‹ Histoire de l'Église catholique dans l'Ouest canadien (volume 2)Chapitre 55 sur 86 · Vancouver Island and British Columoia, pp · texte numérisé non relu

Vancouver Island and British Columoia, pp

sation en grosses lettres d'or. Le P. Gendre se trouvait là aussi avec les enfants de son école. En face de la résidence du gouverneur, eut lieu un rassemblement des différentes tribus, en présence des blancs de la ville qui n'avaient jamais vu tant d'aborigènes à la fois. Le P. Gendre décrit ainsi ses impressions à la vue de la réception officielle des chefs et de leurs sujets:

« Enfin, à midi, l'heure indiquée sur le programme de la fête, le R. P. Fouquet, invité à occuper la place d'honneur, se rend à la résidence de Son Excellence. Le gouverneur sort alors de ses appartements avec ses premiers officiers en grande tenue ; il est accompagné de ses gardes et il s'avance précédé d'un corps de musique. Arrivé au lieu de la réunion, toutes les têtes se découvrent, et un tonnerre de vingt mille hourras acclame Son Excellence et retentit au loin. Quel moment solennel pour nos chers sauvages! Il fallait les voir, les yeux écarquillés, la bouche entr'ouverte, contempler ce premier chef anglais, aux habits et aux épaulettes d'or, tandis qu'à sa droite marchait, plus humble qu'une violette, le modeste P. Fouquet, avec un misérable chapeau sur la tête, vieux rebut qu'il trouva dans notre pauvre maison de New Westminster, et qui remplace celui que la tempête lui a enlevé. C'était un beau jour pour le missionnaire 6 ! »

6. Missions, vol. IV, p. 300-01. Léon-Marie-Joseph Fouquet naquit le 30 avril 1831 à Argentré-les-Laval, France, de Jean Fouquet et de Marie-Renée Caluau, et fit son oblation perpétuelle au scolasticat de Montolivet, près Marseille. Là, il fut ordonné prêtre par Mgr de

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Après une série de discours, le représentant de la souveraine distribua des cadeaux à tous les chefs que lui présentèrent leurs missionnaires. Sur cinquante-huit, un seul, avec une douzaine de sujets, appartenait aux ministres protestants. En sorte que, non seulement les résultats du zèle catholique devinrent alors évidents, mais les propos insidieux des adversaires des prêtres furent publiquement réfutés par la manière dont leurs ouailles furent traitées.

Chaque année qui suivit, le même anniversaire devint l'occasion de fêtes semblables, et par conséquent de triomphes identiques pour la religion catholique, à peu près jusqu'au jour de l'entrée de la colonie dans la Confédération canadienne en 1871.

Mais il nous faut maintenant en venir au grand événement de 1864. Le champ confié aux soins de M^ Demers était évidemment trop grand pour qu'un seul homme en put diriger les ouvriers. Ce qu'on appelait alors la Colombie Britannique, par opposition à l'île Vancouver (qui formait une colonie distincte) fut donc constitué en vicariat apostolique avec le R. P. Louis-Joseph D'Herbomez comme premier pasteur.

Bien que de santé assez délicate, ce père s'était

Mazenod le 25 juin 1854, et, après avoir professé quelque temps à la même institution, il fut envoyé en Colombie Britannique le 27 juillet 1859. Il mourut à la mission Sainte-Marie le 8 mars 1912 après une maladie d'à peine huit jours. Doué d'une énergie indomptable et d'un amour pour le travail peu ordinaire, il exerçait encore, deux mois avant sa mort, son ministère près des blancs de la vallée du Bas- Fraser dont les différents groupes formaient sa "paroisse".

Mgr D'HEBBOMEZ, O. M. I.

toujours fait remarquer par ses travaux et surtout par la sûreté de son jugement, ainsi que par ses capacités exceptionnelles pour le gouvernement des hommes. Né à Brillon, au diocèse de Cambrai, le 17 janvier 1822, il avait été ordonné le 14 octobre 1849 par M^ de Mazenod, le fondateur de l'institut des Oblats. Il s'était rendu en Orégon en 1850, faisant le voyage sur le cap Horn, et, depuis le retour en France du P. Eicard, supérieur des Oblats du Pacifique, il avait représenté le général de son ordre dans leur pays d'adoption.

Signature de Mgr d'Herbomez

Préconisé évêque de Miletopolis le 20 décembre 1863, il ne put être sacré que le 9 octobre de l'année suivante. M^ Blanchet, archevêque d 'Orégon City, fut le prélat consécrateur, et il fut assisté par M61" Demers et le P. Fouquet qui, en vertu de pouvoirs spéciaux, remplit le rôle de troisième évêque.

Ce fut un grand jour pour Victoria, qui eut une espèce de contrepartie dans le 16 octobre 1864, alors que M*1" D'Herbomez fit son entrée solennelle à New Westminster, qui devait dès lors être sa résidence officielle jusqu'à sa mort.

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