M. Macfie, Vancouver Island and British Columbia, p
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donné prêtre (1 novembre 1863), et, par suite de sa nationalité et de sa familiarité avec la langue anglaise, il devint bientôt un sujet très précieux.
Un peu plus de deux semaines après, une autre excellente recrue arrivait à Victoria. C'était le 19 novembre 1863, et le nom du nouvel arrivé était Charles-Jean Seghers, jeune prêtre originaire de Gand, en Belgique, où il était né le 26 décembre 1839. Bien que de santé délicate, M. Seghers fit dès son arrivée une bonne impression sur l'évêque de l'île Vancouver, qui lui confia presque immédiatement l'administration des finances de son diocèse.
Mais un événement d'encore plus d'importance, une mesure qui devait faire époque dans l'histoire des missions du Pacifique, nous voulons dire la division du diocèse de M8r Demers, allait bientôt devenir un fait accompli. Avant d'entrer dans cette nouvelle phase des missions du Pacifique, considérons un instant l'état de l'Eglise sur ces plages lointaines à la fin de 1863.
Nous trouvons alors le saint évêque qui la dirige à Victoria, où il lutte, aidé d'un ou deux prêtres séculiers, contre l'indifférence religieuse, sinon l'hostilité des blancs, pendant que quelques Oblats sont chargés du collège Saint-Louis. Sanitch et Cowitchan sont d'autres postes où l'on veille sur les intérêts spirituels des aborigènes et de quelques rares colons. A quelques milles de Victoria, comme cette ville était alors, se trouve Esquimalt, quartiers généraux du vicaire des missions oblates, où un père
et un frère de sa congrégation lui tiennent compagnie, quand ils ne sont point occupés aux soins du ministère parmi les matelots catholiques de la place et les quelques autres coreligionnaires des alentours. A l'extrémité opposée de la même île, est la mission Saint-Michel, tandis que, sur la partie continentale de la Colombie, nous trouvons les stations apostoliques de Saint-Charles, à New Westminster, Sainte-Marie, 35 milles plus haut sur le même fleuve, et l'Immaculée Conception, sur le lac Okanagan.
Les Oblats de ces divers postes, les véritables pionniers et les premiers missionnaires qui aient réussi parmi les Indiens du Pacifique, sont les PP. D'Herbomez, vicaire des missions, Chirouse, Pandosy, Richard, Durieu, Fouquet, Grandidier, Jayol, Lejacq, Gendre, Baudre et McGuckin. Au point de vue matériel, ils sont aidés par le F. Blanchet, scolastique qui n'est plus jeune et remplit les fonctions de procureur, ou économe, pour les différentes missions, ainsi que les FF. convers Vernet, Janin, Surel, Allen et McStay. Quelques autres prêtres oblats se trouvent encore à deux établissements en territoire américain, seules reliques des premières missions oblates de l'Orégon.
Les Indiens dont le bien-être spirituel était alors l'objet de la sollicitude de la plupart de ces missionnaires appartenaient à de nombreuses tribus qui pouvaient toutes se rattacher à six stocks, ou familles principales. Leur population est aujourd'hui
bien réduite; chacune de ces familles n'en existe pas moins toujours en tant qu'unité ethnique distincte.
Ces six stocks aborigènes sont, du nord au sud: les Dénés, les Tsimpsianes, les Haiclas, les Kwakwioutles, les Séliches et les Koutenays. A l'exception du dernier, chacun de ces groupes est en outre subdivisé en plusieurs tribus, parlant des dialectes différents, bien qu'évidemment apparentés sous le rapport de la terminologie et de la syntaxe. Les mœurs et coutumes de ces tribus ne sont point non plus identiques, et parfois leurs caractéristiques ethniques et leurs particularités physiologiques sont presque l'opposé de celles d'autres divisions de la même race.
Les Koutenays de la Colombie Britannique sent établis dans la vallée de la Colombie supérieure et de la rivière à laquelle ils ont donné leur nom. Ils ne sont aujourd'hui guère plus de 590, et se font remarquer par leur virilité, comme par leur entêtement, leur esprit sérieux et ia régularité de leurs mœurs.
Le stock séliche est, numériquement parlant, le plus important de toute la province. Son territoire est contigu à celui des Koutenays, et s'étend de 52° 30' de latitude à la frontière américaine et au delà. Il comprend aussi le littoral du nord Dean, sur le continent, et la plus grande partie de la moitié orientale de l'île Vancouver. Dans les limites de la province actuelle, cette famille est divisée en sept
tribus dont chacune possède un plus ou moins grand nombre de villages, formés de grandes maisons abritant plusieurs familles à la fois. Les plus connues de ces tribus sont les Ckouchouapes, qui sont établis le long d'une partie "de la Thompson et du Fraser, entre 51° et 52° 30'; les Stalos, sur le Bas- Fraser, de Yale à la mer, et les Sichalhs (communément appelés Sechelts), à quelque 50 milles de là sur la Côte. Les Séliches de la Colombie Britannique sont aujourd'hui au nombre de 11,000.
Dans la même province, les Dénés sont divisés en cinq tribus, dont la principale est celle des Porteurs, qu'évangélisa M. Demers. Ils forment un total d'environ 2,500 âmes.
Immédiatement à l'ouest de cette famille, sont les Tsimpsianes (près de 5,000) qui, comme les Kwakwioutles du littoral du Continent et des îles (lesquelles ne sont plus guère que 1,900), ainsi que les Haidas de l'île de la Eeine Charlotte (2,000), sont essentiellement des familles maritimes. Ils habitent les vallées de la Skeena et de la Nass, ainsi que la côte qui s'étend entre l'embouchure de l'une et de l'autre de ces deux rivières. La plupart des représentants de ces trois familles du Pacifique septentrional sont plongés dans la débauche et l'intempérance 4. Ils n'ont jamais voulu ouvrir les yeux à la
4. C'est parmi les Tsimpsianes qu'un homme capable et entreprenant, M. William Dunean, établit une mission qui fut longtemps célèbre par ses succès de civilisation, mais qui devait piteusement crouler faute de base solide — la soumission à l'autorité légitime — pour aller se reproduire sous une forme modifiée dans une île de
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lumière évangélique que leur portèrent les premiers Oblats et, au point de vue numérique, leurs excès même les ont réduits à un état où ils ne sont plus qu'une ombre de ce qu'ils étaient autrefois. Certaines de leurs tribus ne sont même guère plus aujourd'hui qu'un nom conservé par la tradition.
Nous avons déjà entendu des protestants rendre publiquement témoignage à la merveilleuse transformation qui s 'était opérée parmi les aborigènes de la partie méridionale de la province. Avant de reprendre le fil de notre récit, nous nous permettrons d'ajouter à leurs appréciations la note discrète d'un ministre à l'esprit droit, qui devint auteur après un séjour de quelques années sur le Pacifique. Nous lisons donc ce qui suit dans l'ouvrage de Macfie déjà cité:
« Arrivant en canot à Cowitchin, un soir d 'été, vers huit heures, après une longue journée passée
l'Alaska. Sous les auspices d'une société religieuse d'Angleterre qui lui fournissait les fonds nécessaires, M. Duncan réunit à Métlakahtlah, non loin du fort Simpson, quelques centaines de Tsimpsianes qui, avec le temps, adoptèrent beaucoup des pratiques extérieures du monde civilisé, avec une sorte de protestantisme anodin et tout à fait éclectique, qui ne se préoccupait d'aucune autre autorité que celle du directeur de la mission. Un évêque anglican étant venu étaler son ritualisme aux yeux d'Indiens qui s'arrogeaient toutes les prérogatives du libre examen, ses prétentions ne furent du goût de personne. Après de longs démêlés fort peu édifiants, qui fourniraient la matière à une épopée tragi-comique plutôt qu'à un récit de missions, on vit à Métlakahtlah l'étrange spectacle d'un " évêque " arrêté par l'un de ses subalternes qui, aux yeux du pouvoir civil, jouissait du titre de juge de paix. Une corvette dut être envoyée au lieu des désordres, et, après une longue controverse et certains litiges, il fut décidé que Duncan devait laisser aux représentants de ceux qui l'employaient la libre disposition des immeubles qui leur appartenaient, ou bien se retirer. Il choisit la dernière alternative, et une assez grande partie de ses Indiens le suivirent au territoire américain.
à pagayer, j'entendis chanter à l'église indienne, qui avait été construite en grande partie, sinon tout à fait, aux frais des aborigènes. C'était une construction en troncs d'arbres d'environ 50 pieds sur 20 bâtie sur une hauteur. A quelque distance en avant, se dressait une énorme croix — cet emblème sacré tenant habituellement compagnie aux stations des missionnaires catholiques.
« Etant entré dans l'église, je remarquai un frère qui enseignait à de jeunes sauvages quelques cantiques dont l'on se sert au cours des exercices religieux. Ils les chantaient avec goût et vigueur. En se retirant, ils ne manquaient pas de faire le signe de la croix.
« Je visitai le pasteur, qui vivait dans une humble baraque contiguë à l'église, et je ne pus m 'empêcher d'être frappé de l'abnégation exemplaire dont il faisait preuve dans ses labeurs ardus. Il avait vécu là quelque temps avant l'arrivée des blancs clans la localité, et, malgré l'absence absolue de tout confort et même l'insuffisance des nécessités de la vie qui étaient son partage, il paraissait gai et heureux. Il n'y avait chez lui aucune disposition à exagérer les résultats de ses efforts. Je dois même tous les rapports favorables que je reçus à des témoins désintéressés de ses travaux. J'appris que le dimanche des centaines d'Indiens assistaient aux offices; qu'il avait réussi à faire observer la monogamie, et que, sous beaucoup d'autres rapports, les mœurs de son peuple ne laisaient rien à désirer.
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« On me parla d'un cas de marchands illicites de whiskey qui, ayant essayé de débarquer de l'alcool de leur sloop, furent repoussés et leurs barils roulés dans la mer. Je crains bien que nous cherchions inutilement l'exhibition d'un semblable zèle pour la cause de la morale et de la tempérance dans un centre blanc de la même importance 5. »
Or, malgré les succès des prêtres catholiques parmi la majorité des Indiens, de nombreux prédicants protestants leur faisaient une guerre à outrance. Il nous faut ajouter qu'ils essayaient trop souvent de compenser leurs insuccès en répandant les bruits les moins fondés sur la position des « prêtres étrangers » et le sort qui attendait leurs prosélytes, même au point de vue temporel. Il arriva pourtant qu'en mai 1864 le gouverneur, Sir Jamos Douglas, résolut d'avoir une grande fête publique pour célébrer l'anniversaire de la naissance de la Eeine. Voulant réunir à cet effet autant d'Indiens que possible, il s'adressa à leurs guides spirituels, les missionnaires français que d'aucuns méprisaient tant.
En conséquence, le R. P. Fouquet descendit de Sainte-Marie à New Westminster avec une flottille de six ou sept cents canots montés par environ 3,500 Indiens, avec 60 drapeaux de la tempérance — une croix rouge sur un fond blanc entouré de rouge, avec les mots-programme Religion, Tempérance, Civili-