TROISIÈME PARTIE
Pétersbourg
Elle fut publiée dans les Mémoires de l’Académie de Sainl- Le souvenir des tr inscriptions runiques de Sibérie v s’était à peu près perdu , lorsque, à la fin du siècle dernier, l’impératrice Catherine II envoya une nouvelle mission à leur recherche. Cinq nouvelles inscriptions furent ainsi livrées au monde savant. Pallas, Tychsen, Abel Rémusat, s’appliquèrent leur étude; Klaproth mit en lumière le mouvement civilisateur auquel elles devaient leur origine et démontra le caractère plus européen qu’asiatique de cette épigrapbie. Son mémoire parut dans \e Journal asiatique , en 1828.
Quelques années plus tard, en 18/17, Castrén entreprit lui-même un voyage dans ces contrées et y fit de nouvelles découvertes, qui rappelèrent l’attention sur ces monuments.
Jamais pourtant les inscriptions de riénisséi n’avaient été relevées d’une façon assez complète pour qu’on pût en tenter le déchiffrement avec chance de succès. Enfin, en 1887 et 1888, la Société archéologique de Finlande envoya en Sibérie, sous la direction de M. O. Donner, deux expéditions successives, qui en rapportèrent trente-deux inscriptions. Elles ont été publiées dans un recueil du plus haut intérêt, auquel nous avons enqu’unté les renseignements qui pré-
Inscri()lion découverte par Klementz, en i88a.
cèdent Une autre mission, confiée par le gouvernement russe à M. N. ladrintseff, a abouti de son côté à une publication importante qui complète les résultats de la mission finlandaise. M. ladrintseff a trouvé des inscriptions analogues à celles de l’Ob et de l’Iénisséi au delà de la frontière russe, sur les bords de l’Orkboun, au sud de Kiakbta, dans les environs de l’ancienne ville de Kara-Korum, dont nous pouvons, grâce à lui, déterminer l’emplacement.
Deux inscriptions chinoises, dont une bilingue, en caractères ouïgours et chinois, qui viennent des mêmes parages, permettent de dater les inscriptions sibériennes avec un grand degré de probabilité. Le texte chinois de l’inscription bilingue mentionne le beg Koek-Klian, qui fonda en 7/ià le Klianat des Turks ouïgours; l’autre inscription nous donne le nom des Kien-Kouen, qui cessa d’être en usage à partir de l’an 768.
M. Hamy, en présentant à l’Académie des inscriptions et belles-lettres un travail de M. Devéria sur les inscriptions sibériennes, a indiqué les faits principaux qui se dégagent de leur découverte. Les inscriptions de l’Iénisséi se lisent de droite à gauche et paraissent appartenir à une écriture alphabétique; du moins on n’y a reconnu jusqu’à présent que quarante ou quarante-deux caractères dilférents, chiffre qui n’a rien de surprenant pour un alphabet oriental. D’après
Inscriptions de Vlénisséi recueillies par la Société Jinlandaise d’archéologie , Helsingfors, 1889, in-folio. Je dois k M. Gordier d’avoir pu consulter et e'Uidier à loisir ce mémoire, encore peu répandu en France.
Anciais caractères trouvés sur des pierres de taille et des monuments au bord du Orlchon, dans la Mongolie orientale, par l’expédition de M. ladrintsejf en 188g, Saint-Pétersbourg, 1890, in-folio oblong.
Comptes rendus de l’Académie des inscriptions, 91 nov. 1890, p. 425, 426 et 448-458.