Missions, vol. III, p
252 L 'ÉGLISE DANS i/oUEST CANADIEN
source de meurtres dont la relation ferait horreur. Aujourd'hui on peut les regarder comme un peuple réformé ! La boisson est interdite parmi eux, et les chefs punissent tous ceux qui s'enivrent. La conséquence en est que les autres crimes sont très rares. A qui, je le demande, est dû ce changement'? Au zèle et aux efforts persévérants d'un pauvre prêtre catholique qui ne reçoit aucun salaire et que les Indiens nourrissent autant que leurs moyens le leur permettent. Pendant dix-huit mois, ce seul prêtre a baptisé 520 enfants et 50 adultes, qui savent répéter leur catéchisme dans leur propre langue. Au moyen de leur argent et de leur travail, ils se sont construit une belle église capable de contenir mille personnes, et chaque dimanche elle est remplie. J'en ai vu par centaines se tenir exposés à la pluie pour saisir le son des paroles qui sortaient de la bouche du prêtre.
« Ils collectent maintenant des fonds pour acheter les accessoires de leur église et la mettre sur le même pied que celles des blancs. J'ai vu plus de 900 sauvages bien lavés et bien habillés assister à la messe dans l'une de leurs loges. »
Le correspondant ajoute alors avec une pointe d 'ironie :
« Bien qu 'élevé moi-même dans l 'Eglise nationale des Anglais, puis- je demander au seigneur évêque où, dans toute l'Angleterre civilisée, avec ses magnifiques cathédrales et son clergé dodu et aux joues
rubicondes, ainsi que ses pairs spirituels 1X ; où, dans toute la Colombie Britannique ou dans Pile Vancouver, avec ses copieuses dotations épiscopales; où dans le monde civilisé pourrez-vous trouver 900 âmes sur 2,000 qui soient aussi morales et aussi attentives à leurs devoirs religieux que ces prétendus païens? Sous ce rapport, M. le Directeur, je désire que nous ayons beaucoup plus de semblables païens. Je pense sérieusement envoyer, quand mes moyens seront plus abondants, un détachement de ces « païens » comme missionnaires aux 200,000 voleurs de la religieuse Angleterre. J 'ai à Sanitch des amis en position de vous fournir des faits aussi frappants et aussi charmants relativement au grand changement opéré par les catholiques de cette région 12. »
Plus tard, le même journal constatait que les sauvages avançaient de progrès en progrès. « Ils ont renoncé aux boissons enivrantes », disait-il ; « ils refusent de travailler le dimanche et veulent prendre à cœur la civilisation. »
C'étaient là incontestablement de bien glorieux résultats. Mais il serait à peine possible de donner une idée du zèle extraordinaire, de la persévérance opiniâtre et de la vigilance de tous les instants dont les missionnaires catholiques devaient faire preuve pour les obtenir. Les supérieurs oblats des missions du Pacifique eux-mêmes affirmèrent dans leurs