CHAPITRE III
En face du nord de l’Afrique, région où s’étendait l’écriture berbère, le sud-ouest, le centre et le nord de l’Europe nous apparaissent, quand leur histoire commence à la suite des premières rencontres des armées romaines avec les peuples occidentaux, en possession d’écritures alphabétiques d’un caractère très particulier, entre lesquelles on saisit un certain air de parenté. Ce sont : l’écriture celtibérienne en Espagne, les alphabets runiques dans toute l’étendue de l’Europe septentrionale. Dans la Grande-Bretagne, l’alphabet ogamique, si différent de toutes les autres écritures alphabétiques, touche, par certains côtés, aux alphabets runiques. Ces écritures ont vécu, et ont eu leur développement propre et leur littérature; les historiens et les géographes anciens nous en attestent l’importance. Aujourd’hui elles sont mortes, et nous ne les connaissons que par quelques monnaies et quelques pierres écrites, qui sont comme des ossements fossiles à l’aide desquels nous cherchons à reconstituer des organismes disparus.
Chose curieuse, l’Espagne, où l’influence phénicienne s’est plus fait sentir que partout ailleurs, à tel point qu’on pourrait presque l’appeler une terre punique, ne nous a pas livré une seule inscription sémitique ancienne. L’alphabet phénicien, absent des monuments d’Espagne, repa-