‹ Histoire de l'écriture dans l'antiquitéChapitre 16 sur 112 · INSCRIPI'ION DE ROSETTE · texte numérisé non relu

INSCRIPI'ION DE ROSETTE

ÉGUITURE ÉGYPTIENNE.

avait emmené avec lui tout un état-major de savants, dont les travaux ont abouti à la Description de l’Egypte, magnifique ouvrage dans lequel parurent pour la première lois une quantité de textes hiéroglyphiques nouveaux. C’est au cours de ces recherches qu’en 1799 un officier d’artillerie nommé Boussard découvrit la célèbre inscription de Rosette, aujourd’hui au British Muséum, qui a fourni à Ghampollion la clef du déchilfrement des hiéroglyphes. Nous la publions d’après un montage que M. Le Page Renouf avait bien voulu faire exécuter pour l’Exposition de l’Histoire du travail. Cette inscription, rédigée en trois écritures, liiéroglypliique, démotique et grecque, est un décret solennel rédigé par les prêtres en l’honneur de Ptolémée V. Un passage de l’inscription grecque était de nature à guider les recherches des savants et à les empêcher de s’égarer. Il y est dit que cette inscription est écrite en écriture sacrée, en écriture populaire et en écriture grecque.

M. Maspero, auquel nous empruntons ces détails, a exposé de main de maître, dans son Histoire ancienne , l’histoire du déchiffrement des hiéroglyphes, ainsi que les principes de l’écriture égyptienne h).

Dès 1802, Silvestre de Sacy, s’attaquant à l’inscription démolique, y reconnut des groupes de signes qui devaient répondre aux noms de Ptolémée, de Bérénice et d’Alexandre, fournis par le texte grec du décret de Rosette. Presque en même temps, un Suédois, Akerblad, donnait un premier essai de traduction de l’inscription démotique, dans la-

f’' Htsloire ancienne des peuples de l’Orient, k° édition, Paris, Hachette, 1886, p. 798-744. Nous avons aussi profité de l’étude de M. Devéria sur l’écriture égyptienne, qui se trouve insérée dans les Ecritures figuratives de M. de Rosny (Paris, 1860).

quelle il avait deviné une écriture alphabétique, et il parvint à déterminer la valeur de la plupart des caractères de l’alphabet démolie] ue égyptien. Peu après, l’Anglais Th. Young entreprit de déchiffrer l’inscription hiéroglyphic[ue. 11 passa quatre ans à analyser les groupes dont elle se compose et à les comparer à ceux de l’inscription démotique; enfin, en 1819, appliquant les résultats de son étude aux cartouches royaux qui répondent aux noms de Ptolémée et de Bérénice, il reconnut là aussi, avec une merveilleuse pénétration, certains éléments alphabétiques; mais sa méthode, trop peu rigoureuse, ne lui permit pas d’aller au delà.

Champollion reprit à son tour le problème. François Gliampollion, qu’on appelle Champollion le jeune, pour le distinguer de son frère aîné Champollion -Figeac, s’était déjà fait connaître par les premiers volumes de son grand ouvrage sur l’Egypte sous les Pharaons, parus de 1811 à 181 /i et dans lesquels il avait établi que les trois systèmes d’écriture égyptienne, hiéroglyphique, hiératique et démotique, n’étaient que des formes successives, de plus en plus cursives, de la même écriture. Après avoir cru pendant assez longtemps que les hiéroglyphes répondaient non à des sons, mais à des idées, il entra dans la voie où Young s’était arrêté, et il réussit à décomposer dans ses éléments

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