‹ Histoire de l'écriture dans l'antiquitéChapitre 62 sur 112 · INSCRIPTION DE LA SYNAGOGUE DE PALMYRE · texte numérisé non relu

INSCRIPTION DE LA SYNAGOGUE DE PALMYRE

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et le Seigneur éloignera de toi

toutes les maladies et toutes ces

mauvaises plaies d’Égypte

que tu connais; il ne

te les infligera pas,

mais il en frappera tous tes ennemis.

Les lettres sont emprisonnées entre une double rangée de barres horizontales; elles ont un certain air anguleux et massif qui explique le nom d’hébreu carre que 1 on a donne à cette écriture. Quelques-unes vont encore plus loin, et

HÉBREU CARRÉ

l’on y remarque une certaine tendance à se refermer par en bas. Le samech y arrive du premier coup; le mem ne ferme pas entièrement sa boucle, et ce n’est que dans le nabatéen et l’estranghélo qu’il complétera son évolution. Deux lettres font seules exception à la règle générale, la lettre qui a le moins changé et celle qui a le plus changé dans l’histoire de l’écriture chez les peuples sémitiques : le lamed et le iod. Le lamed, étant jeté en quelque sorte en dehors de la ligne, n’a guère été atteint par les modifications des autres lettres. Pour le îod, c’est le contraire qui a eu lieu ; comme on s’était habitué de bonne heure à le faire très petit, il a fini par perdre conscience de sa forme et n’être plus qu’un point entre deux lignes. Toutes les autres lettres ont passé sous le même niveau.

Si l’on examine le mode de formation de la barre horizontale qui termine la plupart des lettres et qui tend à créer une ligne continue les reliant les unes aux autres par en bas,

on y reconnaîtra le développement d’une tendance que nous avons signalée dans l’araméen. Cette barre inférieure n’est que la prolongation de la queue des lettres; en effet, à la fin des mots, les lettres à queue, le haf, le nun, le phé, le çade, n’ayant plus besoin d’être rattachées à celle qui suit, recouvrent leur indépendance; la tige se redresse et s’allonge au-dessous de la ligne : -j, p y; c’est ce qu’on appelle les lettres finales. Leur apparition ne date guère, sauf en ce qui concerne le nun, que des premiers siècles de notre ère. A la même époque, les autres traces d’archaïsme s’effacent rapidement, et, au viU ou au viu® siècle, l’hébreu a trouvé sa forme à peu près définitive. A partir

de ce moment, il ne s’est plus guère modifié; c’est l’alphabet dont nous nous servons encore pour nos bibles. Pourtant, dans les textes de cette époque, il n’a pas la régularité mathématique qui le distingue aujourd’hui; la typographie a laissé tomber certains détails qui le rattachaient aux formes antérieures.

L’hébreu carré a continué d’être employé jusqu’à nos jours, mais comme écriture savante, pour les écritures saintes et pour les rouleaux des synagogues. 11 ne présente plus ces transformations que l’on remarque dans tous les organismes vivants; les rabbins l’ont laissé tel quel et n’ont fait qu’en renforcer le caractère hiératique. A partir de ce moment, l’hébreu n’appartient plus à l’histoire, il devient une écriture sacrée. Les Juifs du moyen âge devaient pourtant en tirer une écriture cursive, Vhébreu rahbimque, qui revêt, suivant les pays, des formes assez dilîérentes; mais celte dernière phase de l’histoire de l’alphabet hébraïque est du ressort de la paléographie juive.

Aucun alphabet ne montre mieux l’influence du génie d’un peuple sur son écriture. Nous avons vu l’alpbabet hébraïque, identique, dans l’origine, avec l’alphabet phénicien , s’en séparer peu à peu et prendre des formes anguleuses et volontairement archaïques, tout en ayant une tendance à devenir cursives, jusqu’au moment où la catastrophe du VI® siècle balaya l’ancienne écriture hébraïque. Les Juifs adoptèrent l’alphabet araméen; mais ils lui ont si bien donné l’empreinte de leur caractère que, tandis que l’écriture syriaque devenait de plus en plus ouverte, l’iiébreu carré se fermait de plus en plus. Quand on compare une inscription samaritaine à une inscription en hébreu carré, on sent sous la différence profonde de leurs formes un esprit commun.

ÉCRITURE PALMYRÉNIENNE.

si bien qu’à première vue on est tenté de les confondre et qu’on y reconnaît deux écritures sœurs.

ÉCRITURE PALMYRÉNIENNE.

Au commencement de notre ère, on voit paraître au centre de la Syrie, à Palmyre, un autre dérivé de l’alphabet araméen, Y éctiture palmyrénienne , qui présente avec l’bébreu carré une singulière ressemblance.

Pendant deux cents ans, depuis l’an 5o jusqu’à la chute de Zénobie en 278, Palmyre a été le siège d’une civilisation hellénistique très florissante, dont le souvenir reste attaché au nom des Odeinath et de la reine Zénobie, la femme du dernier d’entre eux. C’est de cette époque que datent toutes les constructions dont on admire aujourd’hui les ruines. Toutes ces colonnades sont couvertes, chose inconnue en Phénicie, d’inscriptions monumentales en grec et en palmyrénien. Nulle part les Sémites n’ont autant écrit sur la pierre.

Le premier Européen qui ait signalé les ruines de Palmyre est un négociant anglais d’Alep, William Halifax (1678); mais elles n’ont été réellement connues que depuis Wood et Dawkins, qui firent, en 1751, le relevé architectural de ses édifices et y copièrent treize inscriptions Les originaux de trois d’entre elles, rapportés au musée d’Oxford, permirent à fabbé Barthélemy^^) et à Swinton^^) de retrouver la clef de fécriture palmyrénienne.

Les ruines de Palmyre, autrement dite Tedmor au désert, London, 1763, in-P.

Journal des Savants, avril 1754. Cf. Mémoires de VAcad. des inscriptions, t. XXVI, p. 577-697.

An Explication of ail the Inscriptions in the Pahmjrene language and character hitherto publish’d. Philosophical Transactions, 1764, p. 690-766.

Aujourd’hui, grâce aux voyages d’exploiation de MM. de Vogué et Waddington, les inscriptions palmyréniennes forment une des séries les plus riches de l’épigraphie sémitique. Dès i85â, M. de Vogüé avait visité Palmyre; en 1861, au cours d’un nouveau voyage dans la Syrie centrale, qu’il entreprit de concert avec M. Waddington et qui a eu les résultats les plus fructueux pour la science, ce dernier prit des copies de toutes les inscriptions, aussi bien grecques que sémitiques, de Palmyre. Les inscriptions grecques ont été publiées par M. Waddington les inscriptions palmyréniennes forment la première partie de l’ouvrage de M. de Vogüé intitulé : Syrie centrale , inscriptions sémitiques

Plus récemment, le prince Abamelek Lazarev a été assez heureux pour rendre à la lumière une inscription d’une longueur et d’une importance exceptionnelles, le tarif de l’octroi de Palmyre Cette inscription, bilingue comme beaucoup d’inscriptions palmyréniennes, ne comprend pas moins de 160 lignes, gravées sur une pierre de 2 mètres de hauteur sur 5 mètres de long, qui était placée à l’entrée de la ville et était restée jusqu’à présent enfouie dans le sable. De nouvelles inscriptions ont également été trouvées par MM. Mordtmann, Huber, EutingW; enfin, il y a deux ans, M. Ernest Gautier a rapporté de Palmyre un estampage complet du tarif, ainsi qu’une quarantaine d’autres estampages, faits avec le plus grand soin, qu’il a donnés à la commission du Corpus inscriptionum semiticarum.

Inscriptions grecques et latines de la Syrie , Paris, 1870, in-4°.

Paris, Baudry, 1868, iu-4°.

Marquis de Vogüé, Inscriptions palmyréniennes inédites. Un tarif sous l’empire romain, Paris, i883.

Pour la bibliographie des inscriptions palmyréniennes, voir Ledrain , Dictionnaire des noms propres palmyréniens , Paris, 1886, p. 5 et 6.

ÉCRITURE PALMYRÉNIENNE.

Les inscriptions de Palmyre ont une régularité et un caractère décoratif que l’on rencontre rarement dans les inscriptions sémitiques. Elles sont aussi, en général, plus développées et présentent plus de variété; elles comprennent des textes religieux, funéraires, honorifiques, qui ont jeté une vive lumière sur l’histoire de Palmyre, grâce aux dates qui les accompagnent presque toujours. Une seule de ces inscriptions est antérieure à notre ère; elle date de l’an 9 avant J.-G.^*^; or elle se distingue nettement des autres par son caractère paléographique : les lettres ont une forme plus simple et plus carrée , et se rapprochent plus du type araméen; le hé en particulier, est encore le hé araméen. Dans la seconde moitié du siècle, les inscriptions de Palmyre commencent à devenir plus nombreuses; mais elles sont presque toutes de l’an 128 à l’an 271, c’est-à-dire de la période qui correspond à la dynastie des Odeinath. Au delà, on n’en trouve plus une seule à Palmyre.

Les deux dernières que nous connaissions sont celles des statues de la reine Zénobie et d’Odeinath son époux, érigées au mois d’août 271, un an à peine avant la défaite de Zénobie. Nous donnons la seconde de ces inscriptions, avec le texte grec qui l’accompagne :

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