Ibid., ibid
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qu'il voyait pour la première fois et où il trouva le P. G-asté avec le P. Ancel et de nombreux Mangeursde-Caribou, qui ne se préoccupaient plus exclusivement de la nourriture matérielle dont s'étaient contentés leurs ancêtres.
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Signature du P. Charlebois
En novembre de la même année, le jeune P. Simonin passait trois mois avec les chrétiens du fleuve Churchill ; puis, comme la confiance de ses confrères avait appelé le P. Bonnald au chapitre général des Oblats qui devait se tenir en Europe, le P. Charlebois alla le remplacer près des sauvages du fort Nelson, pendant que le P. Simonin se rendait du lac Pélican au fort Cumberland. Des conversions relativement nombreuses de Cris païens ou protestants signalaient partout le passage de ces deux missionnaires.
Et ce n'était pas seulement les bassins de l'Athabaska et de la baie d'Hudson qui voyaient alors les missions catholiques progresser. Dans la vallée de la Qu'Appelle où l'école du P. Hugonard portait bien haut le drapeau de l'éducation chrétienne, se trouvait entre autres une pièce d'eau connue sous le nom de lac Croche. Une chapelle avait déjà été bâtie sur ses bords en 1889. Une mission catho-
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lique y fut fondée dans l'automne de 1898, où le P. Siméon Perreault devait bientôt se signaler, et, au cours de la même année les religieuses françaises qui tirent leur nom du vocable de N.-D. des Missions y transportèrent leur foyer, après avoir fait une étape à Grande-Clairière, où l'abbé Gaire les avait fait venir. L'année suivante (1899), ces mêmes religieuses devaient établir à Lebret une école-pensionnat pour les enfants des blancs, et en 1900 elles quittaient le lac Croche pour y être remplacées, en août 1901, par des sœurs de Saint-Joseph, dont la maison-mère est à Saint-Hyacinthe.
A N.-D. de Lourdes, la population continuait à augmenter. Elle comptait alors 628 habitants qui, de concert avec leurs pères spirituels, furent heureux de saluer, vers la fin d'août 1898, Dom Gréa, fondateur des Chanoines réguliers de l'Immaculée Conception. Celui-ci fut heureux de bénir, le mois suivant, la nouvelle église de cette paroisse. En même temps, un autre dignitaire de la vie monastique, l'abbé mitre de Bellefontaine, supérieur général des Trappistes, visitait ses enfants de Saint- Norbert.
Cependant, le flot de l'immigration galicienne montait toujours. Plusieurs centaines de familles avaient déjà quitté l'Autriche pour s'établir à Yorkton et dans les environs du lac Dauphin. Ce fut un grave problème pour les autorités ecclésiastiques. Presque tous ces colons étaient grecs-unis, et, pour assurer le bon ordre et l'harmonie, la Propagande
crut opportun de faire certains règlements qui déterminaient les rapports des représentants du rite ruthène — auquel appartenaient les nouveaux venus — avec les évêques du rite latin auxquels ils devaient être soumis tant qu'ils exerceraient leur ministère dans les plaines du Canada occidental.
En attendant l'arrivée de représentants de leur clergé, les PP. Page et Kulawy prodiguaient leurs soins aux colons du lac Dauphin. Le premier prêtre ruthène dans l'Ouest fut un basilien du nom de Jean-Damascène Poliwka qui, en 1899, jeta à Winnipeg les fondations d'une paroisse de ce rite, qui devait avec le temps devenir la plus populeuse de toutes celles de cette ville.
Malgré qu'ils eussent un pasteur, ces chrétiens étaient plus ou moins, faute d'église, dans la position d'un troupeau sans bercail. Plus heureux étaient les habitants des différents groupes français, qui d'ordinaire rivalisaient de zèle pour la construction de temples convenables où se déployaient les majestueuses cérémonies de leur culte. C'est ainsi qu'à Wolseley l'abbé Koy commençait en 1899 l'érection d'une église en brique qui devait avoir 90 pieds de long sur 40 de large7. Saint-Pierre-
7. La paroisse de Sainte- Anne du Loup (Wolseley) se compose aujourd'hui de près de 80 familles catholiques, dont 40 sont canadiennes-françaises, 10 françaises, de 12 à 15 anglaises et américaines, 15 polonaises et galiciennes. Tandis que les chefs de ces dernières sont des ouvriers qui travaillent en ville, la grande majorité des autres sont des fermiers établis dans un rayon de 8 à 10 milles autour du centre, ville toute protestante d'environ mille habitants qui ne possèdent pas moins de six temples représentant les confessions presbytérienne, méthodiste, anglicane, baptiste et luthérienne.
Jolys ne pouvait rester en arrière: le 17 novembre de la même année, M51- Langevin y bénissait la première pierre d'une église qui allait coûter $36.000 et était ouverte au culte le 19 octobre de l'année suivante.
Ces travaux se faisaient naturellement sous la direction du curé de chaque paroisse, MM. Roy et Jolys. Bien différents et d'intérêt moins local étaient alors les soucis de M. Cherrier, l'ami de ce dernier. Nous avons déjà salué dans sa personne le surintendant des Ecoles catholiques. Indépendamment de la gestion de la paroisse de l'Immaculée Conception qui lui incombait toujours, ce prêtre avait en effet à s'occuper d'une manière toute spéciale de l'éducation chrétienne dans toute la province. Du 1er janvier au 30 juin 1898, il distribua entre les écoles de vingt localités, y compris Winnipeg et Saint-Boniface, des secours se montant à $4.262.65. somme relativement modeste, mais qui put paraître d'autant plus satisfaisante que, par suite d'un semblant de modération dans l'application de la loi néfaste de 1890, la situation devenait un peu moins intolérable, du moins dans les campagnes 8.
Dans le but d'améliorer encore cette situation, les évêques de l'Ouest crurent bon d'adresser, au printemps de 1899, une lettre collective à leurs véné-
8. L'abbé Alphonse-A. Cherrier naquit à Laprairie le 26 sept. 1849, et fit ses études classiques et philosophiques au collège de Sainte-Thérèse, après quoi il prit ses gTades à l'Université Laval. Il fut ordonné prêtre par Mgr Fabre le 30 août 1874.
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râbles frères de l'Est, dans laquelle ils leur demandaient deux choses: le service de leur influence en faveur de la colonisation catholique de l'Ouest et la continuation de la quête de la Pentecôte pour les écoles indiennes du même territoire. Les signataires de ce message en profitaient pour remercier leurs collègues de l'Est de ce qu'ils avaient fait pour venir en aide à l'œuvre des métis, inaugurée par le P. Lacombe.
■La colonisation catholique et française s'imposait alors d'autant plus aux patriotes qui dirigeaient les différents diocèses et vicariats de l'Ouest que ce pays était inondé de la lie de la société européenne, qui lui arrivait à flots pressés sous le nom de Doukhobors et de Mennonites, sans compter les repris de justice et autres caractères plus ou moins louches que lui envoyait la branche anglaise de l'Armée du salut. On calcule que, du mois de juillet 1897 au 30 juin 1899, pas moins de 7,300 Doukhobors, semibarbares amenés à grands frais par le gouvernement Laurier, s'étaient déversés sur l'Ouest, où ils n'allaient pas tarder à déployer leur exclusivisme et leurs excentricités, pour ne pas dire leurs folies, religieuses et sociales. Durant la même période de temps, l'immigration galicienne avait été encore plus abondante : pas moins de 11,500 individus !
Nous avons déjà vu M51- Pascal visiter en 1897 les missions indiennes du nord de son vicariat. C'était alors la région des marais et des lacs, des sombres forêts et des grands froids. En 1899, nous le voyons
entreprendre une nouvelle tournée d'inspection, cette fois surtout aux postes échelonnés le long de la verte savane. Quittant sa résidence le 12 juin de cette année, il n'y rentre que le 31 août suivant. Au lac Vert, il prend la voie des lacs et des rivières, et fait 700 milles par eau au cours d 'un voyage qui lui fait visiter successivement les Indiens de l'Ile-à-la- Crosse, du portage la Loche, de la rivière la Loche, du lac au Bœuf, du lac Canot, du lac des Prairies, du lac Brochet et de Battleford. Les aborigènes de quelques-unes de ces localités laissent encore à désirer ; pourtant à la vue de la transformation qui s 'est opérée dans la plupart, l'évêque voyageur ne peut s 'empêcher de s 'écrier : « Oh ! quel bienfait a été la religion pour ces êtres infortunés! Avec quelle ferveur ils prient pour leurs bienfaiteurs ! »
Quant à M^ Langevin, le métropolitain de M*1" Pascal, il semble avoir pris à cœur de conformer sa conduite à l'adage latin: vita in motu0. Nous n'essaierons point de le suivre, même de loin, dans ses interminables visites pastorales. Qu'il nous suffise de remarquer une fois pour toutes qu'il est douteux que le précepte qui oblige tout évêque à inspecter périodiquement chaque paroisse de son diocèse ait jamais été mieux rempli qu'il ne le fut par ce prélat. Confirmations, bénédictions d'églises ou autres édifices, inspections d'écoles et de réserves sauvages, sermons de circonstances, présidences de fêtes reli-