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L’écriture que nous font connaître les manuscrits pelilvis est une de ces écritures abâtardies dans lesquelles les lettres ont perdu toute individualité. Au contraire, si l’on se reporte aux inscriptions et aux monnaies sassanides, on y trouve un alphabet dont les caractères, quoique déjà fort altérés, ont encore leur physionomie propre et permettent de saisir la fdiation qui relie le pehlvi à l’alphabet araméen. Cette parenté est encore plus marquée sur les monuments en langue chaldéenne, mais en caractères pehlvis, dont le plus important est l’inscription bilingue de Hâdjîâbâd. On a donné à ces caractères, employés spécialement pour écrire le chaldéen, le nom de Chaidéo-pehlvi.
Par l’inscription de Hâdjî-âbâd , le pehlvi se rattache directement à l’alphabet des monnaies frappées jusqu’au \ f siècle de notre ère dans diverses provinces de l’Iran, et notamment des monnaies persépolitaines, qui sont araméennes.
ALPHABETS ZEiND ET PEHLVI.
pour la langue comme pour le caractère. L’intervalle, de plusieurs siècles peut-être, qui sépare les plus anciennes de ces monnaies des inscriptions araméennes de l’époque achéménideW, explique les grandes différences paléographiques de ces deux catégories de monuments; d’ailleurs, plus on se rapproche de l’Occident, plus la parenté de l’alphabet arsacide avec l’ancienne écriture araméenne devient sensible.
Fr. Lenormant avait cru pouvoir expliquer le peblvi par le palmyrénien, qui présente avec lui de grandes analogies. 11 est probable que l’origine des alphabets iraniens remonte plus haut et qu’ils se rattachent directement à l’ancien alphabet araméen des Achéménides. 11 ne faudrait pas d’autre part s’exagérer la distance qui séparait le palmyrénien du peblvi. Le palmyrénien était, comme nous le verrons tout à l’heure, un dérivé de l’alphabet araméen, à peu près contemporain des plus anciennes monnaies peblvies. Une pente insensible conduit de l’alphabet araméen de l’époque perse jusqu’à ses différents dérivés; mais, à mesure qu’on avance, les versants se séparent et les différences s’accentuent.
L’usage du peblvi s’est perpétué chez les Parsis adorateurs du feu, que l’on appelle en Orient du nom injurieux de Guèbres. Ils s’en servent encore aujourd’hui pour leurs livres sacrés. Mais l’ancien alphabet de la Perse devait être détrôné par une autre branche des alphabets sémitiques, l’arabe, qui a évincé, partout où il a passé, toutes les autres écritures, de même que l’alphabet araméen avait supplanté l’écriture cunéiforme et tous ses dérivés. C’est cette dernière phase de l’histoire de l’écriture qu’il nous reste à étudier.
Voir plus haut, p. a j 3-aao.