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Aujourd'hui le cardinal secrétaire d'Etat de Pie X

Ce document était une complète justification de la conduite de Msr Langevin. Mais les courses, discours et écrits de toutes sortes que s'était imposés l 'intrépide prélat pour en arriver à ce résultat eurent bientôt raison de sa constitution, apparemment si robuste. Il tomba sérieusement malade vers la miaoût 1897, et dut rester plusieurs mois au lit. Ce qui ne l'empêcha pas d'être heureux: il avait fait son devoir, et, à la fin de cette année, il était fier d'avoir 82 écoles libres au Manitoba.

Un de ses prêtres qui pouvait aussi s'estimer heureux à la vue du succès qui couronnait ses longues années de travail en ce pays était l'abbé Ritchot, le doyen de son clergé. Grâce à la délicate intervention de son archevêque, ce vétéran était devenu, le 28 novembre 1896, Mgr Ritchot par suite de sa nomination comme protonotaire apostolique par Léon XIII.

Le collège de Saint-Boniface pouvait lui aussi se réjouir de succès, qui étaient pourtant d'un genre bien différent. Chaque année, ses élèves se faisaient remarquer par leurs succès aux examens de l 'Université, et l'on ne tarda pas à s'apercevoir que, proportions gardées, cette institution recueillait considérablement plus que sa part de lauriers à ces joutes académique. Une fois pour toutes, et comme exemple de ce qui lui arrivait tous les ans, nous mentionnerons ici les prix obtenus par ce collège en juin 1897. D'abord, les deux bourses de grec furent gagnées par autant de ses élèves, l'un sur 26 concurrents,

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l'autre sur 20. Antoniu Dubuc fut le premier en latin sur 130 universitaires; Fortunat Lachance eut la bourse de français et d 'histoire ; Marius Cinq- Mars passa son baccalauréat avec distinction et en gagnant une médaille d'argent. En première année de philosophie, Noël Bernier et E.-J. Golden, deux catholiques, se partagèrent la bourse pour laquelle on pouvait concourir et reçurent chacun $100. Aucun des douze candidats que le collège présenta à l'examen universitaire n'échoua.

Signature de Mgr Légal

Enfin, un digne missionnaire était honoré d'une promotion qui est, selon le monde, la plus haute marque de succès pour un prêtre mais qui en réalité participe plutôt de la nature d'un fardeau et est regardée comme telle par ceux qui en sont dignes. Le 29 mars 1897, le P. Légal, qui s'était dépensé au service des Pieds-Noirs, fut préconisé évêque de Pogla et coadjuteur de Mgr Grandin. La nouvelle lui parvint au moment où il creusait la tombe d'un de ses Indiens; d'où le surnom d 'évêque «fossoyeur» qu'on lui conféra en certains quartiers. M^ Grandin jubilait: il lui donna la consécration épiscopale le 17 juin suivant, aidé de NN. SS. Durieu et Clut. Mgr Langevin assistait au trône.

M51- Emile-Joseph Légal était né au diocèse de

Mgr LEGAL, O. M. I.

Nantes, France, le 7 octobre 1849, et avait fait ses études classiques et ecclésiastiques aux petit et grand séminaire de Nantes, puis avait reçu l'onction sacerdotale le 29 juin 1874. Après son ordination, il fut pendant cinq ans employé dans l'enseignement, professant les mathématiques au collège de Saint-Stanislas, à Nantes, et au petit séminaire de Guérande. L'abbé Légal était un lettré, et ses mérites avaient été reconnus par l'Université de France. Cette circonstance ne l'empêcha pas de devenir un missionnaire des pauvres, c'est-à-dire un Oblat de Marie Immaculée. Dans ce but, il se rendit en 1879 au noviciat de Nancy. L'année suivante était l'année des expulsions. Il passa alors au Canada pour continuer son noviciat à Lachine, près de Montréal. Le 24 septembre de cette année, il faisait sa profession religieuse, puis était envoyé au diocèse de Saint- Albert, où nous l'avons vu travailler au salut éternel de gens qui trop souvent ne s'en préoccupaient guère.

L'année de sa consécration épiscopale, Mgr Légal fut aussi nommé vicaire des missions que les Oblats avaient dans le diocèse de Saint- Albert.

Malgré qu'ils ne correspondissent pas toujours aux soins qu'on leur donnait, les aborigènes continuaient à être partout l'objet d'une attention toute spéciale. A une cinquantaine de milles au nord de Lebret, se trouvait une localité connue sous le nom de montagne de Tondre, dont les Indiens et métis avaient été desservis à partir de 1884 par le P.

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Prisque Magnan. Au printemps de 1897, le P. Campeau y fixa sa résidence, lequel fut la même année remplacé par le P. Valès. On y commença alors une école industrielle pour les enfants Indiens, sur lesquels veilla un maître laïque jusqu'au 16 juillet 1897, époque où trois sœurs grises, avec une converse, arrivèrent pour en prendre la charge, sous la conduite de leur supérieure, Sœur Marie-Xavier. Les bâtisses de l'école furent élevées aux frais des Oblats, qu'aida généreusement le gouvernement fédéral.

Le 15 août suivant, un jeune prêtre, homme d 'œuvres et de bonne volonté, arrivait à Winnipeg, qui, après un stage de quatre ans au Portage du Eat, devait par deux fois résider à la montagne de Tondre et en diriger l'école et la mission. Nous voulons dire le P. Joseph-E.-S. Thibaudeau, qui devait aussi se signaler par l'érection de la coquette église que le voyageur remarque aujourd'hui à Saint-Charles, sur l'Assiniboine.

La même année (1897), un établissement similaire était fondé par le P. Cahill au Portage du Rat. C'était le 1er mai. Comme à la montagne de Tondre, ce fut un laïque qui seconda d'abord le principal, et cela jusqu'au 2 novembre 1897, alors que quatre sœurs grises, dont une était converse, vinrent le remplacer. Les conditions financières dans lesquelles se fit cette nouvelle fondation furent aussi les mêmes : les Oblats se chargèrent des frais de construction et d'entretien, et le gouvernement fédéral

contribua la somme de $2,500. Pendant six ans, le P. Cahill se dévoua à cette œuvre qui fut toujours bien près de son cœur.

Le Portage du Rat, aujourd'hui Kénora, était dans la province civile de l'Ontario. Dans le nord du Manitoba, Sainte-Eose entrait, sous l'impulsion que lui donnait le P. Lecoq, dans une période de progrès qui ne devait point souffrir d'éclipsé. Ce père jetait alors les fondations d'une église qui, avec la tribune et le sanctuaire, devait pouvoir contenir 450 fidèles assis. Vers la mi-juin 1897, le soubassement en était achevé, et les travaux avançaient, bien que 25,000 pieds de bois scié et payé fussent devenus la proie des flammes. Il faut dire que le P. Lecoq s'ingéniait de toute manière pour réussir, payant généreusement de sa personne et se faisant tour à tour maçon, forgeron, menuisier et peintre, comme l'écrivait un correspondant du temps 6. Il avait en outre le don de communiquer son activité et son esprit de sacrifice. Aussi voyons-nous ses paroissiens coopérer à la construction de son église, dont chaque père de famille se fit un devoir de charrier sur place une partie des matériaux. Quant au pasteur même, il venait de se bâtir de ses propres mains un presbytère convenable.

De plus, les intérêts spirituels et intellectuels allaient chez lui de pair avec les progrès d'ordre

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