‹ Histoire de l'écriture dans l'antiquitéChapitre 20 sur 112 · ÉCRITURES HIÉRATIQUE ET DÉMOTIQUE · texte numérisé non relu

ÉCRITURES HIÉRATIQUE ET DÉMOTIQUE

une direction uniforme; au lieu de s écrire indifféremment de droite à gauche ou de gauche à droite, comme les hiéroglyphes, l’écriture hiératique s’écrit invariablement de droite à gauche. Nous en donnons, d’après M. Maspero, trois spécimens, correspondant à trois périodes différentes de son existence.

Le premier est emprunté au papyrus Prisse (xi® dynastie) : Le deuxième se rapporte à la xix® dynastie :

Le troisième est d’époque gréco-romaine : .

La ressemblance extrême de ces caractères , qui se confondent souvent les uns avec les autres, rend la lecture de l’écriture hiératique particulièrement difficile; aussi l’avait- 011 fort négligée et a-t-il fallu les travaux de M. Maspero pour y porter la lumière.

Enlin, entre la xxi® et la xxv® dynastie, les nécessités commerciales ont donné naissance à une troisième forme d’écriture, l’écriture populaire ou démotique. C’est celle qui porte • le nom d’cr écriture indigènes, èyywptcL }^pap.fxaTa , sur l’inscription de Rosette. Saint Clément d’Alexandrie, dans ses Stromales, la nomme cf épistolographiquen, v (lédoSos èmaloloypa^piM]-, en effet, à partir de ce moment, elle a été

employée à l’exclusion des autres pour la correspondance. Dans l’écriture démotique, les caractères s’abrègent, diminuent de nombre et de volume, et en arrivent à si bien perdre leurs formes caractéristiques , que parfois il est assez malaisé de distinguer l’écriture démotique d’autres écritures purement alphabétiques tracées sur papyrus :

Ainsi, nous trouvons à l’origine de l’écriture égyptienne l’idéogramme simple, et nous pouvons suivre toutes les transformations qui, en passant par le syllabisme, l’ont amené à exprimer des lettres isolées. Cette dernière réforme était la suite nécessaire des progrès du langage, qui, en introduisant dans l’économie des mots les flexions avec leurs changements incessants, rendaient insuffisant l’usage non seulement des signes idéographiques, mais d’une écriture où chaque syllabe formait un tout parfaitement clos. Du moment qu’un signe, pris phonétiquement, n’exprimait plus le mot pris dans son entier, comme en chinois, mais seulement une des parties du mot, on devait être conduit à simplifier encore plus l’écriture, en donnant à tous les caractères la valeur de simples articulations et en jetant pardessus bord l’idéographisme. Les Egyptiens ne se sont pas élevés si haut; ils sont restés captifs de leurs hiéroglyphes, et n’ont jamais réussi à en isoler entièrement l’alphabet qu’ils avaient entrevu. C’est aux Sémites qu’était réservée cette création, l’une des plus grandes et des plus fécondes du génie humain.

HIÉROGLYPHES HITTITES

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