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Sa nomination à cette cure datait du 19 mai

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Eustache fut de se procurer les services des sœurs de N.-D. des Missions, qui ouvrirent chez lui une école-couvent le 15 mars 1903. Puis il tourna son attention du côté de l'église du village, et, le jour de Noël de la même année, un édifice en bois lambrissé de briques à l'extérieur fut ouvert au culte4. Cette construction mesurait 120 pieds de long sur 50 de large et ne devait pas coûter moins de $16.000. Les principales paroisses manitobaines avaient déjà, ou allaient bientôt acquérir, de semblables écoles tenues par des religieuses. Par exemple, sans mentionner les plus anciennes, Sainte-Agathe, que dirigeait M. A. Bourret depuis 1891, possédait les sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie, qui s'y étaient établies en 1899; Saint- Alphonse avait celles des Cinq Plaies du Sauveur, dont l'établissemant datait de la même année; les sœurs franciscaines missionnaires de Marie s'étaient installées l'année précédente à Camperville, mission située sur le lac "Winnipegosis, à laquelle présidait alors le P. Adélard Chaumont, qui se trouvait dans le pays depuis 1886; Saint-Claude venait de recevoir (le 8 septembre 1901) des sœurs des Cinq Plaies; Saint-Léon possédait les mêmes religieuses depuis le 8 septembre 1897; Sainte-Eose jouissait depuis 1900 des services des sœurs françaises de N.-D. des Missions,

4. La pierre angulaire de la nouvelle église fut bénite le 20 sept. 1903, en la fête de saint Eustache et compagnons martyrs, et, dès le 25 déc. suivant, la première messe y était dite.

qui ont même établi là un noviciat, et la ville de Brandon les avait aussi depuis 1899.

Au cours de 1902, le curé de Letellier, M. Jutras, avait appelé les sœurs de N.-D. des Missions pour faire la classe aux enfants du village et des environs; mais ce ne fut que l'année suivante qu'un couvent put leur être bâti. Kénora recevait alors (1903) des sœurs de la Présentation, de Saint-Hyacinthe, pour son école catholique, et des sœurs de la Providence, de Montréal, pour un hôpital qui s'y fondait cette même année.

Enfin, ce fut également en 1903 que fut construite la première partie du superbe édifice qui abrite aujourd'hui le pensionnat Sainte-Marie de Winnipeg. Malgré les grands développements que cette cité prenait alors, cette institution était restée dans un local érigé en 1881, sur l'avenue Notre- Dame, juste en face du premier couvent des Sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie. La position n'étant plus tenable, on avait dû songer à se transporter ailleurs, et le P. Guillet, alors curé de la paroisse Sainte-Marie, avait fortement conseillé aux supérieures de s'établir sur l'Assiniboine, dans cette partie de la ville maintenant connue sous le nom de Crescentwood, qui était alors en pleine campagne. Cette distance de la ville les avait fait hésiter quelque temps. Aujourd'hui que ce quartier est le plus aristocratique de Winnipeg, elles doivent bénir Dieu d'avoir eu un si bon conseiller et d'avoir suivi son avis.

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Elles entrèrent dans le nouveau bâtiment le 14 août 1903, et la première messe s'y disait deux jours après.

Bien loin au nord de la métropole de l'Ouest, c'était alors non pas une fondation ni un simple transfert d'un local à un autre, mais un changement important dans le personnel d'une institution presque analogue qui s'opérait. Les Fidèles Compagnes de Jésus avaient accepté le soin de l'école industrielle du lac Canard par pur dévouement et bien que l'œuvre ne fut pas précisément en conformité avec l'esprit de leur vocation. Elles étaient là sept religieuses qui s'étaient dévouées corps et âme au salut des enfants qui leur étaient confiés. Le 3 juillet 1903, elles furent heureuses de remettre leur école entre les mains de douze sœurs de la Présentation, de Saint-Hyacinthe, qui allaient lui donner, sous la direction du principal, les développements qu'on y admire aujourd'hui. En même temps, le fondateur de l'établissement, le P. M. Paquette, retournait à son ancienne mission du lac Muskeg, et, le 28 août 1903, le P. 0. Charlebois arrivait de ses missions du lac Cumberland pour consacrer à la direction de l'école les sept années qui allaient le séparer de sa nomination à une position à laquelle il était alors loin de songer 5.

Mentionnons encore, avant de clore ce chapitre,

5. Le 29 août 1910, le P. Charlebois fut nommé évêque de Bérénice et vicaire apostolique du nouveau vicariat du Keewatin, et il était sacré le 30 novembre suivant.

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les débuts, non loin du lac Canard, d'une place qui était appelée au plus brillant avenir. Dès l'année 1883, un groupe de fermiers anglais venant de la Mâchoire d'Orignal (Moosejaw) s'étaient établis dans le voisinage de ce qui est aujourd'hui Saskatoon. La petite colonie, qui était née sous des auspices distinctement protestants, végéta longtemps, et les rares catholiques qui s'y adjoignirent furent d'abord visités de Prince-Albert, quand ils ne se rendaient point eux-mêmes pour leurs devoirs religieux à Batoche, situé à une cinquantaine de milles plus bas, sur la même rivière — la branche sud de la Saskatchewan.

Entre 1890 et 1902, les PP. Biais et Lecoq en furent surtout chargés, ainsi que le P. J.-H. Emard, de Prince- Albert. Celui-ci acheta en 1901 une pièce de terre sur laquelle fut bâtie la première église de Saskatoon. C'était un humble édifice en bois, qui s 'élevait sur les bords de la rivière, dans lequel le P. Aug. Lecorre, que nous avons vu dans les missions du Mackenzie, puis le P. Joseph Paillé, firent dès lors tous les exercices propres à une paroisse régulièrement constituée.

Tels furent les humbles commencements de la paroisse aujourd'hui si florissante de Saint-Paul de Saskatoon.

CHAPITEE VII

LATINS ET KUTHENES

Une paroisse qui n'était pas destinée à prendre l'importance de celle de Saskatoon se fondait alors au Manitoba au souffle vivifiant de Mgr Langevin qui, sous ce rapport comme sous tant d'autres, se montrait le digne successeur de Msr Taché. Au point de vue ecclésiastique, Woodridge n'était encore qu'une simple mission, qui ne pouvait se vanter de posséder une forte population. C 'était pourtant déjà un rassemblement d'une quarantaine de familles catholiques et le centre d'autres groupes qui pouvaient en devenir les succursales. Ce centre avait déjà été visité par M. Alex. Griroux, curé de Labroquerie : le 24 janvier 1903, ce prêtre y chanta dans la maison d'un M. Eougeau la première grand 'messe qui y ait jamais été célébrée. On se mit alors à bâtir une église et une école, et l'année suivante l'abbé Charles Deshaies, jusqu'alors vicaire à Labroquerie, en fut nommé le premier desservant.

Peu après, le diocèse de Saint-Boniface accueillait avec la sympathie due à l'infortune des représentants d'une nouvelle famille religieuse qu'on

pouvait regarder connue des épaves de la tempête qui sévissait alors en France. C'étaient les Fils de Marie Immaculée, communément appelés Pères de Chavagnes, du nom de la localité où se trouvait leur maison-mère. Arrivés au Manitoba en avril 1903, ils s'installèrent au mois d'août suivant à Cartier, paroisse de Saint-Adolphe, sous la direction du E. P. J. Thibault, et, l'année suivante, y établirent en vue du recrutement une institution analogue à celles dont les Oblats peuvent être regardés comme les inaugurateurs en France \ nous voulons dire un juniorat, ou école préparatoire aux études philosophiques et théologiques, dont devaient bénéficier ceux qui croyaient avoir la vocation à leur genre de vie.

En même temps, M81- Langevin leur confiait la mission de Saint-Hubert, en Saskatchewan, avec les postes adjacents de Whitewood, Moosomin, Broadview et autres qu'ils ont depuis desservis.

Peu auparavant, les Oblats du même diocèse avaient fait une importante fondation dans cette dernière partie du pays. Les catholiques de Régina étaient en majorité de langue allemande. Faute de sujets qui la parlassent dans les rangs du clergé séculier, on avait eu beaucoup de difficulté à subvenir à leurs besoins sprituels. Nous y avons déjà vu MM. Lamarche et Gratton, ainsi que les PP. oblats Saint-Germain et McCarthy. Avec la proportion

1. Mgr Faraud fut l'une des prémices de cette institution, qui était alors située à N.-D. de Lumières, dans le Dauphiné.

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toujours croissante du nombre des Allemands à la capitale des Territoires, on avait plus tard fait appel à la bonne volonté d'un M. J.-E. Zerbach, qui n'y était resté que de 1896 à 1897. Puis, après avoir encore reçu quelques mois les soins du P. Saint- Germain, la place avait été abandonnée, en ce sens qu'elle était restée trois ans sans prêtre résident, la population catholique en étant alors desservie par le curé de Balgonie.

A l'expiration de cet intérim, un Prémontré, le P. A.-J. Van Heertum, y avait séjourné trois ans. Mais il était évident que les intérêts spirituels de la petite population catholique ne pouvaient s'accommoder de pareille instabilité. Pour obvier à cet état de choses, on fit appel au zèle des Oblats, qui seuls possédaient un personnel adapté aux besoins de la localité, et, en novembre 1903, le P. Augustin- J.-B. Suffa, accompagné des PP. Auguste Kim et Marc Kasper, y plantaient leur tente.

La population totale de Eégina était alors de 3,500 habitants, dont 300, pour la plupart de langue allemande, se réclamaient de la religion catholique. Cette petite paroisse possédait alors une église d'humbles dimensions au coin de la rue Cornwall et de la Douzième avenue. Les Oblats s'ingénièrent pour trouver un meilleur emplacement et se construire une église qui put suffire aux besoins qu'on jugeait devoir se faire sentir avant longtemps. Le résultat de leurs efforts, non moins que de leurs propres contributions monétaires, fut l'église Sainte-

Marie qui s'élève aujourd'hui sur la rue Scarth, et qui fut bâtie en 1905.

Dès lors, les pères de Régïna desservirent un grand nombre de missions où prédominait généralement l'élément allemand, telles qu'Arat, Milestone, Chamberlain, Craik, Davidson, South Grenfell, Lang, Rouleau, Kronan et plusieurs autres qui occupèrent les deux compagnons du P. Suffa.

Un autre centre de composition bien différente recevait la même année (1903) un pasteur, dont la présence Pélevait au rang de paroisse. Nous avons vu l'abbé J.-B. Morin diriger ses colons au nord d'Edmonton, où il avait déjà créé un bourg qui portait son nom, Morinville. Encore plus au nord, il avait fondé en 1898 un groupe français auquel il donna le nom du coadjuteur de Msr Grandin. Deux ans plus tard, Saint-Emile de Légal comptait quelque vingt-cinq familles canadiennes-françaises, pour lesquelles on bâtit une église de 30 pieds sur 24. Au cours de 1903, cette localité reçut son premier curé dans la personne de l'abbé J.-A. Normandeau, qui faisait de suite agrandir l'église et devait en neuf ans voir sa colonie se développer au point de ne compter pas moins de deux cents familles canadiennes-françaises.

Dès 1904, un village comprenant magasins, forge, hôtel et téléphone, commençait à se former autour de l'église paroissiale 2, et de 1903 à 1906 quatre dis-

2. Rebâtie en 1910 en brique sur charpente de bois. Cette dernière a 80 x 50, plus un chœur de 28 x 22.

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tricts scolaires étaient établis dans les limites du territoire desservi par M. Normandeau. Le 26 juin 1904, Msr Légal y fit la première confirmation, conférant le sacrement des forts à 48 personnes, et l'année suivante la population totale était déjà montée à 70 familles environ.

Un groupement moins considérable, que nous avons vu se former à même la paroisse de Sainte- Anne des Chênes, recevait alors un certain degré d'autonomie par l'arrivée de l'abbé Joseph- Alexandre Defoy en qualité de desservant. Thibauville prenait par le fait même place (7 avril 1903) parmi les paroisses du diocèse de Saint-Boniface.

Le 28 août suivant, Mgr Langevin faisait, en présence d'une foule nombreuse, la consécration solennelle de l'église que les pères rédemptoristes venaient d'élever à Brandon, où ils se trouvaient depuis 1898. C 'était une église gothique en pierre et en brique, avec flèche de 132 pieds de haut, dont le plan était dû au génie d'un architecte rédemptoriste de Belgique, le P. Paquay. Cette église s'était construite par les soins d'un excellent religieux, le P. G.-M. Godts, et n'avait pas coûté moins de $30,000, dont une tante de ce père devait bientôt fournir une bonne partie.

Disons de suite que ce bon religieux ne devait pas jouir longtemps du fruit de ses labeurs. Le matin du 7 mars, 1904, il fut trouvé mort, assis sur le bord de son lit et la tête appuyée sur la main gauche. Les travaux auxquels il s 'était livré pour mener à bonne

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fin son entreprise, les voyages pénibles qu'il avait accomplis par un froid rigoureux pour fonder, ainsi que nous le verrons bientôt, une maison de son ordre au milieu des Ruthènes du nord, et les soucis inhérents à sa charge de supérieur avaient probablement abrégé sa vie.

Il n'avait que 62 ans. C'était encore lui qui avait dirigé la fondation du monastère des Rédemptoristes de Brandon, et c'était également par ses soins que des chapelles avaient été bâties pour les catholiques de Huns' Valley, Souris, Rapid City et Austin.

Uu autre bon ouvrier qui avait quelque temps auparavant été recueillir la récompense due à ses longs travaux était Mgr Clut qui, après quinze jours de maladie, quittait ses frères en religion le 9 juillet 1903. Sa mort arriva au Petit lac des Esclaves. Mgr Clut s'était toujours montré plein de zèle pour la propagation de la foi dans les déserts de l'Extrême- Nord, et s'il ne fut point doué des qualités qui font les bons administrateurs, il n'en put pas moins se rendre le témoignage qu'il ne s'était jamais épargné quand il avait été question du devoir.

Peu après, eut lieu au Manitoba la bénédiction d'une autre église qui était une nouvelle preuve des progrès que faisait le pays sous la haute direction de son énergique archevêque. Le 1er décembre 1903, s'inaugurait à Sainte-Elisabeth une église de 70 pieds sur 40, que dominait une tour abritant une •cloche de 1,400 livres. Cette paroisse reliait Saint-

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Jean-Baptiste à Saint-Pierre, et elle avait pour curé l'abbé Elie-B. Rocan, qu'on pouvait regarder comme un enfant du pays, puisque, né à Montréal, il avait dès son bas âge été élevé à Saint-Boniface.

Ainsi que les autres paroisses de la campagne, Sainte-Elisabeth avait alors, grâce à. un arrangement de nature privée et qui n'engageait point le gouvernement du Manitoba, ses écoles où, à côté de l'anglais, on pouvait enseigner le français et jouir d'une certaine liberté au point de vue religieux. Il n'en allait malheureusement point ainsi dans les villes,, où les catholiques devaient toujours payer double taxe scolaire. Dans le but de mitiger ce fardeau, une députation de catholiques de Winnipeg fit, au commencement de juillet 1904, de nouvelles tentatives près de Roblin, premier ministre du Manitoba, qui la renvoya à Laurier. Elle se rendit alors à Ottawa pour soumettre de vive voix ses griefs au chef du gouvernement fédéral. Mais celui-ci ne voulut rien faire pour les catholiques.

Cette apathie des gouvernants n'empêcha pas les. catholiques de la paroisse Sainte-Marie, dans la même ville, d 'élever, juste en face de leur église, une maison d'école qui pouvait rivaliser avec les plus belles de Winnipeg et ne devait pas coûter moins de $40,000, contractant par là une lourde dette qui devait peser longtemps sur eux. Elle fut ouverte le 10' octobre 1904.

Un accident des plus regrettables avait déjà coûté une somme au moins égale à la Congrégation des.

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