‹ Histoire de l'écriture dans l'antiquitéChapitre 33 sur 112 · NE MED MALO STATOD · texte numérisé non relu

NE MED MALO STATOD

no me nialo sislito.

Jupiter ou quel que soit le dieu auquel celui-ci m’adressera, que celui-ci ne tombe point entre tes mains pour ce qu’il a pu commettre. Mais laisse-toi fléchir par nous au moyen de ce don, au moyen de ces ce'rémonies. Duenos m’a offert en hommage pour son repos; ne me prends pas en mauvaise part pour Duenos.

Les caractères ont la même forme que dans les plus anciennes inscriptions de Grèce et d’Etrurie. On remarquera spécialement la forme très archaïque de TM, lt\, du P, 1, du Q, ?, de TR, de TE, L’alphabet offre, en outre, certaines particularités sur lesquelles nous aurons à revenir : il n’y a pas de Z; le G est représenté par le G, qui correspond ainsi en même temps à la gutturale douce et à la gutturale forte; à deux reprises même, le scribe a écrit K, puis l’a corrigé en G. Enfin, l’écriture est dirigée de droite à gauche. C’est la première fois que nous rencontrons à Rome cette disposition, qui est d’un emploi fréquent en ombrien, en osque et en étrusque, et qui s’est perpétuée à Falérie jusqu’au u® siècle avant Jésus-Gbrist.

L’inscription de Duenos est la seule inscription latine qui puisse nous donner une idée de la physionomie que devait avoir la Lui des douze tables. Si nous passons de cette inscription aux anciens as libraux, qui sont peut-être contemporains, le saut est fait : ce n’est plus l’ancien alphabet latin, mais l’alphabet athénien, introduit à Rome par les maîtres d’école grecs.

Depuis ce moment, l’alphabet latin n’a plus guère varié.

ALPHABET LATIN

pour la forme des caractères, jusqu’à la fin de l’empire romain. Il se distingue de l’alphabet grec par une certaine lourdeur des lettres, dont les déliés sont moins marqués, et par une tendance à arrondir les angles : S devient S; A et n deviennent D et P, suivant en cela le b, cjui déjà dans l’alphabet grec classique était devenu B. Pour la lettre r, les Latins ont fait un petit coup d’état que nous trouvons déjà ébauché dans les alphabets grecs du sud de l’Italie. Ils ont prolongé la boucle par un trait oblique, P, pour le distinguer dup, avec lequel il se confondait entièrement.

Un décret de Paul Emile, gravé sur une plaque de bronze et qui date de l’an 190 avant J.-G., nous présente déjà tous ces caractères :

c’est le décret accordant aux esclaves des Hastenses, qui habitaient la tour de Lascuta, la liberté et la propriété de leur ville ainsi que des terres qu’ils occupaient Cette belle inscription, qui a été trouvée près de Gibraltar en 1867, est actuellement au musée du Louvre. M. Héron de Yillefosse a bien voulu nous fournir les moyens de la reproduire ici d’après l’original.

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