‹ Histoire de l'École polytechniqueChapitre 14 sur 75 · ISTO1BE · texte numérisé non relu

ISTO1BE

fart construire une pile voltaïque , aui 41e il consacrai une somme de vin^t mille ^^^•onstroction fut dirigée par une commis- ^^ • oseil if/nstruction , composée de Monge , • ** i^roix, flassenfratz et Ilachette , auxquels

**** Jtftdjoignh Gay-Lussac et Thenard. Les pre- *■ l expériences eurent lieu , le 29 juillet 1 808 , vn f^-re do gouverneur et de quelques membres de IptotitM- D'autres dons de moindre importance 'nrcot augmenter le matériel scientifique de l'Ecole, Sosies années 1808 et 1809. Le gouvernement najrt/ittin envoya, en trois transports différens, vingtjeQ% caisses de produits volcaniques destinés pour je cabinet de minéralogie. Les académies de Berlin et Je Turin donnèrent le recueil de leurs mémoires, et reçurent, en retour, la collection du Journal de l'Ecole, qui était alors parvenue à son quatorzième cahier.

Les trois premières parties de la Mécanique philosophique de Prony, qui remplissaient les septième et huitième cahiers, ayant été retirées pour être réunies plus tard aux dernières parties du fpeme ouvrage, quand il serait terminé, le Conseil avait recomposé ces deux cahiers, en faisant réimprimer, de l'aveu des auteurs, en 1812, les Leçons de Mathématiques données à V Ecole Normale, en 1795, par Laplace et Lagrange. — Quelques années auparavant, on en avait usé de même à l'égard des neuvième & dixième cahiers > qui devaient recevoir les dernières parties de la Mécanique philosophique. La lacune qui en résultait avait été remplie, en formant hneuvièmç, qui parut en 1808 , de la Théorie des Fonc-

lions analytiques , de Lagrange , dont l'édition appartenait à FEcole; et \z dixième, <\m ne fut publié qu'en 1810, des Leçons sur V Art d'écrire, données à l'Ecole par Andrieux, auxquelles on joignit cinq mémoires, dont les auteurs sontBrianchon, Poinsot, Prony, et Alexandre de Humboldt. — Le onzième cahier, qui avait paru en 1802, et par conséquent avant les quatre précédens, renferme un très-grand nombre d'articles par Monge, Prony, Hachette, Poisson, Biot, P. J. Moreau, Marescot, Lomet, Regnard, Lefrançais, Hassenfratz, Barruel, Gnyton de Morveau, Berthollet, Thenard, Lermina, Neveu, Clément, et Desormes. On a joint à ce volume les deux premiers rapports du Conseil de perfectionnement, la loi d'organisation de 1799, et le programme d'admission pour la fin de 1802. . — Le douzième cahier, dont la publication eut li^u en aoiit 1804, cst composé en entier des Leçons sur le Calcul des /onctions, données à l'Ecole Polytechnique par Lagrange , et déjà publiées à la suite de la ae édition des Leçons données à l'Ecole Normale. Le Conseil se décida à les faire réimprimer, afin de les mettre dans les mains des élèves , et d'en faire disparaître de nombreuses fautes d'impression. L'illustre auteur en revit les dernières épreuves. Un supplément, formant les vingt-unième et vingt-deuxième leçons, a été placé à la suite du quatorzième cahier, avec une pagination qui permetde le réuqir à l'ouvrage dont il fait partie. — Les treizième, quatorzième et quinzième cahiers parurent dans les années 1806, 1808 et 1809. Les mémoires qu'ils contiennent ont pour auteurs, Monge, Poisson, Ampère, Poinsot, Biot, J. J. Livet, Brianchon, Fourcroy, Thenard, Malus, Ch. Dupin,

Français, Brisson, Dupais, Torcy, Joseph Montgolfier, La grange, Laplace, Bret, et Prony.

Aucun recueil, sans doute, ne présente de plus savans articles, ni de plus illustres coopërateurs -, et cependant la publication du Journal eût été onéreuse pour l'Ecole, si elle en avait supporté la dépense. Gela fut constaté en 1808, à l'occasion du refus fait par le ministre de l'intérieur ( refus presque aussitôt révoqué), de continuer à imputer ces frais sur les fonds de son département. Il est vrai que la même libéralité qui avait présidé à l'institution de l'Ecole Polytechnique se retrouvait dans la distribution de son Journal (1) ; en sorte qu'il n'en était vendu qu'à une bien faible portion d'une classe déjà si peu nombreuse de lecteurs. Le produit de cçtte vente, qui est consacré à l'augmentation de la bibliothèque , s'élevait, en 18 ia, à huit mille francs, dont six mille furent employés en achat de livres.

Une autre publication relative à l'Ecole avait été commencée, en 1804, par Hachette et Lermina, sous le titre de Correspondance sur VEcole Polytechnique, à l'usage des Élèves de cette Ecole. Cette Correspondance a eu , pendant les douze années de son existence, dix-huit livraisons, composées d'articles scientifiques , de notices sur le personnel et les travaux des fonctionnaires, professeurs et élèves, soit anciens, soit actuels; enfin, de tous les faits et docnmens qui pouvaient intéresser les membres et les amis de l'Institution. Au commencement de 1807, Hachette

(1) Un e*tat de distribution do treizième cahier s'élève à 6a6 exemplaires. — A partir do quatorzième cahier, le tirage fat redoit di a5oo exemplaires à i5oo.

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fit don à l'Ecole de la propriété de cette feuille* en se réservant le titre de rédacteur. Elle cessa de paraître en 1816, regrettée des lecteurs auxquels elle était spécialement destinée. Les dix-huit cahiers sont réunis en trois volumes.

A mesure que uous avançons dans l'étroite carrière qui nous est tracée, redoublant d'efforts pour en rendre moins fatigante à nos lecteurs l'inévitable uniformité, nous ne cueillons, pour ainsi dire, sur les faits qui s'offrent à nous , que ce qu'ils ont d'intéressant et de nouveau. C'est ainsi qu'après avoir , dans les trois premiers livres de cet ouvrage, suivi pas à pas la marche de l'Ecole, pendant les cinq années que l'on peut appeler son enfance, nous avons réuni , dans le quatrième , les événemens des six années suivantes , qui se terminent au casernement , et nous resserrons ici, dans le cinquième et dernier livre , les faits des vingt-deux années écoulées depuis le casernement jusqu'à ce jour. Mais , dans ce court espace , Tannée 1 8 1 1 doit occuper une très-grande place ; elle se distingue, entre toutes les autres, par une révision sévère et complète , suivie d'une importante modification , du plan , des matières , et des moyens de l'enseignement. Les discussions qui s'élevèrent à ce sujet n'ont pas seulement un intérêt historique-, elles roulent sur plusieurs points y qui, dans l'instant même où nous écrivons, sont encore vivement controversés. C'est un des motifs qui nous déterminent à les rapporter avec quelque étendue.

Le Conseil de perfectionnement ayant appris , au moment de clore sa onzième session, que le ministre de la guerre avait reçu , du Conseil de l'Ecole

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de tyeti (i), des plaintes sur l'instruction des élèves de l'Ecole Polytechnique, décida qu'il ne se sépareroit qu après avoir pris connaissance de ces plaintes , et arrêté les mesures propres à y faire droit. Toutefois, avant de lui en donner communication, le ministre voulut recueillir les observations de Bossut, examinateur des élèves du Génie, et celles du Comité des fortifications; en sorte que l'Ecole reçut à la fois ces observations et les plaintes qui en étaient l'objet. Pour simplifier notre récit, nous présentons seulement le travail du Comité des Fortifications, dans lequel se retrouve la substanpe des plaintes, mais élaborée par une première discussion ; et nons joignons , à chaque article , les réponses du Conseil de perfectionnement.

Le Comité considère , en premier lieu , la détermination de» programmes, et demande : « i° Que, dans « les démonstrations , la synthèse soit employée « concurremment avec l'analyse , spécialement dans « tous les cas où elle donne des solutions plus simtt pies et des formules plus commodes dans la pra- « tique; i° que, dans les formules, on ne néglige « pas de donner, à côté des solutions et des formules « rigoureuses, les méthodes approximatives qu'il « est indispensable ou commode d'employer dans tes « services publics; 3* qu'à la suite des solutions, on « développe les principales applications des for- » mules ou des méthodes, et les modifications qu'elles « doivent subir pour devenir applicables. »

(i) L'usage, qui abrège toujours les longues dénominations t a consacre celle d'Ecole de Mrtzt pour designer l'Ecole d'application de l'Artillerie et do Génie , qui est placée à Mets.

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Le Conseil de perfectionnement, après avoir rappelé « qu'il a prescrit l'emploi de la synthèse pour « la démonstration des problèmes de géométrie et de « statique exigés par le programme d'admission,» fait observer « que la géométrie descriptive et les arts « graphiques sont entièrement synthétiques , et que « l'analyse appliquée à la géométrie des trois dimen- « sions remplit le double objet, de montrer aux élèves « la corrélation de l'analysé et de la synthèse, et de « donner un corps aux formules analytiques, en faite sant voir qu'il n'en est point qui n'exprime la na- « ture et les lois de quelque surface , dont la mesure « ou la définition sont ou peuvent devenir utiles dans « les arts; » il ajoute «que les instituteurs d'analyse « et de mécanique ne négligent point d'indiquer les « contractions géométriques qui représentent écrit tnincs formules, ou les méthodes synthétiques qui « résolvent avec brièveté quelques problèmes, et « qu'ils y donneront une attention encore plus par- « ticulière , lorsqu'on leur aura fait connaître le vœu « du Comité des Fortifications. » À l'égard des méthodes appmximatives , le Conseil remarque « qu'elles « exigent une connaissance approfondie des considé- « rations qu'on peut négliger dans la pratique -, que « l'Ecole Polytechnique donne quelques unes de ces « méthodes , parmi lesquelles se trouvent celles dï/i- « terpolation, mais qu'il en est un plus grand nom- « bre, dans lesquelles le degré d'approximation dé- « pend du service auquel les méthodes s'appliquent, « et qu'on ne peut donner que dans les écoles d'apte plication ; qu'il en est ainsi , à plus forte raison , « des applications mêmes, pour lesquelles l'Ecole

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« Polytechnique n'est point instituée, et qui sont « l'objet spécial des Ecoles des services publics. »

Le Comité des Fortifications exprime aussi le vœu « de trouver dans les programmes toutes les questions « de théorie applicables à la science de l'ingénieur, « et de n'y plus rencontrer celles qui ne sont encore « d'aucune application. »

Le Conseil de perfectionnement répond « qu'il sufu fit de jeter un coup d'oeil sur les rapports des six « dernières sessions pour se convaincre que , chaque « année, des additions ou des suppressions ont été « faites , la plupart sur la demande des officiers ou « agens supérieurs des services pubics^ et quelles u ont toutes pour objet de diriger la théorie vers la a pratique; que, si les cours de sciences renferment « encore un petit nombre de questions qui me parais « sent d'aucune application dans le service , il n'est « pas d'avis de les retrancher , soit parce qu'elles ne « sont point exigées dans l'examen, et qu'on ne les « donne qu'aux élèves à qui leurs progrès les rendent « faciles , soit parce qu'elles sont d'un grand intérêt « et propres à remplir un autre vœu du Comité, ce- <( lui d'accoutupier les élèves à lire dans l'espace les « lois des surfaces et celles de l'équilibre et du choc « des corps. Au reste, » ajoute le Conseil, « comme « il importe de connaître sur ce point le vœu des ser- « vices publics, les programmes de l'Ecole Polytech- « nique, pour 1811, seront envoyés en double aux « Conseils d'instruction des Ecoles spéciales, avec in- « vitalion d'y noter et de discuter les questions qu'ils « jugeront utile d'y ajouter ou d'en retrancher. 11 ny « aura plus alors qu'à balancer les intérêts des divers

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« services avec le but et Içs moyens tle l'Ecole Poly- (( technique. »

Les plaintes de l'Ecole de Metz étaient particulièrement dirigées sur la faiblesse des élèves dans les arts graphiques. Le Comité croit que ces plaintes se rapportent bien moins au programme qu'à l'exécution , et il se borne à prier le Conseil d'examen : i° « Si le « Jury d examen lient assez de compte des études et « des exercices graphiques $ a» si le temps qui leur « est consacré suffit ; 3° si tous les élèves font eux- « mêmes leurs épures, et si quelques uns ne trouvent « pas le moyen de les faire dessiner. »

Sur le premier point, \e Conseil se borne à répondre « que les examinateurs des sciences mathématiques « et physiques et des arts graphiques ont également « voix dans le Jury, et que le suffrage du gouver* « neur , qui le préside, corrige au besoin ce que IV « pinion de chaque membre peut avoir de trop ex- « clusif. » A Tégard du temps consacré aux arts graphiques , le Conseil rappelle , que ce temps s'est accru successivement de celui qu'on a ôté à quelques parties des sciences et aux cours élémentaires de fortification et de travaux publics, qui ne peuvent supporter une plus forte réduction. Il ajoute , que « tes leçons, les exercices, les dessins de la géomé- « trie descriptive et des arts graphiques , occupent « d'ailleurs une grande partie des heures de travail , « et qu'il a vainement cherché les moyens de leur en « accorder davantage sans tronquer l'enseignement « des sciences et nuire à l'ensemble de l'instruction. » Quant aux élèves qui ne dessinent pas eux-mêmes leurs épures, le Conseil répond seulement, que « l'exa-

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« minateur des arts graphiques pense que le nombre « en est peu considérable. » Mais il saisit cette occasion de faire remarquer, que, « dans son organisation a actuelle , l'état-major de l'Ecole Polytechnique na « pas, comme celui de l'Ecole de Metz, des officiers « également propres à suivre les détails de la police, « des exercices, et de l'instruction ; » et il exprime le vœu « que le ministre de la guerre attache à l'Ecole, « pendant le temps de leur convalescence , les jeunes « officiers de l'Artillerie et du Génie que leurs blés- « sures mettent momentanément hors de servi ce ( r). » Le Conseil de l'Ecole de Metz avait déclaré que les deux années d'éludés de l'Ecole Polytechnique ne lui paraissaient pas suffisantes au développement de l'instruction. L'examinateur des élèves du Génie» Bossu t, croyait au contraire que l'on pouvait en réduire l'enseignement à une seule année. Le Comité des Fortifications partage lavis du Conseil de Metz, et remarque « qu'au lieu de restreindre le temps « d'études de l'Ecole Polytechnique, il vaudrait « mieux que les élèves pussent y recevoir toute « l'instruction préliminaire , et n'avoir plus, en arri- « vaut à Metz , qu'à s'appliquer aux études spéciales

(1) On peut juger, par cette restriction crac le Conseil impose à m demande, combien l'effectif de» deux corps était alors disproportionne •tcc l'accroissement prodigieux de Tannée française et l'étendue des positions qu'elle occupait en Espagne, en Italie, en Allemagne, et es d'autres contre'es. Deux officiers seulement furent attaches à l'Ecole comme sous-inspecteurs : ce fut d'abord le capitaine du Génie Horlet, qui , après avoir rempli ces fonctions pendant dix-huit mois, les quitta dès que la guérison de ses blessures lui permit de retourner à Tanne* * et fut remplacé, après un intervalle de six mois, par le capitaine Becquerel , dn même corps, que le ministre retira, au bout d'uu an, sans lui donner de successeur.

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» d'artillerie et de fortification , afin que , si le série vice des armées ou des places ne permet pas de les « y laisser denx ans, tout le temps qu'ils y restent a soit employé à les préparer au service. ' »

Le Comité indique, eu terminant , comme un des moyens de coordonner l'instruction des deux Ecoles, « de faire assister , aux examens de Metz, les exami- « nateurs permanens de l'Ecole Polytechnique et « les officiers généraux et supérieurs des deux armes , « que l'arrêté d'organisation, du 4 octobre 180a (12 « vendémiaire an xi ) , désigne comme membres ex- « ternes du Jury. »

Tel était aussi le vœu du Conseil de perfectionnement. Dès l'année 1806, et dans plusieurs de ses rapports au gouvernement, il avait réclamé la présence des examinateurs permanens de l'Ecole aux examens de l'Ecole de Metz , « pour donner, aux con- « naissances mathématiques et physiques que les « élèves ont acquises à l'Ecole Polytechnique; toute « l'influence qu'elles doivent avoir dans le classeu ment définitif, et pour reconnaître les modifica- « tions que l'enseignement de l'Ecole de Metz peut « exiger dans celui de l'Ecole Polytechnique. » Aussi s'empresse-t-il ici d'appuyer la demande du Comité des Fortifications, en disant que la mesure indiquée « rendra les examens plus.solennels, sera « pour les Ecoles un lien commun , et mettra dans « toutes les parties de leur enseignement une haï**' * monie qu'elle peut seule établir ; car , » ajoute+fl, « ce but exige avant tout qu'il y ait , dans les Cofr^ « seils des deux Ecoles , des hommes qui leur appar- « tiennent également , à qui leurs études soient fia-

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« milières, et qui puissent indiquer avec précision « où ces études finissent, où elles commencent, où « se trouvent les lacunes , les doubles emplois , les ¥ défauts de suite et d'unité, en un mot, les vices de « détail qui subsistent quelquefois dans l'instruction, « long-temps après que le système général n'offre « plus rien à corriger. »

A peine ces observations du Conseil de perfectionnement, en réponse à celles du Comité des Fortifications, eurent-elles été transmises au Ministre de la guerre, que celui-ci chargea deux officiers supérieurs de se rendre à l'Ecole de Metz , pour y examiner les élèves sortis depuis dix-huit mois de l'Ecole Polytechnique, et lui rendre compte de l'état de leur instruction. 11 choisit, pour cette mission , le colonel d'Artillerie Drouot ( qui fut depuis aide-de-camp de Napoléon ) et le lieutenant-colonel du Génie Mains. Ce dernier était tout à la fois membre- du Comité des Fortifications et du Conseil de perfectionnement, où il siégeait, depuis i8o5, en qualité d'examinateur pour la géométrie descriptive, les arts graphiques, et la physique. Le Conseil ajourna une seconde fois la clôture de sa session , jusqu'au retour des deux Commissaires , dont le rapport confirma les plaintes du Conseil de l'Ecole de Metz. L'instruction avait été trouvée faible, particulièrement sur la géométrie descriptive, la charpente, la statique et la chimie; les dessins étaient généralement incorrects et d'une mauvaise exécution ; la plupart des élèves n'avaient pas même apporté à Metz leurs cahiers d'épurés, auxquels ils ont besoin de recourir à chaque instant ; beaucoup semblaient avoir oublié ce qu'ils avaient

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appris à l'Ecole Polytechnique, et quelques uns même les connaissances élémentaires indiquées au programme d'admission. Les Commissaires attribuaient cet afiaiblissement des études au relâchement de la discipline, à une vie trop dissipée qui produisait le dégoût du travail, enfin à la certitude d'être placés, instruits ou non, certitude fondée sur les besoins sans cesse renaissans de l'Artillerie et du Génie.

Quoiqu'il fût dès lors reconnu que le système d'en* seignement de l'Ecole Polytechnique était tout-à-fait étranger aux plaintes de l'Ecole de Metz , quoique les autres services déclarassent , par leurs représentai au Conseil de perfectionnement , qu'ils étaient satisfaits de l'instruction de leurs élèves, le gouverneur, pour ne laisser subsister aucun doute à cet égard, invita les deux commissaires du ministre de la guerre à interroger eux-mêmes plusieurs élèves de l'Ecole, appelés au hasard parmi ceux de la deuxième année d'études , et à se faire présenter leur travail graphique. Cette épreuve fut faite sur six élèves, dont deux pris à la tête, deux au milieu, et deux h la fin de la liste par ordre de mérite. L'interrogation porta sur la matière des études de la première année, et sur celles du programme d'admission. Les deux premiers répondirent fort bien -, l'un des seconds , assez bien ; il en fut tout autrement des trois derniers;

Éclairé par cette expérience , le Conseil se mit aussitôt à la recherche des moyens les plus propres à empêcher que les connaissances antérieurement acquises ne s'effaçassent de l'esprit des élèves, à mesure qull* y introduisaient des connaissances nouvelles 5 et il arrêta , pour premières dispositions, i° que les élèves de

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première année seraient interrogés, chaque semaine, à Ta m phi théâtre, sur les connaissances fondamentales qui servent de base à l'instruction qu'ils reçoivent à l'Ecole , la matière de chaque interrogation étant indiquée à l'avance , afin qu'ils aient le temps de s'y préparer-, 2° qu'une séance d'interrogation aurait aussi lieu, chaque semaine, pour les élèves de seconde année, à l'effet de revenir sur les objets enseignés dans la première année, et sur les connaissances exigées pour l'admission à l'Ecole ; 39 que les élèves seraient examinés, à la fin de l'année , sur tous les objets indiqués aux deux articles précédens; 4° que ceux dont l'instruction serait incomplète obtiendraient, comme par le passé, une troisième année d'études, et seraient classés , à leur sortie de l'Ecole, suivant leur rang de mérite, mais qu'ils n'auraient le choix dans les services publics , qu'après ceux qui seraient restés deux ans seulement à l'Ecole; 5° qu'il serait fait une révision générale des programmes, afin de retrancher les connaissances qui ne sont pas d'une utilité indispensable pour les services publics, ou qui peuvent être renvoyées aux Ecoles d'application. Il fut procédé à cette révision avec beaucoup de maturité. Le Conseil de perfectionnement y fit concourir les professeurs de chaque cours , et les officiers et agens supérieurs des services publics. Nous en indiquerons rapidement les résultats.

Aux connaissances exigées pour l'admission , on voulut d'abord ajouter quelques questions élémentaires sur la trigonométrie sphérique, pour faciliter aux élèves les considérations relatives à la géométrie des trois dimensions, dont ils sont occupés dès leur

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entrée à l'Ecole. Mais, tout en reconnaissant Futilité de cette addition, le Conseil craignit d'augmenter les difficultés déjà considérables de l'admission, et la rejeta.

Dans le programme dn cours $ analyse, la partie . consacrée à X analyse algébrique n'éprouva aucun changement; le professeur fut seulement invité à ne pas trop s'étendre sur les parties qui sont susceptibles d'un grand développement. — Le calcul différentiel fut l'objet d'une discussion intéressante. Après avoir beaucoup varié sur la méthode dont on devait faire usage dans l'enseignement de ce calcul, on s'était arrêté, en dernier lieu, à la méthode des limites. Mais comme on était obligé de revenir à la mélhode des infiniment petits dans les applications du calcul différentiel à la mécanique, le Conseil jugea que l'on gagnerait beaucoup de temps , et qu'on épargnerait beaucoup de dégoûts aux élèves, en leur présentant le calcul différentiel par cette dernière méthode. — Le calcul intégral fut allégé de deux articles assez difficiles qui se trouvaient dans le cours de la seconde année. — On fit aussi quelques suppressions dans la seconde partie du cours d'analyse appliquée, afin de donner plus d'espace à des applications utiles.

On ne fit subir aucun retranchement à la géométrie descriptive, parce qu'elle est « une des connaissances a dont les élèves de tous les services font l'usage le « plus fréquent. » — On reconnut que le cours de machines , qui était borné à dix leçons , ne pouvait avoir pour objet qu'une simple description des machines.

Le programme de mécanique avait été refait en entier deux ans auparavant ; on y avait alors supprimé toutes les parties ou trop difficiles ou trop peu utiles, et Ton venait d'y faire tout récemment quelques lé- .gers changemens pour le rendre encore plus élémentaire. Toutefois oh put effectuer quelques suppressions nouvelles dans le programme de la seconde année. Mais le Conseil exprima le désir que ce cours renfermât un plus grand nombre d'applications du calcul à C effet des machines, tout en ne se dissimulant pas combien le choix des exemples demandait de travail et de recherches, pour être réduit à ce qu'il peut offrir de plus utile, et ne contenir que des résultats dont la vérité soit incontestable.

Le cours de physique ne subit d'autre changement qu'une diminution dans le nombre de ses leçons , qui de cinquante fut réduit à trente-quatre.

Le cours d'astronomie physique ou d'exposition du système du monde, fut divisé eu deux parties, de six leçons chacune; la première comprenant un exposé général du système du monde , et les notions astronomiques indispensables pour l'intelligence des opérations géodésiques 5 la seconde tout entière consacrée & l'explication des principales méthodes en usage dans la géodésie. On imposa au cours entier le titre de Cours de Géodésie, cocime plus conforme à son objet pratique.

Les cours de chimie demeurèrent intacts. H fat seulement recommandé aux professeurs de diriger leur enseignement sur les applications qui intéressent les services publics.

Dans un travail qui avait pour but essentiel de ré-

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mseignemeut à ses parties les plus généraleiles, et de trouver plus de temps pour les exercices graphiques, il était difficile que ce qui restait des Cours d'application ne reçût pas quelque nouvelle atteinte. Le cours de Constructions publiques, que Ion s'était efforcé de restreindre aux notions fondamentales dont tous les services peuvent faire usage, comprenaient néanmoins encore un grand nombre de détails propres seulement à l'ingénieur des Ponts et Chaussées; et toutes les épures étaient relalives aux travaux de ce service. Ce cours était d'ailleurs suivi avec beaucoup de tiédeur, et n'avait qu'un bien faible succès. On crut en trouver la raison dans la nature même des matières qui en étaient l'objet ; on pensa que des détails de pratique, dont les ingénieurs seuls peuvent sentir l'importance, devaient avoir peu d'intérêt pour les élèves , qui n'avaient sous les yeux ni les matériaux ni les machines , et ne pouvaient recevoir, dans un cours oral, des idées précises sur l'organisation et la marche des travaux publics. On insista particulièrement surce que beaucoup de détails de ce cours se retrouvaient dans l'enseignement des Ecoles d'application. Le cours de Constructions publiques fut supprimé.

Lu Conseil inclinait à supprimer aussi le cours & Art Militaire. Mais de grands travaux, qui s'exécutaient alors sur les côtes et sur les frontières de X Empire, donnaient lieu fréquemment à des commissions mixtes d'ingénieurs des Ponts et Chaussées et d'ingénieurs militaires, et l'on jugea qu'il était indispensable que les premiers connussent au moins la nomenclature et la valeur des différentes pièces de la fortification; on

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« de les faire rester pluPde deux ans £ l'Ecole spé- « ciale , et obligeait même souvent de les envoyer « en mission , au bout de quatre ou cinq mois , pour «c remplir temporairement les fonctions d'ingénieur -, « ce qui ne pourrait plus avoir lieu, s'ils sortaient de « l'Ecole Polytechnique avec une instruction moins « complète. »

Le Conseil des Mines exposa « que l'établissement « des fourneaux, des usines, des canaux, des écluses « et des jetées, pour modérer le cours des torrent , « l'élévation de quelques ponts, la construction des « galeries souterraines , des murailleméns de puits» « et autres ouvrages dont les ingénieurs des Mines « sont chargés , exigent des connaissances positives « sur les constructions -, et que ce n'est pas au milieu « des travaux métallurgiques , dont les Écoles d'apte plication sont le théfkre, que les élèves peuvent « acquérir ces connaissance? indispensables. » Il ajouta , « que le maintien d'un cours de Construc- « tions à l'Ecole Polytechnique était d'autant plus m nécessaire au corps des Mines en particulier, qu'il « serait absolument impossible de trouver , sur les « lieux où les Ecoles d'application sont établies, des « personnes capables de professer ce cours, et que, « dans le cas même où cette difficulté serait levée, « il resterait encore le grave inconvénient de retenir « plus long-temps à l'Ecole pratique les élèves que « les besoins du service appellent aux fonctions d'in- « génieurs, peu de temps après leur admission k « cette Ecole. » Il rappelle, en terminant, « que le « but de l'Ecole Polytechnique était de procurer aux « différens corps d'ingénieurs des connaissances corn-

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Conseil des Mines et de l'Ecole des Ponts et Chaussées, les vœux contraires du Comité des fortifications et de l'Ecole de Metz. C'était sur la demande de cette Ecole que le Conseil de perfectionnement avait supprimé quatre-vingts leçons orales , pour donner plus de temps aux exercices graphiques et aux méthodes élémentaires et pratiques dont les arts«de l'ingénieur demandent une continuelle application. Les leçons du cours de Constructions avaient été comprises dans la suppression , parce que leur utilité relative, et comparée à celle des autres parties de renseignement , avait paru moindre dans la balance générale ; on avait eu d'ailleurs l'attention de réunir au cours d'Architecture les notions élémentaires des constructions nécessaires à l'intelligence de ce cours, et de conserver, comme application des cours de Géométrie descriptive et de Topographie , l'épure des déblais et remblais d'une partie de route , et la carte du tracé d'un canal à point de partage, les seules qui pussent exercer à la fois la main et l'esprit des élèves. Ce n'était, au reste, que dans les écoles d'application qu'on pouvait enseigner les constructions propres à chaque service, avec les ressources convenables ; ce foyer d'instruction pratique ne se trouvait point à TEcoIe Polytechnique. Les mêmes membres firent ensuite observer que, si les besoin» du service obligeaient à retirer les élèves, avant )0lemps, des Ecoles d'application , cp besoin de circonstance avait lieu pour les services militaires bien plus encore que pour les services civils, et<jue l'on avait modifié, en conséquence, l'ordre et la méthode de renseignement de l'École de Metz. Ils représentèrent enfin que

3iO HISTOIRE

c'était une erreur de penser que vingt leçons orales pouvaient mettre les ingénieurs des autres services en état de suppléer, au besoin, les ingénieurs des Ponts et Chaussées; et que ce n était point d'ailleurs pardes motifs d'utilité éventuelle qu'il fallait régler l'enseignement d'une institution comme l'École Polytechnique, ou le temps manquait pour les objets d'utilité directe.

Le Conseil maintint la suppression du cours de Constructions; mais, en confirmant sa première décision à cet égard, il s'empressa de faire valoir les titres que Sganxin avait acquis, par doue années d'utiles et honorables services , aux faveurs du Gouvernement. M obtint que ce savant ingénieur (i) conserverait la moitié de son traitement de professeur, et le droit de siéger au Conseil d'Instruction.

Le Conseil de l'École de Metz adressa aussi quelques observations sur les nouveaux programmes. Elles consistent à demander que l'on ne distribue plus d'épurés gravées de géométrie descriptive pure et appliquée, mais que les élèves soient tenus de les exécuter toutes ; que les dessins et interrogations du cours de Machines soient augmentés, et qu'il y ait, à la suite de ce cours, de nombreuses applications de la théorie au calcul ; que les deux Écoles s'accordent sur la manière de figurer le terrain par des hachures, les deux m^bdes étant totalement différentes; que les Élèves soient plus familiarisés avec l'usage de la plume et du pinceau ; que le programme du cours

(O Inspecteur général des Ponts et Chaussées, directeur des Ports militaires.

DK L ÉCOLE POLYTECHNIQUE. [«8ll] 3l I

d'Art militaire soit plus développé ; enfin, qqe les travaux graphiques aient une très-grande influence sur le classement des élèves. Le Conseil de perfectionnement pria le ministre de la guerre de réunir à Paris les professeurs de topographie des deux Ecoles, afin de se concdttef sur une méthode uniforme d'exprimer le relief du terrain ; et décida, sur les autres observations de l'Ecole de Metz, qu'il y aurait égard autant que le temps consacré & renseignement le permettrait. 11 fut aussi réglé que Ton enverrait directement aux Ecoles d'application la totalité du travail graphique des élèves, même celui de la première année, afin que les chefs de ces Ecoles pussent juger de leurs progrès.

Ainsi se terminèrent les loMnes discussions élevées k l'occasion des plaintes de racole de l'Artillerie et du Génie ; mais nous commettrions une sorte d'injustice, au moins implicite , envers les élèves qui s'y trouvaient alors, si nous quittions ce sujet sans indiquer une des causes du relâchement des études, et la plus puissante peut-être , quoique les commissaires du ministre de la euerre n'en aient pas tenu Compte dans leur rapport. Des événemens merveilleux agitaient violemment l'Europe. On n'entendait parler qne de beaux faits d'armes, de rapides conquêtes, de couronnes brisées par le glaive*, ici, une campagne de quelques mois arrachait à un puissant empire la cession de plusieurs provinces ; là , le sort d'un royaume illustré par les armes était décidé par une seule bataille; ailleurs, les plus anciennes dynasties voyaient leurs trônes occupés par les familles les plus obscures, par des soldats naguère encore perdus dans

pnoni

jn ^ ,p«ttcJe, si nouveau pour le

torf^f^ffloe prodigieux, dont les divers

*^£S itxemfi* "* MareOgo, a Austerlitz,

'""'kfiidbd, * Wagram, et dont le terrible

!&*" j,e ovparait a Moscou, jetait dans les

^Tj^kieBittue un enivrementolont beaucoup

^^ dkv chargées d'année» n'avaient pu se dé-

•j jfiïm considère que les élèves de Meta

\jLfi >f»« "'I impatient l'intervalle qni lesse-

*Tyii»e carrière si brillante et si pleine dTien-

^zltàiacet, on ne s'étonnera pas que les travaux

jL^pdes de l'Ecole aient pu paraître insipides à

finîtes militaires qui ne demandaient qne des

■jg de bataille. Il faut bien reconnaître aussi la

ij^ de l'obscrvatiop^ite par les commissaires du

jfrtre, touchant fîflaence fâcheuse qu'exerçait,

^>]e travail de ces élèves, la certitude d'être ad-

0tt quel que lui le degré de leur instruction, dans

jeux corps dont les rangs étaient incessamment

/cbircis par tant de sièges et de combats.

Nous avons dit que ces besoins de l'Artillerie, du Génie, et même de quelques autres services, avaient déterminé le Conseil de perfectionnement à proposer Je porter le nombre des élèves a quatre cents. Napoléon fit répondre qu'il ne pouvoit allouer la défense de deux cent mille francs nécessaire pout : l'Ecole en état de recevoir des promotions > nombreuses ; et il rendit , le 3o août 1 8 1 1 , un :ret dont voici la substance : L'Artillerie ne tirera désormais ses élèves que de l'Ecole miuiaire de Saint-Cyr, du Prytanée de la flèche et de tous les Lycées de l'Empire. — A l'Ecole

de l'école polytechnique. [i8ii] 3i3

de Saint-Cyr, les jeunes gens qui pourront répondre sur le premier volume du Cours de Mathématiques de Bezout seront notés pour le service de l'Artillerie. On les appliquera alors plus particulièrement à l'étude des mathématiques et aux exercices de l'artillerie. La secoure année, ils seront examinés sur le deuxième volume du même cours, et entreront surle-champ dans les régimens d'artillerie avec le grade de lieutenant en second. — Les élèves du Prytanée de la Flèche et des Lycées seront interrogés par l'examinateur de l'Artillerie, et, s'ils sont suffisamment instruits (i), ils recevront Tordre de se rendre à l'Ecole de Metz, où ils resteront on ou dedl ans^p pour compléter leur instruction , et de là entrer dans les régimens d'artillerie. — Le corps du Génie continuera de prendre à l'Ecole Polytechnique « tous « Tes sujets nécessaires à tous ses besoins, » et les choisira « parmi les jeunes gens les plus instruits, « les plus en état de résister à la fatigue, et qui « annonceront le plus de dispositions morales. » — « Après que le corps du Génie aura pris tous les « sujets qui lui seront nécessaires , les autres élèves « de l'Ecole seront donnés aux Ponts et Chaussées, « aux Mines, aux Poudres et Salpêtres, et aux autres « services civils. »

Non-seulement ce décret sacrifiait à un seul service tous ceux qui tiraient leurs élèves de l'Ecole Polytechnique, mais l'Ecole elle-même en recevait un fâcheux contre-coup. Cette vive émulation qu'en-

(i) Le décret ne spécifie pas les connaissances sur lesquelles ils

doirent être examines. On les interrogea sur le premier volume du

Cours de Bezout

de l'école polytechnique. [1811J 3l5

divers corps d'ingénieurs; elle devait aussi répandre l'instruction des sciences mathématiques et physiques; et l'arrêté du ministre en eût fermé l'entrée à Pascal. Tout cela rappelle un peu le sauvage qui, pour avoir du fruit, coupe l'arbre au pied. Mais qu'y a-t-il de plus despotique que la nécessité?

Nous devons dire toutefois que ce décret , qui ne fut en vigueur que pendant deux ans, n'eut pas toutes les mauvaises conséquences que l'on en devoit appréhender. En ce qui concerne l'Artillerie, on exécuta , il est vrai , les dispositions qui appelaient au concours pour cette arme les élèves des Ecoles militaires; mais, pour l'article qui en excluait ceux de l'Ecole Polytechnique, Napoléon, toujours entraîné par les besoins du moment, ne tarda guère à l'oublier, et n'en tint depuis aucun compte. Un mois après la date du décret, le 3o septembre 1811, quarante élèves furent placés dans l'Artillerie. Soixante autres y entrèrent Je 18 février 181 a, ,en vertu d'un décret du même jour. Le 1" juillet suivant, Napoléon envoya de Wilna l'ordre d'en faire partir encore quarante pour Metz , comme sous-lieutenans d'artillerie, et de les prendre dans la division de seconde année, quoiqu'elle en eût déjà fourni soixante pour cette destination; de sorte qu'après en avoir donné cinquante au corps du Génie, il en restait onze à répartir entre les six autres services ; mais dix de ceux qui étaient désignés pour l'Artillerie ayant paru d'une organisation trop débile , furent laissés au corps des Ponts et Chaussées. Au mois d'avril 181 3, le ministre de la guerre demanda cinquante élèves pour l'Artillerie, à prendre d'abord parmi ceux qui se présente-

3i6 HISTOIRE

raient eux-mêmes, et à compléter ensuite, s'il y avait lieu , par la voie du sort. Il s'en présenta quarante-neuf; le sort désigna le cinquantième. Enfin, au mois d'octobre de h même année , à la suite des examens, l'Ecole reçut une nouvelle demande de soixante-dix élèves pour la même arme, et il fallut en prendre quarante-quatre parmi ceux qui venaient d'achever leur première année d'études , et qui s'offrirent pour le service de l'artillerie. Ainsi, pendant les deux années d'existence du décret qui enlevait à l'Artillerie l'avantage de tirer ses élèves de l'Ecole Polytechnique, ce corps y prit jusqu'à deux cent dix sujets ; nombre à la vérité bien inférieur à ses besoins, puisque, d'après une lettre du ministre delà guerre, en date du 18 août i8i3, il lui manquait alors plus de deux cent cinquante officiers. Les Ecoles militaires y pouvurent en partie \ mais les jeunes officiers admis par cette voie furent soumis, en 1816, à des examens, d'après lesquels on fit passer, avec leurs grades, dans d'autres corps militaires, ceux dont l'instruction ne fut pas jugée suffisante pour l'Artillerie. Delà part du corps du Génie, l'exécution du décret tempéra ce qu'il avait de trop acerbe pour les services civils. A la sollicitation du gouverneur, le premier inspecteur général de cette arme se fit une loi de laisser à chacun de ces services les deux premiers, par rang de mérite, des élèves qui les avaient demandés. Ce sage ménagement entretint quelque émulation dans l'Ecole.

A la fin de l'année 181 1, Guy ton de Morveau, affaibli par l'âge , quitta la chaire de chimie appliquée aux arts, ou il fut remplacé par Thenard. Le

pfl l'école MUVWWI1QIIB. [i8ia-i8t3] 3.7 Conseil de perfectionnement, dans son rapport annuel , exprime sur celte retraite de vifs regrets, adoucis seulement par le mérite du savant qui succédait au chimiste habile que FEcole s'honorait d'avoir eu pour directeur. Tels sont les termes du rapport.

Dans le même temps se préparait la cause d'une plus profonde douleur. Malus venait d'être proposé pour remplacer, dans les fonctions de directeur des études et commandant en second , le colonel du génie Gay de Vernon, admis à la retraite au mois de janvier 181a. « L'Ecole se félicitait, » dît le Conseil de perfectionnement, «d'avoir trouvé, dans un de « ses élèves, un directeur de ses études. Une renie nion de qualités rares et de circonstances singu- « lières désignaient Malus pour cet emploi dillicilt'. ■< Le corps du Génie le comptait au nombre rfe ses « officiers les plus braves et les plus habiles. 11 sié- « geait au Comité des fortifications. Les arts et l'ar- « mée l'associaient à la gloire des travaux et des « périls au milieu desquels s'est accompli l'immor- « telle expédition d'Egypte. Ses premiers pas dans « les sciences venaient d'être marqués par de brd- « lantes découvertes. Au milieu de ses succès, l'E- « cole Polytechnique et l'Ecole de Metz le voyaient n déployer, dans leurs examens, ce mélange de u théorie et de pratique, si rare et si nécessaire pour u connaître les rapports qui unissent les sciences « aux arts de l'ingénieur. Personne n'était plus

propre à diriger, d'après ces rapports, les études « de l'Ecole Polytechnique. Mais une mort préma- « lurée a ravi Malus au corps du Génie, à l'instruc-

DR LKCOLE POLYTECHNIQUE. [r8l3-l8l3] 3 l 9

maie , et ancietf élève de l'Ecole Polytechnique. On y réunit, en i8i3, l'examen sur la physique, dans l'intérêt de cette dernière branche d'enseignement , xin peu négligée par les élèves, et qui se trouvait comme perdue parmi le grand nombre des objets entre lesquels l'examinateur pour la géométrie descriptive et les arts graphiques doit partager son attention.

Pendant les années 181a et i8r3, l'École fit Texpérience du nouveau plan d'études adopté en 1811 ; et le seul changement qu'il parut utile d'y opérer fut d'ajouter, au cours de Géodésie, desnotions' générales de géographie physique et d1 'hydrographie. La proposition de retrancher quelques questions purement spéculatives d'analyse transcendante , afin de laisse* plus de temo^à l'étude des autres parties du cours, fut rejetée, par le motif que « l'on doit considérer « les études de l'Ecole Polytechnique comme ayant « principalement pour objet d'exercer l'esprit et la « sagacité des élèves, et de les rendre capables de « saisir toutes les applications dont ils pourront être « chargés un jour. »

À l'égard du travail graphique, dont le plan d'études de 1H11 avait eu pour but essentiel d'augmenter la quantité, en y consacrant plus de temps , il fut bientôt jugé trop Considérable pour le temps qu'on y avoit affecté. D'un autre côté, l'examinateur rendait compte que les élèves n'étaient que médiocrement habiles sur le tracé des lignes et le lavis. On crut donc devoir diminuer la masse de ce travail, afin d'en obtenir une exécution plus soignée. A cet effet , on supprima dans les épures de géométrie descriptive

iao HISTOIRE

toutes les pièces qui formaient douj dispensa les élèves d'en dessiner uni

|uée (le piqué des bois) que l'on fit statua qu'il ne serait rien présenté1 a au-delà du travail prescrit. Enfin , le ( fectionneraent , adoptant en i8i3 ui qu'il avait rejetée en 181a, ajouta

l'admission, m que les candidats sera « sur les six premières questions d1

■ descriptive relatives à la ligne dro

■ et qu'ils construiraient, avec la règl < sur une échelle donnée , une figui « de géométrie qui serait indiqué* « nateur. »

, la proposition d'imposer aux candi' dition nouvelle avait été rejetée l'anr pu le Conseil , qui craignait' alors de < le nombre des conçu rrens. Mais l'accro nombre avait continué de prendre, dep de iSio, ne laissait plus d'inquiétude s'était présenté , pendant les trois anr quatre cent cinquante, quatre cent soi et quatre cent soixante candidats, pou cinq, cent quatre-vingt-quatre, et d< sept admissions ; et celles-ci auraient nombreuses, si l'on n'eût considéré t iitè (i). Toutefois, comme cette gran<

(ij Toui la candùlali de cet irai* nontm, reebi n'c'uiem pan admit faute de place. , recelaient •oui- lieu tenante d'infanterie , ou leur admit* • dnni la riÏTÏ.ioo de Ta tuilerie. Le gODTerncui •être de n'accorder cet avantage qu'à ceni ai ocltait plui de te pti'Knler an concnuit pont 1*1

de l'école polytechnique. [i8ia-i8i3] 3a x

n'offrait qu'une garantie insulfisante de la force des "* candidats, puisqu'on avait reconnu que les derniers admis suivaient les cours de l'Ecole avec peine, le gouverneur chargea les professeurs de mathématiques de se réunir en Jury pour examiner, à leur entrée, ceux des élèves de la promotion de 1812 qui occu<- - paient les quatre derniers rangs sur la liste particulière de chaque examinateur d'admission. Le Conseil applaudit à cette mesure, et demanda qu'elle fût renouvelée tous les ans. Elle eut encore lieu en 181 3. Les résultats de cet examen, pour l'une et l'at}tre année, furent satisfaisans.

Au nombre des livres placés dans le salles d'études, pour suppléer aux sommaires que quelques professeurs n'avaient pas encore imprimés , on ajouta les Traités de Géodésie et de Topographie de Puissant , et les Elémens de Chimie expérimentait de William Henry , remplacés bientôt après par le Traité de Chimie de Tfienard. On conserva , pour la partie astronomique du cours de géodésie, l'Exposition du système du Monde de Laplace. Le Conseil de perfectionnement avait dit, dans son rapport sur les sessions de 1810 et 1811, « qu'il entrevoyait t l'époque où tous les précis, achevés et coordon- « nés l'un à l'autre, pourraient former l'abrégé du « cours et études de V Ecole Polytechnique, donner « un guide aux élèves sur toutes les routes de Tin* « struclion , et offrir aux jeunes ingénieurs un utile m mémorial (1). » Mais , d'une part , les limites assez

(1) Ce fut pent-étre et paesana du rapport de 181 1 , qui wfjQa proposition que le Canaril de perfectionnement adopta en

étroites dans lesquelles ce titre de précis ou sommaire contraignait les professeurs de se renfermer, étaient pour quelques uns de trop gênantes entraves ; d'autre part , l'obligation imposée aux élèves de se pourvoir à leurs frais des précis rédigés par les professeurs, interdisait à ceux-ci de donner à ces ouvrages une étendue qui en eût rendu l'acquisition trop dispendieuse. Le Conseil, pour écarter ces deux inconvéniens, décida que les professeurs auraieot la plus grande latitude dans la rédaction du précis de leurs leçons ; que ces précis seraient placés en nombre suffisant dans les salles d'études , et qne les élèves ne seraient plus tenus de les acheter.

Ainsi , les désastreux événemens qui s'étaient succédés depuis la retraite de Moscou jusqu'à la funeste journée de Leipsick, n'avaient pas ralenti les soins des deux Conseils pour le succès des études : ces soins étaient devenus au contraire d'autant plus assidus, que les besoins de l'Artillerie et du Génie, grossis chaque jour par des pertes glorieuses, appelaient le plus grand nombre des élèves à remplir les cadres de ces deux corps, et quelquefois même, comme on la vu, long-temps avant qu'ils eussent pu compléter leur instruction. Le bon esprit qui animait ces jeunes gens, l'application, l'émulation, dont les chefs de l'Ecole se plurent alors à rendre un éclatant témoignage, balançaient l'effet naturel des promotions

i8i3 , et d'après laquelle le Conseil d'instruction fat invité à s'occspr de la rédaction d'an Manuel ou Mémorial polytechnique , dans ksael on trouverait, rangées d'une manière méthodique, toutes les aottoas élémentaires , formules, tables numériques , dont on a continseBeatent besoin dans la pratique, et qui font partie de renseignement <b ftcole

db l'école polytechnique. [i8ii-i8i3] ili

irrégulières et prématurées, des admissions nombreuses , et même du trouble que jetait dans les esprits une suite de revers et de défections sans exemple. Cependant les périls de l'Etat occupaient fortement toutes les pensées. Dès les premiers jours de Tannée 1814 , l'Ecole , pour sa part d'un tribut volontaire que la France s'imposa, avait offert huit chevaux d'escadron, tout équipés pour l'artillerie à cheval. Cette offre fut bientôt suivie de la demande, faite au nom des élèves , d'aller immédiatement combattre dans les rangs de l'armée. La réponse de Napoléon fut , dit-on , « qu'il n'était pas réduit à tuer sa poule « aux œufs d'or. » Néanmoins, vers le milieu de janvier, il fit dire au gouverneur de l'Ecole, qu'il désirait placer des élèves dans l'infanterie de sa garde. Le gouverneur osa présenter des objections contre ce projet. Il remontra que les élèves de seconde année suffiraient à peine pour le Génie et l'Artillerie} que ceux de première année , qui venaient d'arriver ,

commençaient bien à connaître les exercices du soldat

d'infanterie, mais n'avaient encore rien appris des devoirs de l'officier de cette arme; que la plupart étaient d'ailleurs trop jeunes pour résister aux fatigues que h garde avait à supporter. Il termina par faire remarquer qu'en cas de malheur ou d'émeute , les trois cents élèves seraient d'utiles auxiliaires de la garde nationale de Paris , pour protéger la femme et le fils de Napoléon; surtout s'il vouloit confier à ces jeunes gens une batterie de six bouches a feu. L'homme le plus impatient de toute contradiction se rendit à ces sages avis. Un dé; ret impérial ordonna la formation d'un corps d'artillerie de la garde natio-

3*4 «ISTOIRK

nale, lequel devait consister en douze compagnies T dont six composées de militaires invalides de l'Hôtel , trois des étudians en droit et en médecine, et les trois autres des éjèves de l'Ecole Polytechnique. Les étudians , dès la première revue qui en fut passée , témoignèrent de si mauvaises dispositions pour ce service, que l'on renonça aussitôt à les y employer. Les élèves s'y portèrent avec beaucoup d'ardeur. L'entrée dans l'Ecole des douze pièces de canon destinées à cette braqcbe d'instruction nouvelle, fut saluée par eux despltpl *ives acclamations. D'abord on voulut continuer les études, en y dérobant seulement certaines heures pour vaquer aux exercices d artillerie. Bientôt cela devint impossible. De nombreux détachemens furent commandés chaque jour pour le service des batteries qui défendaient les abords de la capitale; et les élèves qui n'étaient pas occupés à la garde des barrières s'exerçaient san» relâché à la manœuvre du canon. Ainsi s'écoulèrent le mois de février et presque tout le mois de mars.

Cependant, les corps d'armée des maréchaux Mortier et Ma r mont, poussés par des forces très-supérieures, n'étaient plus, le a8 mars , qu'à une ou deux marches de Paris, et il était facile de prévoir qu'une action aurait lieu sous ses murs. <Afin de seconder les troupes qui auraient à la soutenir, on remit aux compagnies de canonniers formées dans l'Hôtel des Invalides, et dont presque tous les hommes étaient amputés d'une jambe ou d'un bras, le service des batjteries de position établies aux barrières ; et Ton organisa en toute hâte une réserve mobile de vingthuit bouches k feu , qui fut servie par les élèves ,

un l'école polytechnique. [i8i4] 3»5

auxquels on joignit trente canonniers de la garde, pour faire l'office de pointeurs et chefs de pièces. Celte réserve fut placée, le 39 mars, à la barrière du Tiône. Le 3o, pendant que les deux maréchaux, avec une poignée de soldais, disputaient aux nombreuses divisions russes et prussiennes les lenteurs qui dominent Paris du nord au levant, l'artillerie de réserve se porta, vers onze heures, sur le chemin de Vineennes, d'où elle commença un feu assez vif contre la gauche de la ligne ennemie. Aucune troupe d'infanterie ou de cavalerie n'avait été commandée pour soutenir ce mouvement, à l'exception de quelques gendarmes à clieval, qui furent détachés sur la droite , pour éclairer le flanc de la batterie.

Tout à coup ces gendarmes reparaissent, suivis de plusieurs escadrons russes, qtii, d'après la situation des lieux, ne furent aperçus et reconnus pour ennemis , que lorsqu'ils atteignaient déjà les pièces les plus 'avancées. Celles-ci les accueillent d'une décharge presqu'à boni portant, et se retirent avec précipitation vers la barrière du Trône; mais, resserrées dans un étroit espace, elles s'embarrassent entre les pièces qui n'avaient pas encore commencé le mouvement; les caissons se mettent en travers, et toutes ces voilures se trouvent pelotonnées de telle sorte, que la cavalerie ennemie, ne pouvant pénétrer dans cette barricade, est obligée de la tourner. Alors les élèves parviennent à dégager deux pièces, dont le feu, joint à celui do l'artillerie en position près de la barrière, force les lanciers russes à la retraite. Au même instant, un escadron de cuirassiers français se met à leur poursuite. leur reprend

iltj HISTOIRE

deux canons qui, aventurés au-delà il.- la route. mitfti été abandonnés; et les élèves, traînant euxmêmes les pièces demeurées sans chevaux, recommencent le feu , pour ne plus le cesser qu'à la fin de l'action. Il y eut deux tambours tués-, un officier et onze élèves blessés de coups de sabre ou de lance (i), et six emmenés prisonniers (i). Huit autres furent brûlés par l'explosion de quelques gargousses (3) ; accident qui doit d'autant moins surprendre de la pari d'artilleurs aussi inexpérimentés, qu'Us n'avaient pas été conduits une seule fois à l'exercice du tir, de peur d'alarmer les habitans de la capitale (4).

A onze heures du soir, les élèves, qui étaient toujours dans la même position près de la barrière du Trône, reçurent l'ordre départir à l'instant même, et de se diriger vers Fontainebleau. Mais plusieurs jours d'un service pénible, et les fatigues de la journée, avaient tellement épuisé leurs forces, qu'il eût été impossible à la plupart d'entreeux de soutenir une marche

t Rnitlin,

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oji, t-tgtr. tmmçoh,

ùij;iiti!î , D, ViDeiieuif,

P. Leclere Cournind , Salonion.

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(3) J». petit, Bonnet.

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($) Quelque» moi* apte*, le Boi ayant acco I» Légion d'honneur ii chaque lésion do la Gi le corps d'Artillerie qui avait lait parti* île ci comme uni- légion, et irais (le* huit de'corati donnée» aux eleve. Malpaatuli , J. J. Petit,

avait c'tr le plue maltraiic par l'explotion de» girpousjes ; le premier,

pendant lu charge dei Ruiiri, avait terrasié un lancier qui le ternit

de pr*>, et , tVuril élance mur ion cheval , avait couru le joindre»!

l; J. J. Petit occupai! le premier rang tur la tiatt par ont* de

attende la dimion qui tei minait le cour, d'etudei.

ortonne.Duclo». T. l'.oun, et Paya.

, De Cnllion, Dupiii*, tloucan , Heyilclict ,

■ liuit décora tioni de r nationale de Piril, p garde tut ennsiden t qu'il obtint lureol

de l'école polytechnique. [i8i4] 337

nocturne et forcée. Plus des deux tiers se dispersèrent dans Paris, et furent recueillis par des païens ou des amis. Les autres, au nombre de soixante-seize, suivirent le mouvement de la garde jusqu'à Fontainebleau, d'où ils furent envoyés à Orléans , puis a lilois, où ils prirent leurs quartiers dans le Lycée de cette ville. Le jour même qu'ils y arrivaient, tout avait pris en France une face nouvelle. La couronne de Henri iv était replacée sur la tête du frère de Louis xvi. La concorde renaissait entre la France et l'Europe. La monarchie de saint Louis avait recouvré tout ensemble les Pourbons , la paix et la liberté.

Si peu de jours avaient vu se presser ces grands événemens, que, dès le 5 avril , le colonel Greiner, qu'une douloureuse infirmité avait retenu a Paris, df manda au ministre, ou, comme on disait alors, au commissaire provisoire de la guerre, de donner l'ordre aux élèves demeurés dans la capitale, de rentrer à l'Ecole pour y continuer leurs études. Le même ordre fut expédié à ceux qui étaient à Blois ; et, le 18 avril, l'enseignement avait repris son cours ordinaire.

Ce n'est pas que tous les élèves fussent alors arrivés. De trois cent quarante-six dont l'Ecole était composée au commencement de l'année, il ne s'en était présenté qu'un peu plus de deux cents. Une vingtaine, parmi lesquels se trouvaient plusieurs blessés du 3o mars, avaient oblenu des congés pour leur santé. Plus de soixante envoyèrent successivement leur démission. Les uns, devenus Français par la conquête, avaient perdu cette qualité par la r trocession; les autres, qui n'avaient cherché dans

3a8 HISTOIRE

l'Ecole qu'un refuge contre la conscription militaire, ou qui ne trouvaient plus dans le métier des armes la perspective brillante qu'il leur offrait naguère , allaient tenter les carrières nouvelles que la paix venait de rouvrir aux arts, au commerce, et à tous les genres de spéculations. Seize autres furent admis dans la maison militaire du Roi. Ces retraites volontaires étaient, au reste, des plus opportunes. Au milieu de tant de réductions qui s'opéraient alors dans tous les services, k peine osait-on espérer des emplois pour une partie des quatre-vingt-sept élèves que Ton comptait encore dans la division de seconde année. Il fallut beaucoup d'instances et de démarches pour en faire admettre quelques uns dans l'Artillerie , le Génie, et le» Ponts et Chaussées; encore le nombre en fut-il borné d'abord à trente-trois, et porté plus tard à cinquante-trois r grâce à de nouvelles sollicitations du gouverneur.

Ce gouverneur -n'était plus Lacuée, que son devoir, comme ministre de Napoléon, avait obligé de quitter Paris à l'approche des armées alliées. Le gouvernement provisoire lui avait donné pour successeur le général Dejeân, premier inspecteur du Génie. Ce choix fut dignement apprécié par l'Ecole. Mais dix années d'une administration sage et paternelle, et tant de soins vigilans que n'avaient pu même ralentir les soins plus nombreux et plus graves d'un laborieux ministère (i), assuraient à l'ancien gouverneur un tribut légitime de gratitude et de regrets. Le Conseil lui exprima ces senti mens dans une lettre

■ ht ■' vO L'administra lion d« la Céerre.

de l'école polytechnique. [ 1 8 i 4) 3ag

qui accompagnait l'envoi de la collection complète des ouvrages publies par l'Ecole Polytechnique. Cette collection fut aussi présentée, dans le même temps, au magnanime empereur Alexandre, qui l'accepta en témoignage de sa haute eslime pour une institution dont il avait attiré, peu d'années auparavant, quelques anciens élèves à son service (i).

L'année 1814 n' offre plus qu'un seul événement remarquable pour l'Ecole Polytechnique. Le 24 septembre, le duc d'Angouléme, qu'elle devait saluer, deux ans après, du nom de Protecteur, vint, sans avoir été annoncé, la visiter pour la première fois, L'Ecole, qu'il honora depuis de tant de marques de

(i) Ver» la fin de 1809, l'empereur Alexandre voulant créer un corps du Génie dt s voies de communication, dont les attributions devaient embrasser 1rs P011I0 et Chaussée* et une partie du Génie militaire, demanda au Gouvernement fiançais quelques ingénieurs pour former le noyau de ce corps et diriger l'instruction des élèves destinés à en faire partie. Deux ingénieurs ordinaires des Ponts et Chaussées, J. Â. Fabre et P. D. Bazrine, et deux «'lèves de première classe du même service , C. M. Potier et J. A. Dt-strem , furent choisis pour cette honorable mission, et passèrent au service de Russie, avec des giadrs militaires tq ni valant aux grades civils qu'ils avaient en Fiance. Le succès avec lequel ils se sont arquit'és des fonctions qui leur ont été' confiées leur a mérité n» rapide avancement et de brillantes récompenses honorifiques. Les tiois piomiers ont été promu», il y a plusieurs année*, au grade de généralmnjor, le quatrième est colonel depuis 1817 Le général Fabre dit ige les constructions des colonies militaires préside Saint-Pétersbonrg/Le général Bazaine est directeur de l'Institut des voies de communication f qui compte aujourd'hui pies de deux cent cinquante élèves j il préside le Comité des bâtimens et constructions [hydrauliques de la capitale» et siège au Conseil des voies de communication Le général Potier ;esf aussi membre de ce Conseil. D'antres anciens élèves sont entrés an service de Russie avec des grades dans Je même corps. Voyez, dans la liite générale, les noms su i vans): A. 0\ Henry , Cotnpère , Kaacotirl, Lamé , Clapeyron et Docouedic.

Ho HISTOIRE

bienveillance, ftrèalors redevable, à l'intervention de ce prince, d'une augmentation dans le nombre des emplois accordes aux élèves qni avaient terminé le cours d'étudeà, et de plusieurs grâces du Roi envers des fonctionnaires et professeurs.

Les premiers mois de la vingt et unième année (i8i5) s'étaient écoulés au milieu du calme profond que les transactions de 1814 avaient rendu à la France; et déjà l'ardeur que les élèves portaient dans leurs travaux faisait présager les plus heureux résultats dans toutes les branches de l'instruction , quand le royaume se vit soudainement replongé dans la désastreuse situation dont il venait à peine d'être si miraculeusement délivré. Napoléon , échappé de 111e d'Elbe , a repris possession des Tuileries. L'Europe edtière s'ébranle une seconde fois ; le sol français est encore envahi par un million de soldats de toute nation; les élèves, appelés à concourir à la défense de la capitale, sont de nouveau formés en compagnies d'artillerie , exercés à la manœuvre et an tir des bouches à feu , et enfin obligés à un service militaire sous les murs de la ville, jusqu'au 3 juillet, jour où Paris rentra sous l'obéissance du Roi. A. compter de ce jour , les études furent reprises , d'abord avec peu de calme et de suite, à cause de la violente secousse que les derniers événemens avaient donnée à toutes les âmes, puis s^vec assez d'application, et plus de succès qu'on ne l'avait espéré. Ma suite des examens, dont l'ouverture avait été recalée de quelques semaines, soixante-dix élèves furent jugés en état de passer aux écoles spéciales; mais deux services seulement, l'Artillerie et le Génie, leur

de l'école POLYTECHNIQUE. [l8l5] 33i

furent ouverts, et n'en reçurent en tout que cinquante* sept. Il y eut, parmi les autres élèves, quarante-cinq démissions. Le nombre des candidats s'éleva à cent quarante-sept, dont cent furent admis. L'obligation de répondre sur les six premières questions de la Géométrie descriptive avait été retranchée du programme d'admission. On révoqua pareillement la mesure de faire examiner, aussitôt après leur entrée a l'Ecole, les quatre derniers élèves de la lista particulière de chaque examinateur. Le ministre de l'intérieur lit aussi supprimer l'article relatif aux qualités physiques exigées des candidats. Le complet des élèves fut fixé à deux cent vingt.

Napoléon, pendant les trois mois de sa seconde domination, visita l'Ecole Polytechnique, où il ne s'était pas montré une seule fois depuis son avènement au pouvoir suprême. Ce fut à l'occasion de celte visite, que l'Ecole obtint enfin, pour sa bibliothèque, un exemplaire de la Description de l'Egypte, plusieurs fois demandé par elle dans le cours des années précédentes, et toujours sans succès, quoique la plupart des coopéraleurs de ce grand ouvrage fussent sortis de son sein.

Des changemens assez nombreux eurent lieu, à la fin de cette année, parmi les agens de l'instruction. Hassenfratz s'étanl démis des fonctions de l'enseignement, le cours de Physique fut fait, d'abord sous le titre de professeur adjoint, puis avec le rang de professeur titulaire, par Alexis Petit, son répétiteur, l'un des élèves les plus distingués que l'Ecoli; ait produits, et dont elle devait sitôt déplorer la perte. Lacroix quitta l'emploi d'examinateur permanent ,

>^ AISTOIRE

g^,^ ^4**] £ fit remplacé par Poisson. Le Conseil l^ni— rmrnt adressa au premier un extrait ^ <?* ifc&brralions , contenant l'expression de son jttmt* et de ses regrets. Arago devint professeur tbiiucr* du cours de Géométrie descriptive, pou: **%|u*l il suppléait Mouge; enfin J. Binet, ancien réprtiteur de ce cours, et qui, depuis deux ans». avait remplacé Ferry dans l'emploi d'examinateur pour la Géométrie descriptive et les arts graphiques, fut choisi pour succéder à Poisson dans les fonctions de professeur de Mécanique. Le cours d'Analyse de Labey, dont Poinsot était chargé depuis 1809, arec le titre de professeur adjoint, fut temporairement confié celle année à Cauchy, ancien élève, et ingénieur des Ponts et Chaussées. Ce cours avait été hit, en 181 3 et 18 14* par A. A. L. Reynaud, qui en était répétiteur ,- et qui remplissait en outre, depuis 1810, le fonctions d'examinateur pour l'admission k l'Ecole. Le Conseil de perfectionnement, qui n'avait pas été convoqué Tannée précédente, s'assembla dès le mois d'oclobre. Ses principaux soins, outre les nominations que nous venons de rapporter , eurent pour objet de régler les dépenses de l'Ecole, d'après la rigoureuse parcimonie qu'imposait alors à la France l'accablant traité qui termina la seconde invasion européenne. A un retranchement de 36, 000 francs opéré en 181 4 1 on en ajouta un second de 5 1,000 francs; en sorte que le budget de l'Ecole se trouvait abaissé de 267,000 francs à 180,000. Cette économie se composa, en grande partie, de diminutions sur les traitemens, sur le matériel de l'instruction, qui fut réduit de 4o,ooo francs à a4»ooo, et sur la somme

DE L ÉCOLE POLYTECHNIQUE. [l8l5] 333

destinée aux bourses, dont on ne conserva que la moitié. Il y ent aussi quelques suppressions, dans lesquelles fut compris l'emploi de maître de dessin occupé par Mérimée. Le rapport de cette session étant le premier que le Conseil de perfectionnement devait présenter au Roi, il parut convenable de le cornposer presque entièrement d'une notice développée sur l'Ecole Polytechnique, indiquant ses organisations succes^és , son plan d'enseignement, Je mode de ses examens , et les résultats qu'elle avait produits à l'avantage des sciences et des services publics. Le Conseil rappela ensuite les demandes déjà formées pour que les emplois dans l'administration des Poudres et Salpêtres, et dans le eprps des ingénieurs hydrographes, fussent exclusivement réservés aux élèves de l'Ecole, et supplia le Roi d'y satisfaire -, ce double vœu ne tarda pas à être exaucé. Le Conseil déclare , en terminant, « que la conduite des élèves est sage « et régulière. »

Ce témoignage honorable fut rendu le i5 mars 1816. Mais, pour employer les ex pressions du même Conseil, dans un rapport antérieur de six années, «l'expé- « rience ne suffit plus, lorsqu'il s agit de prévoir les a mouvemens inopinés d'une jeunesse facile , et qui « cède, comme les flots, à Forage que les passions « excitent dans quelques têtes ardentes et désor- « données. » Le 1a avril, les élèves étaient en état d'insubordination ouverte : le i3, ils furent licenciés.

L'acte qui donna lieu à cette mesure rigoureuse, fut la suite d'une faute grave à laquelle avaient pris part un grand nombre des élèves de première année. Le gouverneur ayant ordonné d'infliger à plusieurs

de l'école poltechmque. [181GJ 335

« mens. » Puis, après les avoir défendus de l'imputation qui leér étaU faite d'avoir un mauvais esprit, il ajoute ces mpts remarquables :-« à moins toutefois « qu'on n'appelle de -ee^om , cet esprit d'indocilité « qu'on se plaint avec raison que la jeunesse apporte « des Lycées. » Op peut inférer de là , que les fautes particulières contre la discipline devaient être aises nombreuses ; de telles fautes se commettent journelment dans toys les porps soumis à une police rigide, et n'appellent jamais l'attention de l'autorité publique* 11 n'en est pas ainsi des actes d'insubordination combinés et collectifs. Voici comment s'exprime, à ce sujet, le préambule de l'ordonnance royale :

« Mous avions reconnu l'utilité de l'Ecole Poly- «c technique pour le progrès des sciences et des arts, « et pour l'amélioration des services public*. Nous « avions ordonné à nos ministres de l'intérieur et de « la guerre de nous soumettre une nouvelle organise sation de cet établissement, afin d'étendre ses « avantages, de lui donner un nouvel éclat, et de le « porter à la perfection dont il est susceptible. Mais « la désobéissance récente et générale des élèves de « cette Ecole aux ordres de leurs chefs , en même « temps qu'elle nécessite une prompte Répression <( et un exemple pour l'avenir, vient de nous prouver « que ces élèves , s'ils étaient introduits dans les sei* « vices publics , y porteraient l'esprit d'indiscipHnt « dont ils sont animés* »

Malgré la sévérité de ces expression» , les élèvw purent bientôt reconnaître que le coup qui les avait frappés était parti d'une main paternelle» D'abord, daos l'ordonnance atae du licenciement, le Roi

avait enjoint « qu'il lni fût rendu compte de la con- « duite du petit nombre d'élèves qui n'avaient pas « pris part au dernier acte d'insubordination, se rec servant de statuer à leqf -égard, lorsque VEcole « serait rétablie et recomposée. » Mais , un peu plus tard , l'indulgence royale franchissant les bornes quelle s'était d'abord* imposées, la disposition suivante fut placée à la suite de l'ordonnance de réorganisation : « Les élèves présens à l'Ecole Polytechnique « à l'époque du licenciement , seront admis, en 1817, « au concours des Ecoles d'application , en justifiant « de leur bonne conduite et de la continuation de « leurs études ; à cette Cn , des lettres d'examen leur « seront délivrées par les ministres dans les attribu- € tions desquels sont les services publics auxquels « ils déclareront se destiner; et cependant notre « ministre de la guerre pourra nous proposer de les « placer dans les divers corps de la ligne, suivant « les besoins. » Beaucoup dVlèves licenciés profitèrent de l'avantage qui leur était offert. Quatre-vingtquinze reçurent des lettres d'examen. Quatre-vingtdeux seulement se présentèrent au concours, et soixante-douze furent jngés admissibles dans Us services publics. L'Ecole de Metz, pour l'Artillerie elle Génie, eu reçut quarante-s< pt; l'Ecole des Mines, trois ; celle des Ponts et Chaussées, huit; l'administration des Poudres et Salpêtres, un \ et le corps des Ingénieurs géographes, quatre. Les autres obtinrent, sur leur demande, des sous- lieu tenances dans les troupes de ligne, et entrèrent ensuite dans le corps royal d'Etat-major, qui fut créé quelques mois après. L'ordonnance royale pour la réorganisation de

de l'école polytechnique. |"r8i6] 337

l'Ecole Polytechnique fut rendue le 4 septembre 1816. Cet important travail avait été confié à une commission nommée par les ministres <Je l'intérieur et de la guerre, et prédite par l'illustre Laplace. Les autres membres étaient: le vicomte* de Caux, officier général du Génie et conseiller d'Etat (1); le coihte de Caraman , officier supérieur d'Artillerie ; le baron Héron de Villefosse, ancien élève, inspecteur divisionnaire des Mines et maître des requêtes; et le lieutenant- colonel du Génie, Paulinier de Fontenil les, secrétaire-général du ministère de l'intérieur.

Les amis de cette belle institution ne lurent pas, sans un vif sentiment de reconnaissance , ces paroles du préambule :

« Nous espérons que le concours d'hommes dis- «c t ingués auxquels nous confierons le soin de jeunes « gens choisis d'après leurs connaissances et leur a bonne conduite , produira dans cette Ecole Fheu- « reux accord des principes et des lumières, qui « contribue puissamment k la prospérité des Etats -, « mais rien ne nous a paru plus propre à donne* un « nouvel éclat à cette Ecole , à assurer sa durée et « sa prospérité, qu'en la mettant sot* la protection « d'un prince de notre famille. Nous aimons à croire « que les élèves qui y seront admis apprécieront « cette nouvelle preuve de notre sollicitude pater- « nelle, et se feront distinguer, dans les diverses « carrières qu'ils seront appelés à parcourir, parles a vertus et les talens dignes de leur éducation. »

L'article premier est ainsi conçu : « L'Ecole royale

(1) Au jonrd'hui ministre de lt gutrre.

dr l'écolk polytechnique, [1816J 33g

n services civils et l'autre aux services militaires. Il

"" s'assemble au moins une fois par trimestre, pour en-

"** tendre un rapport du président sur la situation de

l'établissement, considéré sous le point de vue de

H l'ordre public. Pour cet effet , le chef de l'Ecole rend

compte a ce président de tout ce qui concerne le

= bon ordre, les mœurs et l'accomplissement des devoirs.

— Le président prend lui-même dans l'Ecole tous les

renseiguemens nécessaires sur les objets de sa haute

surveillance, convoque le Conseil, et rend compte

aux ministres de l'intérieur^de la guerre et de la

marine.

Les fonctions d'examinateur pour l'admission à l'Ecole, d'annuelles qu'elles é taient, deviennent permanentes, et sont déclarées incompatibles avec celles de professeur ou de répétiteur à l'Ecole Polytechnique, ainsi qu'avec les fonctions de professeur, instituteur ou directeur de tout établissement d'instruction publique, dans lequel on formerait des candidats pour l'Ecole.

L'auteur latin, dont chaque candidat doit traduire un morceau, est de la force de ceux qu'on explique en réthorique. — Tout candidat qui se destine à un service public doit réunir les qualités physiques qui conviennent à sa destination. Celte condition avait été supprimée en 1814. — Chaque candidat, après avoir déclaré à l'examinateur à quel service il se destine de préférence, doit indiquer suivant quel ordre son choix se porterait sur les autres services, à défaut de place dans celui qu'il aurait préféré. — Un candidat peut entrer à l'Ecole seulement pour y puiser rinstruclion, et sans se destiner à aucun service pu-

34o HISTOIRE

blic. Si, devenu élève, il veut concourir pour un service, cela loi est accordé-, mais il ne peut concourir qu'avec les élèves admis dans Tannée pendant laquelle il a fait sa nouvelle déclaration (i).

Les deux examinateurs permâj^ns des élèves doivent être choisis dans l'Académie des Sciences, et nommés par le Roi sur la présentation des trois ministres de l'intérieur, de la guerre et de la marine. — Les examinateurs temporaires , pour la physique , la chimie et la géométrie descriptive, continuent d'être nommés, chaque année, ppr le ministre de l'intérieur, mais sur la présentation du Conseil de perfectionnement.

Les deux examinateurs permanens , pour les mathématiques, doivent assister aux examens annuels, dans les écoles, d'application , l'un à Metz, l'autre à Paris ; et chacun d'eux a voix dans le Jury formé pour le classement des élèves de l'école où il aura suivi les examens.

Les Jurys d'examen sont maintenus dans leur composition. Ils ont pour président celui du Conseil de perfectionnement. Toute lettre d'admission doit faire mention expresse du numéro d'ordre obtenu par le candidat (a).

Le cours à" Art militaire est supprimé. — Le professeur du cours d'Analyse appliquée à la géométrie des trois dimensions > doit enseigner aussi la partie

(i) IU peuvent maintenant concourir avec les élèves de leur promotion.

(a) Celle disposition ne s'exécute plus, depuis que le Jury, eaTfrta de l'ordonnance du ao octobre 1822, classe les candidats, par oiJre de me ri le , en autant de liste» qu'il jr a eu d'examinateurs.

DE l'école polytechnique. [1816] 34»

théorique de la géodésie^ et Y arithmétique sociale.

— Les cours $ Analyse et de Mécanique sont faits par un seul et même professeur pour chaque division.— Au cours de Grammaire et de Belles-Lettres est joint un cours d'Histoire et de Morale.

Le chef de l'Ecole reprend le titre de directeur. 11 est chargé d'assurer l'exécution Journalière des réglemens, et de présenter au Conseilde perfectionnement les renseignemens , comptes et projets de budgets dont ce Conseil s'occupe. Il rend compte, pour tovit ce qui concerne l'instruction, l'administration et la police de l'Ecole, au ministre de l'intérieur, dont il doit exécuter les ordres. Il correspond avec le Pair de France, président du Conseil d'inspection, sur tout ce qui est de la compétence de ce Conseil.

— Le directeur est choisi parmi les fonctionnaires principaux, soit en activité, soit en retraite, des services civils ou militaires auxquels l'Ecole fournit des élèves.

Sous les ordres du directeur, un inspecteur des études surveille et constate l'exécution des programmes d'enseignement, tant de la part des professeurs que de la part des élèves. Il seconde le directeur dans ses fonctions, et le supplée en cas d'absence ou de maladie.

Six sous-inspecteurs , nommés par le ministre de l'intérieur, et choisis, autant que possible, parmi les fonctionnaires en activité dans les services publics, sont chargés d'exercer une surveillance journalière sur les élèves, tant pendant les études que hors des études. — On a vu que le gouverneur et les Conseils avaient fréquemment sollicité pour que la police des

t*Wt^ jift confiée 4 des fonctionnaire» des semtra rtàibs» Cette disposition de Tordouamee sattd&a «*£n à leurs demandes, et ponrvoit à nn besoin essentiel. On en éprouve , depuis doue ans , les lnu» renx effets.

Un ecclésiastique est attaché à l'Ecole en qvxiu* d'aumônier : il y remplit les fonctions de son ■ônrtère ; il entretient par ses instructions les sentais» religieux parmi les élèves. — La place d'auinc: avait été créée en i8i4«

Le titre de quartier-maître est remplacé parafa de trésorier-archiviste-secrétaire des Conseils mtériecrs, c'est-à-dire des Conseils d'instruction et tration.— Le Conseil de perfectionnement chaque session , un secrétaire parmi ses membres.

La composition du Conseil d'instruction éproore peu de changemens. L'ordonnance comprend p» ses membres l'aumônier, et en retranche l'administrateur et l'officier de santé.

Le Conseil d'administration est composé da directeur , qui le préside ; de l'inspecteur des études, d'un professeur, de deux sous-inspecteurs, de l'administrateur et du trésorier. Ces deux derniers n'y ont que voix consultative.

A la suite de l'ordonnance de réorganisation, les nominations et mutations suivantes eurent lieu parai les fonctionnaires de l'Ecole :

Les trois Pairs de France que le Roi appela 1« premiers au Conseil de perfectionnement furent le duc de Doudeau ville , le comte de La Martillière, lieutenant- général d'artillerie, et le marquis de Ni-

de l'école polytechnique. [1816] 343

colaï.— La présidence fut donnée, la première année , au duc de Doudeactville.

Le général baron Bmebu , du corps de l'Artillerie, fnt nommé directeur.

Les fonctions d'inspecteur des études furent données à J. Bînet , professeur de mécanique.

L'abbé Richard remplaça l'abbé Massé dans celles d'aumônier , qu'il exerçait depuis la création de cette place.

Prony succéda à Legendre , qui se démit de l'emploi d'examinateur permanent.

Duhays, professeur du cours d'Art militaire qui Tenait d'être supprimé , fut chargé du cours de géométrie descriptive , que faisait précédemment Hachette, et passa presque aussitôt de cet emploi à celui d'administrateur. Le cours de Géométrie descriptive fut alors confié à F. Leroy, maître de conférences à l'Ecole Normale.

Les Cours d'analyse et de mécanique eurent pour professeurs, Ampère, qui faisait précédemment l'un des cours d'Analyse , et Cauchy , qui avait été chargé de l'autre pour 1816. — Labey fut admis à la retraite.

Le cours d'Histoire et Belles-Lettres fut confié à Aimé-Martin.

Regnault, de l'Académie des Beaux-Arts, futnommé professeur de dessin en remplacement de Vincent, qui était mort un mois avant la réorganisation.

Poinsot, Reynaud, et Dinet, furent nommés examinât eu rs pour l'admission à l'Ecole.

L'inspecteur des élèves, Gardeur-Lebrun , fut d'abord choisi pour administrateur ; mais son âge déjà

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