INSCRIPTION DE L\ STATUE DE ZENOBIE
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Vogiié, n° 3o et p. 3.
Inscription de ia statue de Zénobie, d’aprè
ÉCRITURE PALMYRÉNIENNE.
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Statue de Septimia Balzabbaï (Zénobie), illustre et juste reine. Les Septimiens Zabda, géne'ral en
chef, et Zabbaï, general deThadmor(Palmyre), les très puissants, l’ont érigée à leur souveraine. Dans le mois de Ab de l’année 58a (août 27 1).
Le texte grec porte :
2e7r7/|u/av Zjjroêtotv XaforpoTaTiiv êvcreêrj ikltjcroLv ^STilifxioi Xâ^Sas b [xéyas al paTti’koLTtjs ko.) Xaëëaios b évOdSe a'I partiXaTnis , oi xpoiTialot Tï)v SéoTTOivav. Ètoüs (BttÇi’ p.rjve) \ow.
On peut lire dans M. de Vogiié le commentaire de celte intéressante inscription^'^. La forme des lettres y est la même que sur des textes de cent cinquante ans plus anciens. On se sent en présence d’une épigrapbie nettement circonscrite et qui correspond à une civilisation très spéciale.
Dans l’inscription de Zénobie, la ressemblance du palmyrénien avec l’hébreu carré saute aux yeux. Cette ressemblance, qui a beaucoup facilité le décliiffrement des inscriptions palmyréniennes, s’explique par ce que nous avons dit de la formation de l’hébreu carré; ce sont deux rameaux parallèles et à peu près contenqiorains de l’écriture araméenne.
La parenté de ces écritures nous atteste le peu de distance qui séparait les différentes parties du monde sémitique à cette époque. En face du monde romain, les barrières tendaient à s’abaisser et l’ancienne parenté des peuples sé- Syrie centrale, Palinyre, 11° 29, p. 29-86 et i53. •
mitiques reprenait ses droits. Dans ce rapprochement des diverses fractions du monde sémitique, grâce au prosélytisme, la part de l’élément juif a été très considérable. Palmyre était une ville à moitié juive. Les inscriptions découvertes et publiées par MM. Waddington et de Vogué nous fournissent plusieurs exemples de familles juives considérables établies à Palmyre. Zénobie elle-même, si elle n’était pas juive, entretenait avec les Juifs des relations assez étroites pour qu’on ait pu croire qu’elle était de leur race.
Cet état de choses devait avoir son écho dans l’écriture. L’écriture palmyrénienne toutefois n’a pas l’austérité de l’hébreu carré; elle est plus ornementée. On pourrait dire que c’est de l’hébreu carré enjolivé. Les lettres, au lieu de se terminer, comme en hébreu, par des barres droites et raides, s’arrondissent en spirales capricieuses qui simulent des rinceaux et rappellent les lignes gracieuses, mais un peu contournées, des bas-reliefs palmyréniens. On sent dans ces inscriptions monumentales admirablement calibrées l’influence delà civilisation grecque orientale, si puissante à Palmyre, et dont ses colonnades, ses temples et toute son architecture nous ont conservé l’image.
Le monde palmyrénien n’était pas limité à la Syrie centrale; nous le retrouvons disséminé dans tout l’empire romain. En réalité, il se confond avec le monde syriaque, qui a exercé une influence si profonde, par sa diffusion même et par le caractère mystique de sa religion, sur la société romaine de l’époque impériale.
Si l’on veut se rendre compte combien large est la part qu’il faut faire à l’ornementation dans l’écriture monumentale de Palmyre, on n’a qu’à comparer aux inscriptions, en quelque sorte oflicielles, les graffiti tracés à la couleur.
ÉCRITURE PALMYRÉNIENNE. . 269
en lettres cursives, qui ont été relevés sur les murs de Palmyre par M. Mordtmann c’est une écriture qui tient le milieu entre l’hébreu carré et le syriaque :
apyni? -i3 ‘pnsi ban ^[NnN] nni*"3T nsT ^3 '?3n
Adieu! Refàbôl, fils d’Ate'aqabf^^
fils de Zebed. Zabdalé
Adieu !
L’adieu suivant : n'ohv ban ff Adieu Salma ! est de l’iiébreu, sauf la dernière lettre, qui est syriaque :
La différence du palmyrénien officiel et populaire est encore plus marquée sur les ex-voto consacrés à leurs dieux nationaux par des Palmyréniens, à Rome, en Afrique et dans tous les lieux du monde où ils allaient à la suite des
Euling, Epigraphische Miscellen, dans les Comptes rendus de l’Acad. de Berlin, i6 juillet i885, p. 676, n°’ 17 et 19.
Atê-aqab, nom formé de la même manière que celui de lacob (laqob-El). Le dernier mot de la ligne 2 est obscur. Je soupçonne qu’il faut lire ira e'crit", ou quelque chose d’approchant. Cf. la formule sur les grnjffili grecs.
armées romaines. On en a trouvé, dans ces derniers temps, jusqu’à South Shields, à la frontière Nord de l’Angleterre. Les deux écritures n’ont plus presque rien de commun en apparence, et la seconde se rapproche beaucoup moins du palmyrénien que du syriaque, c[ui en est l’héritier légitime.
L’écriture palmyrénienne ressemble à l’écriture syriaque encore par un autre côté. Pour éviter la confusion du cla- Iclh et du resh, devenus identiques, on les différencie par un point placé au-dessus du resh. Cette marque distinctive ne se trouve pas toutefois sur les inscriptions palmyréniennes les plus anciennes, et ce n’est qu’à partir du ii® siècle de notre ère qu’on la rencontre. L’alphabet chaldéo-pehlvi nous a déjà offert un exemple, à peu près contemporain sans doute, de l’emploi des points diacritiques, qui devaient prendre dans les alphabets sémitiques modernes un si grand développement.
ALPHABET NABATÉEN.