui reprochaient à l'eas liiiut « d'être trop compliqué , d'excéder les facuW « physiques et intellectuelles des jeunes gens, *
de l'école polytechnique. [1798] l3$
« d'être étranger , en plusieurs points , à leur desti- « nation. » Il croit suffisant, à l'égard des deux premières allégations , d'assurer qu'elles sont démenties par les faits. Quant à la troisième, après avoir établi l'utilité des diverses parties de l'enseignement pour des élèves auxquels « doit être un jour confiée la a direction des constructions les plus importantes, « soit civiles, soit militaires, soit maritimes ou na- « valés, » il demande « si la variété des exemples « et de l'application des mêmes principes fut jamais « regardée comme tine mauvaise instruction. » Il fait remarquer « que cette variété , loin de fatiguer « les élèves , les soulage v que les études entremêlée^ « de diverses sortes se servent mutuellement de dé- « tassement; que, d'ailleurs, le travail de la main « repose la tête; et que les élèves, par leur grand « nombre , par leur communication entre eux , par t la nature même de leurs occupations , sont livrés, « dans la plus grande partie du temps , à une activité « qui s'accorde bien mieux avec leur âge, et leur « est bien plus profitable , que l'étude des livrés trop t prolongée, ou la méditation silencieuse du cat binet. » Passant ensuite k h dépense « dont on avait fait grand bruit, » voici comment Prieur la justifie : • Si l'enseignement <jui se donne à l'Ecole est re- « connu convenable, si l'on est forcé d'avouer que « les élèves ont uqp sorte d'apprentissage à faite , « dont Je moyen indispensable consiste dans les opé- « rations qu'ils exécutent 'eux-mêmes, on ne serai « pas surpris que cette jpéthode soit plus dispMfr» « dieuse que la seule instruction orale donnée par « des professeurs , comme cela se pratiqué ordinai-
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.1 rement ailleurs. La dépense ne doit donc être com- « parée qu'avec l'avantage qui en résulte; or, cet « avantage est immense et incontestable- » Ici se présentait naturellement la question du traitement accordé aux élèves. Prieur affirme qu'ils ne peuvent s'en passer ; « mais, continue-t-it, cette néces- « site n'existât-elle que pour le tiers d'entre eux, n vous ne voudriez pas leur retirer celte favegr, ce * qui les forcerait en même temps à renoncer au « bienfait de l'instruction. » On voit enfin que, dans le temps où l'on reprochait à l'Ecole de coûter des sommes énormes, « beaucoup d'objets essentiels i « cette institution étaient en souffrance, par l'insuffi- « sance des fonds ou le retard des paiemens. » Les seutimens politiques des élèves avaient excité trop de plaintes, pour que l'on pût se dispenser de toucher ce point dans le rapport. Prieur impute à l'influence de la Réaction (ainsi désignait-on le parti vaincu au Dix-huit fructidor ) « d'avoir rendu inutiles « les mesures que la loi avait prises pour empêcher « d'admettre à l'Ecole le jeune homme dont le cœor u serait étranger a l'amour de la patrie , ou déjà gau- « grené de sentîmens anti-républicains. » Puis il ajoute ces mots remarquables, qui furent vivement relevés dans la discussion : « Mais quand de I « élèves y sont reçus, il ne reste presque plus, d o moyens de les réprimer; quelques uns ont étéei- « puisés , et ces exemples de sévérité n'ont pas sulli. f Il annonce ensuite que la loi contient des disposition* propres à prévenir ce scandale. Le reste du rappo est employé à indiquer les points sur lesquels portent les changemens proposés, et dont la plupart, ttt'
il dit , ont" été demandés par les fonctionnaires de l'Ecole. Pour éviter de fastidieuses redites, nous nous bornons à présenter ici les dispositions nouvelles que le projet de loi devait introduire dans l'organisation existante (i).
Parmi les services publics pour lesquels l'Ecole doit fonder des élèves , se trouve ici, pour la première fois, l'Aérostation. On voulait faire de cet art nouveau une annexe du service des Ingénieurs-géographes ; il n'y avait, pour l'un et pour' l'autre , qu'une seule école d'application établie à Meudon. Un arrêté du Directoire, du 3 mars 1797 (i3 ventôse an v), avait appelé douze élèves à l'Ecole Aérostatique.
Le nombre des élèves , réduit à trois cents jfar l'organisation économique de l'année précédente, est fixé ici à deux cent cinquante. Le Directoire avait demandé qu'il le fut à deux cents; mais la Commission pensa que « l'on augmenterait considérablement l'uti- « lité de l'Ecole , en y conservant cinquante places « £our ceux des élèves qui seraient dans le cas de « continuer leurs études une troisième année. » On ▼erra plus bas comment ces cinquante places devaient être remplies.
L'examen pour l'admission à l'Ecole est confié à trois examinateurs , dont deux sont les examinateurs des écoles de Navigation et d'Hydrographie. Le troisième doit être choisi entre les géomètres les plus célèbres , et nommé par le Directoire ; il est chargé
(1) On peut voir, an besoin, pages 3o à 3a, la loi du 7 Yendemiaiie an ni; pages 41 a 65» l'organisation du G frimaire an mj page* 81 et 8a , la loi du i5 fructidor an m ; pages 83 à 86 , la loi du 3o ▼ende'sniaiie an it ; et pages go à gf » l'organisation do 3o ventôse an 1?.
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d'examiner dans les villes de Reims, Mézières, Metz, Strasbourg et Paris. Les autres villes d'examen (voy. page 3o), auxquelles le projet ajoute Bruxelles , sont partagées entre les deux examinateurs hydrographes.
Les certificats de bonne conduite et d'attachement aux principes républicains doivent être délivrés, non plus par la municipalité du lieu du domicile, mais par le Commissaire du Directoire près le département. Ils doivent constater que le candidat a fréquenté une des éçqles nationales d'instruction publique. Le Directoire peut accorder aux candidats des dispenses (lige, pour des raisons d'intérêt public. Le Jury pour la formation de la liste des candidats, p*r ordre de mérite, est compost des trois examinateurs d'admission et des deux examinateurs de sortie.
Les cours supprimés par le Directoire , sur la demande du Gomité des fortifications, sont rétablis dans le projet de loi, par un article ainsi conçu : « Il sera « fait des cours élémentaires sur l'architecture cit vile , considérée par rapport aux travaux publics « ou privés, sur les fortifications, sur les travaux (( des mines, sur ceux des arsenaux, et en général t sqr les moyens d'art employés dans les construc- « tions de tous les genres. »
Le cours complet des études est réduit à deux années $ leur répartition doit être déterminée dans un programme particulier , qu'un Jury ({Instruction , dont il est parlé plus bas , est chargé de rédiger.
Le projet de loi contient des dispositions relatives à la police des élèves. Un article prononce l'exclusion de l'Ecole contre ceux qui seraient trouvés dans un
Jieu public quelconque sans être revêtus de leur uniforme. Des peines de discipline sont enfin établies ; « elles sont de trois sortes : i° des réprimandes faites « à lTéfève, et communiquées, suidfelescas, soit k à se* parens , soit au ministre de HKérieur $ a° les « arrêts, plus ou moins rigides, dans une chambre « de l'Ecole , préparée & cet effet ; 3° l'expulsion de « flEcole. »
Les cinquante places que la Commission propose de conserver pour les élèves qui seraient dans le cas de continuer leurs études une troisième année, doivent former une division particulière , composée , « i° des élèves arriérés dans leurs études, pour « cause de maladie ou autres raisons légitimes ; a° de « ceux qui , ayant fait le travail des dçux années d'ins- « traction , se voueraient particulièrement à la culture « d'une science de leur choix, et pourraient, sous « ce rapport , rendre des services à l'Ecole , en se « perfectionnant eux-mêmes; 3* des élèves reconnus « suffisamment instruits à l'examen , et qui n'auraient « pu être reçus dans un service public, faute de « places vacantes; 4° enfin , des élèves, qui, sans ce avoir l'intention de s'attacher à un service public, « voudraient augmenter leur instruction dans les a sciences ou les arts, et obtiendraient à cet effet lace permission de passer une troisième année à l'Ecole, » Cet avantage fle devait "être accordé « qu'à la supéa riorité de mérite constatée par un examen de « concours entre les élèves prétendans. » Les élèves de cette troisième division , à l'exception de ceux qoi seraient arriérés dans leurs études, « pouvaient être « mis en fonction dans l'Ecole, pour faciliter Fins-
« truction et aider à diriger le travail de leurs cama- « rades moins avancés. »
À la suite deguelques dispositions sur les congés qui peuvent ^Hbccordés aux élèves, il y en a une qui porte que Trsi un élève abandonnait l'Ecole saq§ « ayoir obtenu la permission de s'en retirer , il serait « inbabile pendant cinq ans à remplir aucune espèce « de fonctions publiques. » •
Les élèves qui , à la fin de la seconde année d'études , n'auraient pas été jugés dignes d'être admis dans les services publics ou de passer une troisième année à l'Ecole, « ou les moins capables d'entre eux, « lorsque toutes les places seraient remplies, de- « vaient se retirer. Mais il leur était réservé la fait culte de se présenter de nouveau Tannée suivante, « lors des examens, à l'effet de concourir avec les « élèves en activité à l'Ecole , pour les places qui se- « raient alors à donner. »
Voici, sur l'examen des élèves , quelques dispositions qui étaient nouvelles : Aucun élève ne peut se présenter aux examens pour l'admission dans les services publics, s'il n'a terminé la totalité du travail matériel obligé pour les deux premières années d'études. Ce travail comprenait, i°les dessins relatifs à la géométrie descriptive, et à celles de ses applications qui auraient été enseignées à l'Ecole; ?<> quatre dessins de figure, ornement, ou autre objet d'imitation libre, exécutés par l'élève à environ six mois de date l'un de l'autre, pendant les deux années de son séjour & l'Ecole ; 3° quatre procès-verbaux , rédigés par l'élève, d'opérations chimiques exécutées par lui à trois mois de date l'une de l'autre, et portant le visa
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de l'instituteur de chimie. Les élèves tirent au sort leur examinateur et leur rang d'examen ; les examens doivent être faits publiquement. La liste, par ordre de mérite, est arrêtée par un Jury d'examen, composé des deux examinateurs, du Directeur de l'Ecole et de deux commissaires nommés parle Jury d'Instruction. Le choix des places à remplir dans chaque service est donné aux élèves, suivant leur rang dans cette liste-, mais ils doivent avoir les qualités physiques exigées par le service qu'ils demandent. L'admission des élèves dans les divers services, doit être proclamée, dans une séance publique , à laquelle il est dit que Ton donnera une grandQsolennité.
L'article relatif au Conseil de l'Ecole porte seulement que « le directeur, les instituteurs et .autres « principaux agens se réunirtfht en conseil toutes les « fois qu'il sera nécessaire, pour se conserter sur les « objets laissés à leur disposition dans le régime inté- « rieur de l'Ecole.
Ici apparaît pour la première fois, sous le nom de Jury d'Instruction , une institution importante, dont le germe était contenu dans l'avis du Comité des Fortifications (voyez page 112), et qui, plusieurs fois modifiée dans sa composition et dans ses attributions, a été reproduit, sous le nom de Conseil de Perfectionnement , dans chaque loi ultérieure sur l'organisation de l'Ecole. Le Jury et Instruction devait être composé des treize membres suivans : « le « directeur de l'Ecole, un instituteur de raathémaa tiques analytiques , un instituteur de géométrie des- « criptive, et un instituteur de physique ou chimie ; « tous les trois pris dans l'Ecole; les deux examina-
1 4o HISTOIRE
« teurs des élèves, un officier d'Artillerie, un officier « du Génie, un ingénieur des Ponts et Chaussées, n et un ingénie ur-conslructe n r de vaisseaux , nom- « mes par le Directoire ; à défaut d'ingénieur- coi
tracteur, le directeur de l'Ecole des ingénieurs vaisseaux (cette école était alors à Paris); un menu
lire
■< Géographes, lesquels devaient alterner d'année en « année; enfin, deux commissaires nommés par l'Ins- « tîtut national, et pris dans la classe des sciences « mathématiques et physiques. » Ce Jury doit s'assembler chaque année , dans les mois de novembre décembre (brumaire ou frimaireW>our prendre connaissance de l'instruction qui aurait été effectivement, donnée à l'Ecole pendant l'année précédente, et du fruit que les élèves auwient réellement tiré de celle instruction , ainsi que pour déterminer ce qu'il serait utile de changer au système des études ou au régime de l'Etablissement, pour lui faire atteindre le but de son institution. LeJitiy d'Instruction termine chaque année ses opérations^ par un rapport au Directoire sur la situation de l'Ecole, et sur les moyens de l'améliorer.
Le mode de nomination aux places vacantes éprouvait quelques changemens. Pour celle de directeur, la présentation n'était plus faite au Directoire par le Conseil de l'Ecole, niais par le Jury d'Instruction- Pour celle d'instituteur, la présentation par le Conseil n'était plus faite au ministre de l'intérieur, nuiau Jury d'Instruction, auquel la nominal ion appartenait. Les administrateurs et. autres ageru principaux étaient toujours nommés par le ministre, sur la dés- i-
DK L ÉCOLE PMtoTfiGHNIQUE. [1798] l4l
gnation du C onseil. Les employés inférieurs étaient nommés par le Conseil , sur la présentation du Directeur. Ces divers agens peuvent être destitués par les autorités auxquelles sont déférées les nominations.
Le traitement des élèves est réglé sur le pied d'un franc par jour, pour chaque élève*, mais la somme allouée pour cet objet se répartit entre les élèves en raison de leurs besoins , et d'après un état approuvé par le ministre de l'intérieur. Cette disposition s'exécutait déjà depuis quelque temps, toutefois avec cette restriction, que Ton avait fixé à la portion de chaque élève dans cette masse un maximum et un minimum dont le projet de loi ne garle point.
La somme annuelle accordée pour les dépenses de l'Ecole demeurait fixée à trois cent mille francs.
Ce plan d'organisation , si peu conforme aux vues manifestées par le Directoire , daos son message , n'éprouva qu'une faible opposition au Conseil des Cinq- Cents. Trois membres seulement le combattirent dans son ensemble. Le premier, attaquant l'institution ellemême , se récrie d'abord sur les dépenses qu'elle occasionait à l'Etat, et qu'il eut mieux aimé voir, comme autrefois, à la charge des familles. « 11 lui paît rah surtout révoltant que des énormes dépenses « profitent presque exclusivement h des familles opu- « lentes, ou au moins dans l'aisance, à des ex-nobles, « à des parens d'émigrés, » 11 s'effraie ensuite des dangers du séjour de Paris pour les mœurs, la santé et les opinions de ces jeunes gens de dix-huit à vingt ans livrés à eux-mêmes dans la capitale. Le privilège est suissr l'objet de ses censures. « Ce privilège vraiment « scanddeax , » dit-il, « enlève à l'État une foule de
UJï HISTOJM
« bons sujets i beaucoup de familles, ne voulant « pas livrer leurs enfans au milieu de la dissolution, « les retiennent près d'elles, au préjudice de la na- « tion. Pourquoi, d'ailleurs, vouloir priver un bon « père du droit et du plaisir d'enseigner son ûls? » Le civisme des élèves lui semble d'ailleurs très-peu rassurant; il rappelle, à cet égard , le i3 vendémiaire et les approches du itr fructidor, tout eu adoucissant l'amertume de ces souvenirs par celui du dou patriotique que ces mauvais républicains venaient d'offrir. Il reproche aux professeurs d'être des hommes trop supérieurs, d'où il résulte, selon lui, qu'ils sont beaucoup trop au-dessus de leur auditoire, et qu'ils se perdent dans des régions où l'élève ne peut les atteindre. II se plaint de la recherche scientifique qu'il remarque dans l'enseignement de l'Ecole, n Pour- « quoi, » demande-t-il à ce sujet, « employer l'al- « phabet grec de préférence au nôtre? celle sorte de « néologie n'est propre qu'à embarrasser, qu'à ar- « rèter les élèves, a L'orateur blâme encore « cette i. folie de tout enseigner et d'exiger qu'on sache n tout à la fois ; » il s'élève surtout coutre les objets totalement inutiles, tels « que le calcul différentiel et » le calcul iutégraf. » 11 ne trouve pas moins ridicule « d'enseigner à tous , ce qui n'est utile qu'à quelques » uns, la chimie à des géographes, la stéréotomie t n des artilleurs, la minéralogie à des ingénieurs dt « vaisseaux, à des aérostiers. » Enfin, après une critique détaillée de la plupart des dispositions dt la loi proposée, il demande que l'Ecole Polytechnique soit transformée en une Ecole de Bienfaisance nationale, et que les élèves soient casernes.
Le second adversaire du projet d'organisation ne s occupe guère que des opinions aristocratiques reprochées aux élèves et de remplacement de l'Ecole. 11 s'indigne, en commençant, contre cette phrase du rapport : « Quand une fois de tels élèves (anti-républicains) sont reçus, il ne reste presque plus de moyens de les réprimer.» «Quoi, s'écrie-t-il, vous aurez « déporté des législateurs, des directeurs, etc., etc., « parce que leurs sentimens menaçaient la sûreté de « la république, et il vous serait impossible de purger a un établissement public de quelques écoliers qui, « nourris, instruits aux dépens de la république , af- « fectent un attachement ridicule à l'ancien régime! » L'orateur énumère ensuite les fonctions qui doivent un jour être confiées aux élèves, et il peint de fortes couleurs le danger de remettre ce qu'il nomme les premiers emplois de la république aux mains de jeunes gens qui n'auraient pas puisé dans le sein de leur famille ces principes républicains qui seuls peuvent utiliser les talens. « Oui, dit-il plus bas, c'est « le républicanisme qui fait la base de toutes les ver- « tus; sans lui , tous les titres, tous les talens ne sont « pour moi qu'une faible gaze qui ne saurait me dé- « rober le poignard qu'on veut plonger, par force « ou par adresse , dans le sein de la patrie. » Du républicanisme des élèves, il passe à l'emplacement de l'Ecole, et trouve inconvenant et incommode qu'elle soit si proche du Conseil des Cinq-Cents. Elle serait bien mieux auprès du Jardin des Plantes, « parce « qu'on pourrait réunir les professeurs à ceux du « jardin, ce qui ferait cesser des doubles emplois ré- « voltans. On voit, ajoute-t-il, le même homme pro-
« fesser dans quatre ou cinq endroits diflférens toum jours la même matière, et pour vingt ou trente « leçons données dans les quatre ou cinq endroits, « avoir dix-huit à vingt mille francs de traitement. « Songez, citoyens législateurs , que le superflu qu'on « donne au savant est pris sur le nécessaire du cul- « tivateur. » Il conclut en demandant que le projet soit renvoyé à la Commission , pour qu'elle détermine i# le mode d'épuration que subiront les élèves qui sont actuellement & l'Ecole Polytechnique, i° les qualités civiques qu'on exigera à 1 avenir pour y entrer; 3* le local qu'elle occupera définitiviment. 11 indique la Sorbonne.
Le troisième orateur contraire au projet de loi reproche d'abord à la Commission de s'être écartée du but qui lui était indiqué dans le message du Directoire , qu'elle était seulement chargée d'examiner. 11 ne voit rien, dans ce message , qui consacre ridée d'un privilège accordé aux élèves de l'Ecole Polytechnique, k l'exAusion de tous les autres citoyens-, or ce privilège existera , si le gouvernement ne peut prendre de sujets pour le service public, que parmi les élèves de l'Ecole. Ce discours est terminé, comme le précédent, par la demande du renvoi do projet à la Commission.
Prieur soutint avec fermeté, et soutint seul, le choc de ces vives attaques (i). Avant lui, un autre membre de l'assemblée, qui était, dit-on, ingénieur de la marine, avait pris la défense de l'Ecole, mais il ne l'avait envisagée que sous les rapports de son
(i) Les autres membres de la Commission législatire, dont Prieur fui l'organe, e'caienl Villars el Grégoire, tous deux de rlnstitut.
DE L ÉCOLE POLYTECHNIQUE. [1798] f 45
utilité et de son système d'enseignement, et s'était abstenu de traiter les questions délicates du républicanisme et du privilège. Sur la première, Prieur renvoie aux précautions établies par le projet de loi, et il aborde ainsi la seconde : <* Ce n'est pas des savans « dans telle ou telle partie que Pon forme à l'Ecole Po- « ly technique, ce sont des ingénieurs, des artilleurs , « des constructeurs, destinés un jour à avoir l'exé- « cution des plus grands travaux publics. Il faut qu'ils « entrent très-instruits à l'Ecole Polytechnique , et « qu'il en sortent pour exercer l'état qu'ils ont em- » « brassé , pour aller se rendre utile là où le gouver- « nement les appellera. Est-ce donc un privilège que « celui qui est assuré, non à telle distinction, mais à « tel degré de talent ? Or ce degré ne sera atteint « que là où sont les professeurs du mérite le plus a éminent, les élémens d'instruction les plusdiffi- « ciles à rassembler. Ils sont réunis à l'Eooie Poly- « technique. Désorganiser cette Ecole, c'est l'expô* « ser à ne voir nul jeune hommç s'élever volontaire- « ment et de lui-même au degré de talent néces- « saire pour être utile au gouvernement. Pour cela, « en effet, il faut que le gouvernement seconde l'é- « lève et compte sur lui; que ce dernier, de sou k côté , soit déterminé à embrasser la profession pour « laquelle il aura étudié , et à ne l'embrasser que « pour le gouvernement. Construit-on des fortiâca-' « tions, des ponts, des bàtimens de guerre- ou des a digues pour des particuliers ? Non , sans doute : le « gouvernement a donc besoin d'entretenir un* « école où il puisse trpuver les talens nécessaires au h service public. »
■ 46 HISTOIHF.
Le projet subit dans la discussion quelques changement dont nous n'indiquerons que les plus importa ns.
On en retrancha la faculté qu'il accordait au Directoire , de donner aux candidats des dispenses d'âge ; mais les limites d'âge furent reculées de seize à quinze ans, et de vingt à vingt-deux.
On rejeta la condition imposée aux candidats d'à von fréquenté une des écoles nationales d'instruction publique ; et l'on y substitua celle de répondre à une interrogation préalable sur les droits et les devoirs du citoyen, et sur la constitution de h République française. Celte interrogation devait être faite par un citoyen du lieu « recommandable par ses lumière* « et ses vertus civiques, » et désigné à cet effet par le commissaire du Directoire près l'administration départementale ou municipale.
On ajouta une disposition portant que l'administration municipale déléguerait un de ses membres pour assister aux examens, et que cet administrateur, l'interrogateur précédemment désigné, et l'exMnR* teur en tournée', composeraient un Jury qui, pour cause d'ignorance absolue, ou manifestation de sert* timens anticiviques, prononcerait, s'il y avait lieu. l'exclusion du candidat. Cette décision ne pouvait être prise qu'a l'unanimité.
On n'adopta pas l'article qui déclarait inhabile. pendant cinq ans, à remplir aucune espèce de fonctions publiques , l'élève qui aurait abandonné l'Ecole sans permission. On remplaça cette peine par cew d'une détention correctionnelle de trois mois dans '* commune de son domicile.
de l'école polytechnique. [1798] 1^7
On substitua partout, à la dénomination de Directeur , celle de Chef de l'Ecole.
Enfin , on ajouta un dernieï article qui prescrivait au Directoire dç Câpre connaître au Corps Législatif les régleroens qui seraient établis pour toutes les parties du régime de l'Ecole, et f chaque année , le rapport qui lui aurait été fait par le Jury d'instruction sur la situation de l'établissement.
Le projet, ainsi modifié, fut adopté le 18 janvier (219 nivôse an vi) par le Conseil des Cinq-Cent* , et envoyé au Conseil des Anciens , qui ne le mit en délibération que plus de trois mois après. La discussion , dans ee Conseil , fut calme eL bienveillante. Point de sortie contre l'incivisme des élèves , dont le rapporteur dit seulement deux motisf point de critique de l'institution eri elle-même ; point de réclamations contre les dépenses qu'elle occasiônait. Chaque orateur se plut à répéter les éloges que to rapporteur avait prodigués à l'Ecole , à ses succès , à son ptâii d'études; mais tous, et ceux qui demandaient qée le projet fût admis et ceux qui en conseillaient le rejet, s'accordèrent à blâmer le privilège exclusif. Cette question qui n'ataitété qu'effleurée, à l'autre Conseil, fut la seule que le second rapporteur discuta. Il dit même formellement que tontes « les autres disposi- « tions étaient marquées au coin de la sagesse et dn « talents* Mais la majorité de la Oôromisrion refusait d'admettre le privilège, et proposait, par ce éeul motif, de ne pas adopter la pésolution. « Votre Cornée mission, dit le rapporteur, a pensé que cette dis- «c position générale éttit contraire ao* saines iffiftiinés « de l'égalité, et propre à éteindre tout germe d'ému-
« lation dans les Ecoles centrales. » L'égalité lui paraît blessée en ce que « tout ce qu'il y a de ci- « toyens qui aspirent à un certain genre de service, « sont contraints de se rendre à grands frais à Paris, « et d'y soutenir un séjour dispendieux de deux « années : » d'où il résultera que ce genre de service « deviendra, par la seule force des choses , l'apanage * exclusif des habitans de Paris et des département n voisins, ou des gens à grande fortune ; ■ et alors « un nouvel Eoler sera-t-il exclu de l'école du Génie, « parce que sa fortune lui aura interdit un voyage « et un long séjour à Paris? » Les considérations relatives aux Ecoles centrales sont ensuite développées avec non moins d'étendue. Après avoir déploré la lenteur des progrès de ces nouveaux établissement, et tiré de ce fait un motif pressant d'écarter ce qui pourrait leur nuire , le rapporteur s'attache à démontrer qu'en maintenant le privilège attribué à l'Ecole Polytechnique, a on renfermerait dans des limites « étroites l'essor des professeurs de sciences exacte* h dans les Ecoles centrales, » par la raison que « leur » enseignement se trouvant borné à apprendre à « leurs élèves les élémens exigés pour l'admission « à l'Ecole Polytechnique, là se borneront aussi les « études de la plupart des professeurs, n II ajoute que « telle Ecole centrale qui aurait vanté, avec un « juste orgueil , le nombre d'élètes qu'elle aurai! « formés pour les divers services, ne parlera ps de » ceux qu'elle aura fournis à une école interné- >• diaire. » Il termine ainsi : « Approchez, bon jeune « homme; quoique vous sortiez pour la première » lois de votre département, quoique vous ne pof*
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a tiez pas d'uniforme , approchez sans crainte. L'hori- « néte pauvreté de vos parens ne leur a pas permis « de vons envoyer à Parts ; ils devaient à l'éducation « de leurs autres enfans le partage de leurs faibles « moyens ; et peut-être , dans leur vertueuse simpli- « cité , peut-être ont-ils craint de corrompre , en un « séjour vicieux , la candeur native de votre jeune « âge, et d'altérer cette fleur de santé et d'innocence « qui colore vos joues UT. Approchez avec confiance; « la République ne demande de vous, pour vous « employer , que du civisme et du savoir. Repondez, « et vous serez jugé à la même mesure que tous les « autres. »
Non-seulement, parmi les défenseurs du nouveau plan d'organisation , aucun n'essaya, dans cette discussion, de jostifier le maintien du privilège, mais quelques uns exprimèrent formellement l'opinion que ce privilège nuirait aux études des élèves, parce que ceux-ci ne seraient point stimulés par la concurrence. D'autres se bornèrent à représenter qu'il n'en était pas question dans le projet , auquel on ne pouvait conséquemment reprocher que son silence sur cette disposition de la loi du a» octobre 1 795 ( 3o vendémiaire an iv ). Un des adversaires du projet ; apercevant même une sorte de privilège dans les limites d'âge établies pour les candidats, lui reprocha « d'exclure de toutes les places un jeune homme « qui manifesterait de grands talens, et cela seule- « ment parce qu'il serait Agé de vingt-deux ans. » Le rapporteur applaudit à cette observation, et y ajouta un grand intérêt , en l'appliquant aux militaires que la première réquisition avait appelés aux armées ,
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et dont les plus jeunes avaient alors vingt-trois ans. Il dit même que plusieurs avaient fait des réclamations à ce sujet. La résolution fut rejetée par le Conseil des Ancien;..
Nous répétons qu'il ne se manifesta d'ailleurs, dans ce Conseil , que des dispositions favorables à l'Ecole. L'un des membres opposés au projet, représenta que le traitement des élèves était trop modique et en proposa l'augmentation. Un autre membre (i), qui avait voté pour l'adoption, malgré les inconvénient qu'il reconnaissait aussi dans le privilège, se plaignit de ce que le nombre des élèves était au-dessous des besoins des services publics, et présenta, sur ce sujet, des calculs dont nous rapporterons seulement les bases , laissant de côté les chiffres qui sont changes aujourd'hui. « 11 faut , dit-il , que les Ecoles d'appli- « cation fournissent annuellement aux différens série vices un nombre de sujets égal au vingtième do « nombre total de leurs membres; caria consommation « annuelle de ces corps est d'environ un vingtième. « Pour que ces Ecoles d'application rendent un « vingtième des services publics, il faut qu'elles re- « çoivent de l'Ecole Polytechnique un nombre égal « au dix-neuvième environ de la force de ces serti vices; car elles doivent consommer un individu « sur dix-neuf. Pour que l'Ecole Polytechnique « donne aux Ecoles d'application un dix-neuvième v. des services publics , il faut qu'elle reçoive annuel- « lement au moins un dix-huitième de ces services.» Une note, jointe au discours d'où ce passage est ei-
(I) Le K<M..i.I LUUtt qui fat dcpaii gourcrocu. .le l'I t*chniq«« pendant dix mi.
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trait, fait connaître qu'à cette époque, « douze élèves « occupaierit'des chaires dans les Ecoles centrales , et «#que plus du double professaient les hautes sciences « dans les grandes maisons d'éducation de la capitale « et des départemens. »
On regardera peut-être au moins comme superflus les détails dans lesquels nous venons d'entrer sur un plan d'organisation qui n'a pas été adopté. Mais de tels détails entrent essentiellement dans le dessein de cette histoire, qui a pour objet principal de faire connaître, non-seulement les lois et les faite qui se rapportent à l'Ecole Polytechnique, mais toutes les idées que cette institution a fait naître, toutes les vues auxquelles elle a donné lieu , toutes les contradictions qu'elle a suscitées : voilà ce qui nous a déterminé à rapporter, en les réduisant à leurs points importons , les discussions des deux Conseils législatifs sur cette organisation adoptée par Tune de ces assemblées et rejetée par l'autre. ■■'. ;^
Ce rejet avait déçu l'espérance que l'Ecole nourrissait depuis quelques mois, d'être bientôt délivrée des fatigantes vacillations d'un provisoire , qui avait déjà duré toute une année. Heureusement, l'instruction n'eut pas beaucoup à souffrir de cet état précaire. Rien n'était changé dans la première année d'études ; et l'on avait réglé l'emploi de la deuxième , conformément au projet de Prieur, aussitôt qu'il eut été adopté au Conseil des Cinq-Cents. Ce projet avait aussi reçu , de la part du Directoire , une sorte d'exécution anticipée, par la nomination qui venait d'être faite de Gay de Vernon et de Sganzin à deux des emplois d'instituteurs de Géométrie descriptive,
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terme générique sous lequel, le premier, ancien officier du Gehie, devait faire un cours de fortification, et le dernier, ingénieur des Ponts et Chaussée^, était chargé d'un cours de Travaux civils. Dès l'année précédente , Hassenfratz avait établi un cours sur l'exploitation des mines; Durand, qui avait passé de l'emploi de substitut a celui d'instituteur-adjoint, enseignait l'architecture civile. Ainsi, à l'exception des travaux des arsenaux, toutes les branches principales de l'instruction de la seconde année , telles que les instituait le dernier projet d'organisation , étaient en pleine activité.
A peine tranquille sur l'importante affaire de renseignement, l'Ecole eut à subir de nouveaux actes d'inquisition politique. Soit que les plaintes élevées dans le Conseil des Cinq-Cents sur le prétendu incivisme des élèves eussent réveillé les inquiétudes d'un gouvernement ombrageux, soit que les rapports de sa police eussent fourni une nouvelle matière a ses soupçons, peu de semaines après l'ouverture des cours, un arrêté du Directoire ordonna qu'il serait fait une épuration générale des élèves; et le ministre de) intérieur en chargea le Conseil de l'Ecole. Empressé de se dérober ù une telle mission, le Conseil représenta qu'il ne voyait rien dans l'arrêté d'où l'on pût inférer que cette opération le concernât, et le ministre la fit exécuter par des commissaires pris hors de l'Ecole. L'épuration eut pour résultat l'exclusion de quatre élèves. Le Conseil paraît en avoir ignoré les motifs.
Malgré ces misérables tracasseries, malgré un petit nombre d'adversaires qui la harcelaient encore, l'E'
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j en jour des progrès rapides dans
On ne prononçait guère son nom,
«mes législatives , soit dans les actes
>it dans les journaux politiques ou
ndre une formule, on au moins nue
fc exprimait la haute opinion que Ton
tfté, du mérite de ses professeurs) des
bs que donnaient ses élèves. La pre-
« monde; l'institution que FEuYope
établissement sans rival comme sans
■ étaient dès la quatrième année de son
■ locutions qu'on employait d'ordinaire ^ner. Nous voyons que, dan* une fête
' 1 fut célébrée le ao mars de cette année
h an vi }, « l'Ecole Polytechnique avait été
pnérîiatement a la suite des autorités con-
ha premier rang sons la bannière de l'ins-
Ppublique. » Bonaparte, pendant le séjour
^arîs, entre la conquête de l'Italie et celle
le, la visita pi usienrs fois, assista a quelques
■es leçons, et fit présent Ji ses laboratoires de
■ de mercure provenant de la fameuse mine
Jn sait qu'il travaillait dès lors a se concilier
in des savans et des gens de lettres; et, à cette
du bouleversement de tous les rangs et de
les fortunes, l'illustration qui a sa source dans la
.net- ou l'utile emploi des facultés de l'aÇBrit,
. en effet la seule qui attirât encore les regards.
guerrier venait de se faire admettre a l'Institut, et
, {Oait aveesffectation son nouveau titre académique
«loi qui indiquait son haut rang dans l'armée. L'au-
- jcieusc expédition qu'il s'apprêtait a diriger vers le
M aiSTOiae
m»e des Pharaons et des Ptolémées pouvait sem- 1er entreprise dans Funique intérêt de l'avancement es connaissances humaines ; et ses soldats n'allaient tnr, pour ainsi dire, que la glorieuse escorte des saa» et des artistes.
L Ecole Polytechnique ne pouvait rester étrangère i Me entreprise intéressante pour les sciences. Plu- «etrs de ses membres y furent appelés : Fourrier , krttallet* et« pins tard, Monge lui-même, qui était rne depuis trais mois en Italie pour organiser république romaine. Le premier fut suppléé à rScole par Garnier; le second par Chaptal. Trenteneuf élèves « les uns déjà pourvus d'emplois dans les «ervkv* civils et militaires, les antres n'ayant encore 4 autre titre que celui delèves de l'Ecole Polytechwque% allèrent „ sur leurs pas, prendre part aux dangers et à la gloire de l'armée d'Orient. Huit d'entre <u* y périrent, victimes de la guerre ou du climat. l\v*eft autres furent les coopêrateurs de cette Com- «k^ivMi %fe* iCiencYS et des arts qui conquérait l'Egvpte ancienne sur l'oubli, l'ignorance et le temps . peodaut qu une héroïque poignée de guerriers Français arrachait l'Egypte moderne à la domination des Maineluck* et des Ottomans. Quelques uns(i) ont place leurs noms avec honneur dans le beau monument . mmJ et magnifique reste de cette noble conquête « et que la voix publique a coutume de nommer le gnmd ouvrage sur fFgjrpte.
Le cinquième cahier du Journal parut vers le milieu de cette année. Les Mémoires qu il renferme ont
v0 Laacm, U*la», Joaunl. Joliou. Chabrol. Oevillier* . Dulx»». Corabouf. — V«j«* ce* aoaw 4an» U liste graciait.
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pour auteurs Prony, Fourrier, Lapiace, Lagrange, Fourcipy, Neveu, Brémontier, Samuel-Bernard, et Régnier. Peé après la publication de ce cahier, U fut arrêté qu'au lieu d'un cahier par mois, le Journal en fournirait, par année, «quatre à six, de huit à dix feuilles d'impression; qu'il ne serait tiré qu'à deux mille cinq cents exemplaires , au lieu de quatre mille; que deux mille de ces exemplaires seraient distribués aux autorités , aux membres de l'Instruction publique, aux savans, etc. ; et que les cinq cents autres pourraient être livrés au commerce. Le plan de ce recueil n'éprouva d'ailleurs aucun changement, et U a été suivi jusqaà ce jour. Mais , au lieu de quatre à six cahier* par an, il n'en a été publié que quinze dans les trente années de 1798 à 18*8.
Le mode des examens d'entrée et de sortie fut réglé, comme l'avait été l'enseignement de la deuxième année , d'après. la loi rejetée par le Conseil des An* ciens. L'arrêté dû gouvernement (17 fructidor an vr) porte, en substance, que les examens auront lieu au mois de brumaire (novembre), dans les principales communes de la République ( sans autres désignations), par des examinateurs, (sans fixation de leur nombre) nommés par le ministre de l'intérieur, et que les connaissances exigées des candidats sont l'arithmétique , l'algèbre jusqu'aux équations du deuxième degré inclusivement, la géométrie comprenant Ja trigonométrie, la construction des quantités algébriques par la ligne droite et le cercle, la statique, et l'exposition du nouveau système des poids et mesurée. Relativement aux examens intérieurs pour l'admission des élèves dans lés services publiés, le Cooseil
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avait demandé qu'ils fussent confiés à trois examinateurs nommés par le ministre de l'intérieur, l'un pour les mathématiques, le second pour la physique et la chimie, le troisième pour la géométrie descriptive, les arts graphiques et le dessin. Ces trois examinateurs auraient formé le jury chargé de dresser la liste des concurrens par ordre de mérite. Maïs le dernier arrêté maintient les deux examinateurs de mathématiques désignés dans celui du ti prairial an iv ( voyez page 106), et les charge d'examiner les classes d'élèves qui leur sont attribuées par le même arrêté. Chacun d'eux doit ensuite, pour former le Jury, se réunir successivement aux deux nouveaux examinateurs qu'on leur adjoint; les examens sont publics. Il doit être fait un rapport sur les candidats affectés d'infirmités corporelles qui les rendraient impropres au service qu'ils auraient choisi. Les deux examinateursadjoints furent, pour la physique et la chimie, Barruel , ancien instituteur-adjoint de physique, et , pour la géométrie descriptive et les arts graphiques, Ferry, ancien instituteur d'analyse. L'examen des élèves de première année devait être fait par les professeurs.
Pendant que le Conseil s'occupait des mesures relatives aux examens, il fut informé qu'il s'en faisait un à Châlons pour l'admission de nouveaux élèves à l'Ecole d'Artillerie. 11 adressa aussitôt de vives réclamations aux ministres de la guerre et de l'intérieur contre cette violation d'une loi formelle et des droits qu'elle assurait aux élèves de l'Ecole Polytechnique. Deux autres examens qui eurent encore lieu l'année suivante à Châlons, témoignent du peu de succès Je ces réclamations. Au reste, la démarche du Conseil
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avait pour objet le maintien du privilège de l'Ecole, bien plus que l'intérêt des élèves de cette époque, dont le nombre était loin de suffire aux besoins du corps de l'artillerie , qui avait une Quantité considérable de places vacantes. On voit, en effet, qu'il proposa dans le même temps au ministre d'admettre au concours, pour ce service seulement, les anciens élèves qui venaient de demander à concourir pour tous les services indistinctement, et même les élèves actuels qui n'avaient fait qu'une année d'études. Il voulut proposer aussi de porter le complet de Tannée suivante à t^>is cents , mais il jugea prudent d'attendre le retour des examinateurs , afin de s'assurer d'abord s'il se trouverait un nombre suffisant de candidats assez instruits. II s'en trouva cent quarante-trois, qui furent tous reçus. On accorda des dispenses d'âge à plusieurs d'entre eux qui avaient plus de vingt ans ou qui en avait moins de seize. Le nombre des élèves admis dans les services publics fut de soixante-seize , parmi lesquels dix-neuf, qui étaient partis pour l'Egypte avant l'examen, y reçurent leurs destinations spéciales.
Des conférences eurent lieu , vers h fin de cette année, entre les membres du Conseil et les examinateurs d'entrée et de sortie, à la suite desquelles l'enseignement reçut les modifications suivantes :
Le cours de zoonomie ou zootechnie fut supprimé.
Deux nouveux cours , l'un de chimie appliquée aux arts, l'autre d'histoire naturelle, furent établis.
Le lavis et le dessin de la carte sont ajoutés an travail graphique.
L'enseignement de la chimie consiste , la première année, en un cours élémentaire et sans manipulations,