TROISIEME PARTIE
Hubert’), qui ont opéré une révolution dans nos connaissances sur l’Arabie anté-islainique, ont sur ce point encore modifié les conceptions anciennes et élargi le cadre de nos idées. Ces voyageurs ont trouvé dans toute la région qui s’étend depuis Egra jusqu’aux portes de la Mecque, suides cailloux, sur des rochers, des graffiti en grand nombre.
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Inscription lliamoudéenne avec dessin, relevée par Cli. Huber^-'.
identiques ou fort analogues à ceux du Safa. On appelle ces inscriptions thamoudéennes, du nom des anciens habitants
Cil. Huber, Journal de voyage, Paris, Imprimerie nationale, 1891.
PI). Berger, U Arabie avant Mahomet d’apres les inscriptions, Paris, Maisonneuve, i885. — M. Euling m’informe que ce dessin, ainsi que le croquis de la stèle de Teima que j’ai publiée h la suite de ma conférence, sont de sa main.
INSCRIPTIONS DU SAFA.
de celle contrée. Des inscriptions liimyarites recueillies dans les ruines d’El-Ola, au nord d’El-Hedjr, ont prouvé qu’il existait en cet endroit un groupe yéménite, à côté du groupe araméen de Médaïn-Saleh.
Les inscriptions mynéennes découvertes par M. Glaser appartiennent sans doute à la même famille paléographique. Le jour où leur filiation sera scientifiquement établie, non seulement, l’histoire des alphabets sémitiques du Sud aura fait un pas décisif, mais les inscriptions que l’on appelle safaïtiques, du nom de la contrée où ont été retrouvées les premières d’entre elles, acquerront une valeur de premier ordre pour l’Iiistoire de l’écriture en Arabie, et seront replacées dans leur véritable milieu. 11 résulte en tout cas de ce qui précède que l’écriture safaïtique n’est pas une écriture locale, née spontanément sur un point du désert de Syrie, mais quelle est la forme populaire de l’écrilurc des habitants du sud de l’Arabie.
Nous pouvons donc suivre aujourd’hui la marche de l’écriture himyarite depuis l’Yémen jusqu’au désert de Syrie et démontrer, à l’aide des monuments, ce qui n’était jadis qu’une conjecture. Nous voyons cette écriture s’avancer, aux premiers siècles de notre ère, jusqu’au nord de l’Arabie et s’y heurter à l’écriture araméenne.
Qui sait si on ne la rencontrera pas sur d’autres points encore du monde antique? On a trouvé sur divers monuments , à Athènes , à Rome , des graffiti encore inexpliqués qui pourraient bien, d’après M. Renan, se rattacher à l’écriture dont le désert du Safa nous a fourni les premiers exemples, et avoir été tracés par des Orientaux appartenant à ce monde arabe préislamique que nous commençons à peine à entrevoir.
inraïucAii iATiosi.Lt.