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The British Colonist, 26 mars

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lettres que leurs subordonnés se livraient à des travaux d'Hercule et faisaient des efforts si continus qu'ils semblaient à peine possibles à l'homme.

L'année 1861 fut exceptionnellement chargée dans leurs annales. En effet, les Oblats bâtirent alors deux chapelles à Esquimalt, une maison pour le prêtre à Sanitch, trois églises dans d'autres villages indiens, deux chapelles à New Westminster: l'une pour les indigènes, l'autre pour les blancs, parmi lesquels on comptait un certain nombre de soldats, ainsi qu'un presbytère et un hôpital dans la même localité. Au fort Hope, ils construisirent une chapelle et une maisonnette pour le missionnaire, tandis qu'au lac Okanagan ils s'employaient à ériger les différents bâtiments dont l'ensemble constitue une mission bien organisée.

Plus de 12,000 Indiens furent visités et instruits au cours de la même année, et nous pouvons juger de la somme de travail fournie par chacun des missionnaires par l'extrait suivant d'une lettre de l'un d'eux:

« Nous comptons ici les sauvages non par centaines, mais par milliers. Depuis un an, j'ai visité de cinquante-cinq à soixante camps ou campements sauvages, cinq ou six places où vivent des gens civilisés. J'ai marché pendant environ trente journées en canot, vingt à pied, quatorze à cheval et douze en bateau à vapeur pour faire ces visites. Comme elles n'avaient pour but que de connaître le pays, les résultats et les fruits n'en sont pas très grands. Néan-

moins, j 'ai baptisé cinq cents enfants sauvages, sans compter les trois cents qu'a baptisés le R. P. Chirouse, pendant les deux mois que nous avons passés ensemble 13. »

Même chez les blancs, des résultats appréciables couronnèrent leurs efforts. Ainsi, le même P. Fouquet qui nous énumère ses pérégrinations nous apprend qu'il avait aussi baptisé une quinzaine de leurs enfants. Dans un village qui ne comptait qu'une soixantaine de catholiques, neuf qui avaient oublié le chemin de l'Eglise furent réconciliés avec leur Créateur et redevinrent des chrétiens pratiquants. Parmi les sauvages, 1,800 hommes sur 2,000 firent vœu de tempérance au cours d'une seule mission, et plus de 1,600 l'observèrent fidèlement.

Ces victoires, toutes pacifiques qu'elles étaient, n'en coûtaient pas moins des peines infinies de la part du prêtre, contre lequel les pires passions de blancs sans principes se liguaient souvent. Les propriétaires de cabarets se plaignirent bientôt de ce qu'ils appelaient l'ingérence indue des étrangers dans les affaires de leur métier, pour lequel ils avaient obtenu un permis à prix d'argent. Au fort Hope, le P. Grandidier fut même insulté publiquement par des gens qui se livrèrent presque à des voies de fait sur lui. Comme le bon prêtre refusait de poursuivre ses assaillants, les blancs qui se respectaient n'en furent que plus indignés. Le gouver-

13. Missions des Oolats de Marie Immaculée, vol. III, p. 171.

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neur de la colonie, accompagné du juge O'Eeilly et du juge-en-chef M. Begbie, alla même, comme nous l'avons vu, le féliciter en personne dans son propre logis sur les résultats heureux de sa campagne en faveur de la tempérance et de la civilisation.

Le P. Grandidier fit, cette même année, un long et fatiguant voyage au travers de la Colombie Britannique dans l'intérêt spirituel des blancs et des Peaux-Rouges, au cours duquel il se rendit jusqu'aux célèbres mines d'or du Caribou. Quittant le fort Hope le 3 juillet 1861, il prit le chemin du fort Douglas et de Lillouet. A cette dernière place, dont les habitants avaient précédemment reçu le P. Durieu avec enthousiasme, il eut le chagrin de ressentir les effets délétères de l'hérésie. Des ministres protestants étaient passés par là peu auparavant, et le résultat de leur visite fut que les natifs manifestaient maintenant de la défiance et même de l'hostilité qui empêchèrent le prêtre de baptiser un certain nombre d'enfants.

Néanmoins il prêcha, exhorta et enseigna autant qu'il put dans les circonstances, programme qu'il suivit religieusement dans toutes les localités qu'il visita dans la suite. Hâtons-nous d'ajouter que l'intervention des prédicants à Douglas et à Lillouet n'eut en définitive aucun résultat durable. Il n'y a pas un seul protestant indien dans ces parages aujourd'hui.

Le voyage du P. Grandidier avait jusque-là été fait à pied. Malgré une chaleur sénégalienne, le

pauvre prêtre avait même dû porter ses bagages sur son dos. Plus au nord, il se procura un cheval avec lequel il se rendit jusqu'à Keithley Creek, Anler Creek et Williams Creek, les principaux centres de la région aurifère. Dans ces différentes places, il s'efforça de faire aux âmes des mineurs autant de bien que possible. Comme partout ailleurs, les Irlandais montrèrent par leur générosité jusqu'à quel point ils appréciaient sa bonne volonté.

En retournant à ses foyers, il se mit en contact avec les Indiens d 'Alexandria, ou fort Alexandre, qui furent charmés de voir un prêtre après un intérim de quatorze ans. Mais il protestèrent vigoureusement, et firent même preuve d'un découragement qui devait être fatal à leur avancement spirituel, lorsque le missionnaire dut leur annoncer qu'il ne pouvait rester en permanence chez eux.

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