A Mgr de Québec, 20 dec
« Ils ignorent tout frein », dit-il, « tonte loi de décence qni semble naturelle aux humains, tout lien de la nature et du sang: les liens sacrés du mariage y sont plus relâchés que chez aucune nation de l'Amérique du Nord ; la promiscuité semble une espèce de droit public u. »
Le missionnaire va jusqu'à écrire de ces pauvres gens «qu'ils dépassent les animaux même par la bassesse de leurs actions 12 ».
Après leur avoir rappelé des lois sacrées qu'ils violaient si ouvertement, et fait 66 baptêmes, la plupart d'enfants en bas âge, Demers continua son chemin jusqu'au lac Stuart, qu'il atteignit le 16 septembre 1842. Le fort Saint-James, sur cette belle pièce d'eau, était alors le grand entrepôt du nord à l'ouest des montagnes Rocheuses et la capitale de la Nouvelle-Calédonie. Néanmoins, le séjour qu'y fit le missionnaire fut forcément limité à trois jours, dont il consacra tous les instants à l'instruction des adultes et à l'administration du baptême aux enfants. Dans la première tâche il fut, comme d'habitude, aidé par V Echelle catholique de son confrère, M. Blanchet, œuvre originale que nos lecteurs connaissent déjà quelque peu 13. En dépit de la
11. Ibid., Rapport sur les Missions du Diocèse de Québec, juillet 1845, p. 18.