‹ Histoire de l'écriture dans l'antiquitéChapitre 87 sur 112 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

appartient pas d’entrer ici dans la discussion des valeurs c[ui ont été proposées pour chaque signe; nous ne prétendons même pas donner cet alphabet comme définitif, et nous nous bornons à renvoyer le lecteur au tableau de M. Tissot ou à celui de M. Duveyrier.

L’alphabet libyque vient-il du pbénicien, ou bien est-il le résultat d’une tentative isolée des populations berbères pour se créer une écriture? Nous manc|uons des éléments nécessaires pour décider la chose; il y a entre ces deux alphabets une trop grande lacune. Certaines formes de l’éthiopien pourraient jusqu’à un certain point servir de transition entre le berbère et les alphabets sémitiques; on en jugera par le tableau des alphabets de l’Arabie du Sud que nous avons mis en regard de l’alphabet libyque; mais ces ressemblances ne sont pas assez générales pour qu’on puisse les prendre pour base d’une démonstration.

La grande dissémination des inscriptions berbères semble être l’indice d’un mouvement de populations considérable, qui se rattachait peut-être au courant d’où sont sorties les écritures de l’Arabie du Sud et de l’Ethiopie, et qui s’est propagé de l’est à l’ouest et s’est étendu, à un certain moment, à toute l’Afrique du Nord. On a trouvé, il y a quelques années, jusque dans les îles Canaries, des inscriptions qui paraissent appartenir au même système d’écriture. Qui sait si cette action ne s’est pas fait sentir de l’autre coté des colonnes d’Hercule et s’il ne faut pas en reconnaître l’inlluence dans certaines formes de l’alphabet des populations indigènes de l’Espagne?

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