‹ Histoire de l'écriture dans l'antiquitéChapitre 25 sur 112 · PHÉNICIEN , PHÉNICIEN · texte numérisé non relu

PHÉNICIEN , PHÉNICIEN

IIIERÜGLÏPHES. .. , HIEROGLYPHES.

ARCH-UQUE.

I (g'’ec),

Y (grec), Y.

O; cp; /\.

L’aspiration dure, helh 0, N, a été tirée de l’aspiration simple, hé 3, par l’addition d’un trait à gauche. Les sifflantes présentent un phénomène analogue et paraissent être toutes sorties d’un ou deux types; c’est ainsi que la sifflante forte, çade V, s’est formée de la sifflante douce, zaïn a/, de la même manière que le helh s’est formé du hé. La même particularité se remarque pour d’autres lettres dont la parenté phonétique est, il est vrai, plus éloignée : le d et r?’ ; Xaïn [gh) o et le qof [q) (p. Le ih © enfin

serait, suivant une récente hypothèse de M. Halévy, le tau x inscrit dans unum o. Peut-être même le k >| n’est-il qu’un

archaïque.

A (grec), qc.

^ (grec),

>1 (grec),

ra

TtTiT

redoublement du g /\^')? D’une façon générale, la ressemblance du phénicien avec l’écriture hiératique, au lieu de s’accuser, diminue quand on remonte aux formes les plus anciennes de l’alphabet, que M. de Bougé ne pouvait encore connaître; les lettres ont, dans l’alphabet phénicien primitif, quelque chose de plus anguleux et, si l’on peut s’exprimer ainsi, de cunéiforme.

Toutes ces difficultés ont conduit certains savants à chercher l’origine de l’alphabet phénicien dans l’écriture cunéiforme, soit chaldéenne, soit assyrienne. Cette théorie a pour elle une autorité que ses auteurs n’ont pas invoquée, que je sache, celle de Pline, qui dit quelque part : «Pour moi, je persiste à croire que l’alphabet est d’origine assyrienne. Litteras semper arhitror assyrias fuisse. v> 11 ajoute, il est vrai : «Mais d’autres veulent, comme Aulu-Gelle, qu’il ait été trouvé en Egypte par Mercure, d’autres encore en Syrie La découverte des tablettes de Tell-el-Amarna^^) donne quelque vraisemblance à cette manière de voir.

Les rapprochements qu’on a voulu faire entre l’écriture chaldéenne ou ses dérivés et le phénicien n’ont pourtant ni la précision ni la rigueur scientifique que l’on doit demander à ces sortes de démonstrations. M. Deecke prend à des écritures d’époques et de lieux très différents les formes qui ont, suivant lui, servi de modèle à l’alphabet;

Il convient de remarquer qu’en assyrien certaines syllabes forindcs à l’aide du g et du k sont rendues par les mêmes caractères. Voir plus haut,

Deecke, Der Urspruiig des altsemhischen Alphabets ans derneu-assijrischen Keilschrift, dans la Zeàsc/u’. der D. morgen. Gesellsch., 1877, p. ioa-i5/i. — Fr. Hommel, Abviss der Geschichte des allen Orients, 1887, p. 57.

Ilist. nat., I, 4i 2.

Voir plus haut, p. 6q.

ORIGINE DE L’ALPHABET

mais il est facile de trouver dans l’ensemble du syllabaire assyro-babylonien vingt-deux caractères capables d’étayer n’importe quelle théorie. S’il est une règle dont on ne doive à aucun prix s’écarter, c’est de ne prendre qu’à un seul type d’écriture les formes sur lesquelles on veut appuyer sa démonstration.

On a aussi tenté d’expliquer les formes de l’alphabet phénicien non plus directement par l’écriture cunéiforme, mais par l’écriture cypriote, qui était considérée naguère encore comme un de ses dérivés. Cette hypothèse a pris une signification et une portée toutes nouvelles, depuis que les derniers travaux relatifs aux inscriptions de la région de Hamath ont appelé l’attention sur les liens qui paraissent unir l’écriture cypriote aux hiéroglyphes hittites et l’on voit poindre une nouvelle théorie, qui répond à la troisième des opinions rapportées par Pline, et d’après laquelle l’alphabet phénicien serait né de l’écriture des Khétas. 11 ne faut jamais condamner une idée avant qu’elle ait fait ses preuves; mais nous avons beaucoup de peine à admettre que l’alphabet soit sorti d’une écriture aussi imparfaite; en tout cas, la démonstration reste encore à fournir.

Nous croyons donc qu’il faut maintenir l’opinion, déjà très répandue dans l’antiquité, qui fait venir d’Egypte l’alphabet phénicien. La tradition s’en est perpétuée jusqu’à Tacite, qui l’a exprimée dans les termes suivants : crLes Egyptiens, les premiers, se servirent de figures d’êtres animés pour exprimer les idées; ils furent même, à ce qu’ils disent, les inventeurs des lettres. Puis les Phéniciens, qui étaient les maîtres des mers, les importèrent en Grèce, et

Voir plus haut, p. 89 , 1 1 1 et 1 1 2.

011 leur attribua la gloire d’avoir inventé ce qu’ils avaient reçu des autres, n

Quoi qu’il en soit, le passage des hiéroglyphes à l’alphahet paraît n’avoir été ni si direct ni si simple qu’on l’avait cru jusqu’à ces derniers temps. Les inscriptions cypriotes, et surtout les hiéroglyphes hittites, montrent par quels tâtonnements on a passé avant d’inventer l’alphahet.

L’ALPHABET PHENICIEN PRIMITIF.

Les inscriptions ne nous permettent pas de remonter jusqu’à l’époque de riiivention de l’alpliahet. Pourtant nous pouvons arriver à nous faire une idée assez exacte de la forme première des lettres phéniciennes. La stèle de Mésal^^, qui a le grand avantage de pouvoir être datée avec une précision presque absolue (environ SqS ans avant J. -G.), nous donne la série complète des lettres de l’alphabet près de neuf cents ans avant notre ère. 11 faut en rapprocher une autre inscription qui est tracée sur le bord d’une coupe en bronze trouvée vers 1876 dans l’île de Chypre et dédiée au Dieu-Liban par un personnage qui s’intitule ff serviteur ou et ministre de Hiram, roi des Sidoniens n Ce Hiram est-il le contemporain de Salomon ou l’un de ses successeurs? La chose est douteuse; mais le caractère de l’écriture, qui n’est guère moins archaïque que celle de la stèle de Mésa, nous oblige à placer cette inscription au plus lard 800 ans avant J.-G. G’est probablement la plus ancienne inscription phénicienne que l’on connaisse.

Voir plus loin, p. 188-192.

Coqnts tnscriptionum semiticarum , i" parlie, t. 1, n° 5.

Coupe du l5aal-Lebaiion.

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