Missions des Oolats de Marie Immaculée, vol. IV, p
fièvre de l'or poussait vers le nord. En 1862, huit ou dix mille étrangers s'abattirent sur la Colombie Britannique, gens qui ne donnèrent généralement que fort peu de consolations à leurs guides spirituels, malgré que ceux-ci n'hésitassent point à les suivre dans les montagnes agrestes où ils allaient chercher fortune. Nous avons déjà mentionné le rude voyage du P. Grandidier en 1861 ; Mgr Deniers se rendit luimême au Caribou au cours de 1863.
Cette invasion de la race blanche avait malheureusement les effets les plus délétères sur le bienêtre aussi bien matériel que spirituel des premiers habitants du sol. Non seulement leurs mœurs en souffraient, mais ils reçurent des nouveaux venus la plus terrible malédiction qui put affliger leurs tribus : la petite vérole se répandit bien vite parmi elles, et en peu de temps elle eut décimé leurs rangs d'une manière alarmante. Ceux qui ne sont point familiers avec le manque absolu de précautions hygiéniques en cas de maladie qui caractérise les aborigènes américains ne peuvent se faire une idée exacte des ravages que fit alors la terrible visiteuse au sein des tribus relativement populeuses et séparées les unes des autres par des distances généralement peu considérables 2.
Les missionnaires durent alors se transformer en
2. Quand l'auteur du présent ouvrage arriva à Victoria, le 26 juillet 1880, les prêtres de l'évêché lui assurèrent que, peu d'années auparavant, les forêts d'alentour étaient encore jonchées des ossements blanchis des victimes de la petite vérole.
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chirurgiens et en médecins. Le P. Pandosy vaccina plusieurs milliers d'Indiens; le P. Fouquet rendit le même service à au moins 7,000, et, à eux deux, les PP. Chirouse et Durieu firent la même opération sur un nombre égal ou à peu près.
La calamité qui occasionna ces nouveaux labeurs pour les missionnaires n'empêcha point l'inauguration en 1863 d'une nouvelle mission dans le voisinage du fort E-upert, sur une petite île près de la côte nord-ouest de l'île Vancouver. Saint Michel fut donné pour patron au nouveau poste. Disons de suite que les sauvages pour lesquels il fut établi n'apprécièrent jamais la source de bénédictions qui se trouvait à leurs portes. D'une grossière immoralité et encroûtés dans leurs anciennes coutumes et les superstitions d'un autre âge; par ailleurs dénués apparemment de toute aspiration religieuse autre que celle qui se manifestait par le battement du tambourin et les roulements de la crécelle magique, les Kwakwioutles récompensèrent leurs bienfaiteurs, les PP. Fouquet, Durieu et Lejacq, incontestablement les meilleurs missionnaires du Pacifique, en les tournant en ridicule, ou tout au moins en faisant preuve de la plus grande indifférence pour l'objet de leur mission; en sorte que, après des années de patients labeurs, les dignes prêtres durent les laisser à leur sort.
Dans l'extrémité méridionale de la même île Vancouver, des événements de nature moins décourageante réjouissaient alors le cœur de l'évêque et
des catholiques bien pensants parmi son petit troupeau. Tout d 'abord les sœurs de Sainte - Anne faisaient des merveilles avec leur école qui, dès 1863, comptait une trentaine d'élèves de toutes les religions. « L 'attention que ces femmes dévouées donnent aux pauvres et aux orphelins contribuent plus à leur assurer le respect et la confiance même des familles protestantes que ne pourraient le faire mille volumes de polémique théologique. La conduite des élèves des écoles catholiques sur la Côte, du moins au nord du Mexique, n'est surpassée par celle d'aucune maison d'éducation protestante. »
Ces remarques sont empruntées au livre d'un ministre protestant 3, et elles font autant honneur à leur auteur qu'à celles auxquelles elles sont consacrées.
Mgr Demers avait aussi établi une école pour les garçons dans sa ville épiscopale. Elle fut bientôt confiée aux Oblats qui la convertirent en un collège auquel ils donnèrent le nom de saint Louis, patron de leur supérieur, le P. Louis- J. D'Herbomez. On éleva alors pour cette institution un édifice en brique à deux étages, de 45 pieds sur 30, dont la première pierre fut bénite le 25 août 1863. Les directeurs de la nouvelle institution étaient le P. Baudre, président, avec le F. scolastique McGuckin et les FF. convers Allen et McStay comme professeurs.
Le Eév. James-M. McGuckin fut peu après or-