CHAPITRE V
Le P. Fouquet avait répété en 1864 le long voyage anx mines du Caribou et points intermédiaires déjà exécuté par le P. Grandidier et Msr Demers. Quittant New Westminster le 11 juin, il visita l'un après l'autre, mais sans résultats bien tangibles au point de vue religieux, les divers campements des mineurs; après quoi il dirigea ses pas vers le pays des Tckilkotines, dont il ne put voir les habitants, qui se trouvaient alors dispersés dans les défilés de leurs montagnes.
Puis, de concert avec ses confrères, il continua à ajouter les fonctions de chirurgien à celles de médecin des âmes. On calcule que, au mois de décembre 1864, les missionnaires oblats devaient avoir vacciné plus de quinze ou seize mille Indiens. De plus, comme pour montrer la variété de leurs connaissances et l'universalité de leur compétence, l'un d'eux, le P. Fouquet, publia en juin 1865, une brochure anglaise dans laquelle il démontrait victorieusement le droit des catholiques à une éducation chrétienne et l'injustice de les forcer à contribuer au
soutien d'écoles dont ils ne pourraient en conscience se servir pour leurs enfants.
La question des écoles était alors à l'étude, et elle intéressait d'autant plus le public que l'union des deux colonies de l'île Vancouver et de la Colombie Britannique formait alors l'objet de vives discussions. Elle fut l'occasion de plusieurs assemblées publiques et de correspondances dans les journaux, qui, malheureusement ne prirent guère en considération les aspirations des catholiques en cette matière. Cette question n'a jamais eu la solution qu'elle mérite dans la province d 'outre-Rocheuses, et l'absence d'un système scolaire chrétien a toujours été une tache à son écusson.
Quant aux catholiques eux-mêmes, ils ne négligeaient alors aucune occasion de montrer l'intérêt qu'ils prenaient au bien-être de leurs concitoyens, protestants aussi bien que catholiques. Ainsi, le 16 octobre 1864, ils fondèrent à Cowitchan un orphelinat dont ils chargèrent les sœurs de Sainte- Anne, et le 20 juin de l'année suivante la même communauté jetait à New Westminster les bases d'un hôpital qui devait traiter, souvent gratuitement, les malades de n'importe quelle religion.
Au printemps de 1865, M51" D'Herbomez entreprit une série de voyages par lesquels il voulait prendre contact avec son nouveau troupeau et se rendre plus facilement compte de ses besoins. En même temps, le P. Durieu faisait voile pour l'ingrate mission de Saint-Michel, dont les Indiens étaient « très loin du
ciel», ainsi que l'écrivait le P. Fouquet, et le P. Gendre prenait le chemin du Caribou, pour y donner à son tour l'occasion aux mineurs de remplir leurs devoirs religieux.
Dans l'automne de cette même année 1865, arriva d'Irlande un jeune prêtre, le P. Edouard Horris, qui, bien que dépourvu de brillantes qualités intellectuelles, n'en était pas moins destiné à faire beaucoup de bien aux blancs du Bas-Fraser par son affabilité et son dévouement. New Westminster allait être ses quartiers généraux. Il y commença sa carrière en enseignant, avec le F. Allen, au collège Saint-Louis, pendant de l'institution du même nom à Victoria, que M67 D'Herbomez venait d'établir à deux pas de sa résidence. L'année suivante, les Oblats se retirèrent du collège de Victoria pour concentrer leurs efforts sur celui de New Westminster.
Egalement en 1866, Mgr D'Herbomez, qui avait déjà visité les postes du Bas-Fraser, dirigea ses pas vers Douglas et Lillouet, puis se rendit à Kamloops et à Okanagan, où un certain nombre de Français, d'Allemands et d'Anglais profitèrent de son ministère. Sur ces entrefaites, le P. Grandidier offrait pour la seconde fois le même privilège aux travailleurs des mines d'or du Caribou.
Puis, comme la partie continentale de la Colombie croissait toujours en importance, de nouveaux plans, dont l'exécution demandait un personnel plus nombreux, furent élaborés pour son évangélisation. Le vicaire apostolique se vit donc dans la nécessité de
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rappeler les Oblats qui restaient sur l'île Vancouver, afin d'être plus en état de faire face à tous les besoins qui se faisaient sentir dans le vaste champ assigné à son zèle, c'est-à-dire le territoire qui constitue aujourd'hui la Colombie Britannique, à l'exception de l'île Vancouver. Son vicariat comprenait même la région connue aujourd'hui comme le pays de la rivière la Paix, juste à l'est des montagnes Rocheuses, ainsi que le groupe important des îles de la Eeine Charlotte.
Par cette mesure qui s'exécuta au cours de 1866, le diocèse de Mgr Demers demeura exclusivement entre les mains des prêtres séculiers.
Ceux-ci n'y furent jamais nombreux, mais ceux d'entre eux qui restèrent longtemps à leur poste en eurent d'autant plus de mérite qu'aucun autre lien que leur zèle pour le salut des âmes ne les attachait à leur ministère. Nous avons déjà vu l'abbé Rondeau à Quamitchan. A l'époque que nous avons atteinte dans notre récit (1867), l'abbé J.-J. Jonckau, jeune prêtre belge, offrit ses services à l'évêque de l'île Vancouver. Jusqu'à sa mort, qui arriva en 1888, il travailla fidèlement dans les missions du Pacifique. Deux ans plus tard, le 19 octobre 1869, arrivait à Victoria un autre prêtre de la même nationalité, M. Auguste-Joseph Brabant, qui devait se faire remarquer autant par son inlassable persévérance, même au sein de la mauvaise fortune, que par son dévouement sans bornes pour les Indiens revêches qui lui doivent d 'avoir fini par apprécier le don de Dieu.
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En attendant, M. Ch. Seghers faisait de temps en temps des sorties de Victoria pour visiter les indigènes de Nanaïmo (les Nanaïmouhs), Chemainus et autres places sur Pile. Mais ses forces trahirent bientôt son courage. Il tomba sérieusement malade et fut si affaibli par de fréquents et copieux vomissements de sang, qu'il dut temporairement rentrer en Europe (octobre 1867), au moment où M51" Demers, appelé au Concile du Vatican, pensait à lui confier l'administration de son diocèse.
Pendant que ces dignes missionnaires rivalisaient de zèle pour l'avancement spirituel des blancs et des Peaux-Rouges de l'Ile, le nouveau pasteur de la colonie continentale était sur le point d'entreprendre une très importante tournée apostolique dans le même but. Les aborigènes de la Nouvelle- Calédonie, auxquels les visites de Demers et de Nobili avaient déjà porté la connaissance du vrai Dieu, avaient, faute d'ouvriers évangéliques, été laissés à eux-mêmes depuis 1847. Exactement vingt ans après, l'un de leurs principaux cbefs étant descendu à Quesnel, village de traite au confluent de la rivière du même nom avec le Fraser, il y rencontra le P. Mc- Guckin qui venait de fonder (mai 1867) une nouvelle mission pour les Choucliouapes, les Tehilkotines, quelques villages porteurs et les blancs du Caribou, près du lac William, qui avait vu, longtemps auparavant, la cabane de M. Demers. Le chef porteur sollicita vivement la visite d'un prêtre à son peuple lointain. En réponse à sa demande, Msr D'Herbo-
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mez promit d'aller lui-même évangéliser son pays.
En conséquence, il partit le 18 avril 1868 avec le P. Lejacq, qu'il devait laisser en chemin à la mission Saint- Joseph du lac William. C'était le commencement d'un voyage de cinq mois.
Au fort Alexandre, ou Alexandria, comme cette place était maintenant plus souvent appelée, le prélat prit avec lui un jeune mais intelligent sauvage qui devait l'interpréter clans le district auquel il se rendait. Arrivé à Stony Creek, son parti fut reçu avec enthousiasme, et les enseignements de l'évêque firent autant d'impression qu'il était possible après la démoralisation opérée par les mineurs qui passaient par là dans leur course vers la région aurifère de l'Ominéca.
Il eut bientôt une preuve des idées sordides que le commerce des blancs avait engendrées chez les indigènes. A la fin de la mission, on lui demanda $10.00 pour l'usage d'un canot dont il avait besoin pour se rendre au lac Stuart, centre géographique et social de leur pays.
— Quoi, s'écria-t-il alors, j'ai fait plus de cinq cents milles pour venir vous faire du bien, et vous voudriez me traiter comme l'un de ces blancs qui ne viennent ici que pour s'emparer de l'or que recèlent vos rivières ! Si je devais vous payer pour n'importe quel service, j'aurais honte de vous et ne pourrais vous reconnaître pour mes enfants.
Cette réprimande eut le résultat désiré.
Disons de suite que l'une des secrètes raisons du
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succès des Oblats parmi les indigènes de la province maritime de l'Ouest a été leur insistance pour être traités comme les envoyés de Dieu, pour être regardés comme des personnes de caractère sacré qu'on doit aider sans aucune autre rémunération que le sentiment d'avoir coopéré au salut des âmes tout le temps que ces personnes exercent leur ministère dans une localité. L'Indien qui fait quelque chose pour sa religion prend goût à cette religion et en prise d'autant plus les bienfaits; il accorde son respect et fait preuve d'obéissance à son ministre en proportion de la générosité qu'il manifeste pour en faciliter la tâche. On l'a donc soigneusement habitué à transporter gratis le missionnaire d'un village à un autre et à le nourrir autant que possible pendant qu'il travaille au bien spirituel d'une localité.
Après avoir prêché une retraite au lac Fraser, M87 D'Herbomez retourna à Stony Creek, d'où il partit pour le lac Stuart. Il vit pour la première fois cette belle nappe d'eau le lundi de la Pentecôte, et donna une mission de huit jours à ses habitants réunis au village situé près du fort, parmi lesquels un très grand bien se fit. Puis il se rendit au lac Babine, où il fut reçu avec plus de curiosité que de véritable empressement religieux. Ces Indiens venaient de commencer une série de fêtes accompagnées de danses et de jeux de hasard, dont il s'efforça de leur démontrer les dangers.
Avant de quitter définitivement le nord, le prélat visita les mines d'or de Caribou, dont la population
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était maintenant fière de la possession d'un petit journal dont le matériel avait été acheté de M^ Demers \ Cette petite feuille se répandit en éloges sur Mgr D'Herbomez, qui, du reste, fut traité avec générosité par les Français et les Irlandais qu'il rencontra. Il descendit alors la vallée du Fraser ; puis s'en détourna pour se diriger du côté du lac Okanagan, où il répéta ses efforts dans l'intérêt de son peuple.
L'un des résultats de cette visite pastorale fut la nomination du P. McGuckin au poste de Eichtield,
1. Qui l'avait fait venir de France dans le but de s'en servir dans l'intérêt de son diocèse. Le journal de la contrée minière était le Caribou Sentinel.
Ce journal était surtout remarquable par le prix de son abonnement et le milieu dans lequel il se publiait. Ce milieu n'était autre que les montagnes du Caribou qui, désertes hier, étaient destinées à rentrer avant longtemps dans la solitude où elles se trouvaient avant la découverte de l'or dans leurs flancs, ou peu s'en faut. Il s'adressait uniquement aux mineurs des alentours, et se payait d'abord 52 piastres par an, soit une piastre (un peu plus de 5 francs) le numéro. Un M. Wallace en fut le fondateur, et cette feuille vit pour la première fois le jour le mardi 6 juin 1865. L'année suivante, M. Alexandre Allen en prit la direction après un court intervalle de suspension, il en continua la publication jusqu'après 1872, ayant soin d'en diminuer de moitié le prix d'abonnement.
M. Hagan, catholique irlandais que nous avons bien connu, en acheta le matériel, et fonda en 1880 l'Inland Sentinel qu'il publia d'abord à Emory, sur le Bas-Fraser, puis en transporta le siège en 1881 cinq milles plus haut, à Yale, petite ville que rendait alors très prospère la construction du C P. R. Peu après, rédacteur et journal émigrèrent à Kamloops, dont le premier rêvait de faire la capitale de la Colombie Britannique. Ayant ensuite vendu le Sentinel et son matériel, M. Hagan se retira à l'école industrielle de Kamloops, où pendant quelque temps il fit la classe aux garçons indiens, et sa feuille — qui se publie toujours sous le même nom — s'étant procuré des machines plus perfectionnées que la presse à main de Mgr Demers, le Dr Marc Wade, qui possédait le tout en 1912, fit, cette même année, cadeau de l'ancienne presse du prélat catholique aux sœurs de Sainte-Anne établies à Kamloops.
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Caribou, d'où ce père visita ensuite périodiquement les autres centres miniers de la contrée.
Nous pouvons aussi mentionner le fait que M^ D'Herbomez jouit pendant la dernière partie de son voyage de la compagnie du T. R. P. Charles Jolivet 2, qui avait été envoyé de Paris en qualité de visiteur spécial des missions du Pacifique. Le P. Jolivet joignit le prélat au lac William pendant que celui-ci revenait de sa grande tournée en pays sauvage. Arrivé à New Westminster, le Père Visiteur prêcha une retraite à un certain nombre d'Oblats, puis alla inspecter la mission Saint-Michel et s'assurer du bien-fondé des rapports qui la représentaient sous un jour si défavorable.
Un autre résultat de la tournée apostolique de l'évêque fut la bénédiction d'églises à Clinton pour les blancs et pour les sauvages, et à Quesnel, Alexandria, Soda Creek, Tlitenaiten et Pavillon pour les Indiens. La dernière de ces églises était la cinquante-cinquième qu'il avait ouverte au culte pendant les quatre ans qu'il avait été chargé de la partie continentale de la Colombie Britannique.
C'était là sans contredit des indices d'un progrès réel. ■
La mission du lac William était alors (1868) sous la direction du P. McGuckin qui, comme nous venons de le voir, résidait maintenant une bonne partie du
2. Plus tard vicaire apostolique de Natal, dans l'Afrique australe.
temps à Eichfield; celle de Sainte-Marie était gouvernée par le P. Durieu; celle de l'Immaculée Conception avait pour supérieur le P. Pandosy; le P. Horris desservait la paroisse de New Westminster, et le P. Fouquet luttait vainement contre l'indifférence des Kwakwioutles de Saint-Michel
A son retour à New Westminster, M^ D'Herbomez fut charmé de recevoir, le 24 novembre 1868, deux nouvelles recrues pour ses missions dans la personne des PP. Charles Marchai et Denis Lamure. Caractère de feu, plein d'un zèle que ne tempéraient pas toujours le tact et la discrétion, le premier devait travailler longtemps dans la Colombie, souvent sans arriver aux résultats qu'il avait en vue. Quand au second, il n'était point destiné à fournir une longue carrière dans sa nouvelle patrie. Il n'y avait été que deux ans lorsque, le 17 décembre 1870, il fut emporté par le plus triste des accidents. Il était stationné à Sainte-Marie, mission autrefois fameuse par sa pauvreté et les privations que devaient endurer ses membres. Dans ces circonstances, la chasse était plutôt une corvée qu'une récréation. Le P. Lamure s'était un jour engagé dans un fourré, espérant y trouver quelque pièce de gibier qui put apporter un peu de variété au maigre menu de sa communauté, en compagnie d'un frère convers qui marchait derrière lui, lorsqu'une branche d'arbrisseau étant venue en contact avec le chien du fusil de ce dernier, causa une explosion de l'arme dont le
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contenu alla se loger dans le corps du pauvre prêtre. Il en mourut quelques heures plus tard3.
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Signature du P. Lejacq
Laissant les bords ensanglantés du Fraser, nous voyons, au cours de 1869, le P. Lejacq marcher sur les pas de son évêque et quitter le lac William, où il était alors stationné, pour prendre le chemin du nord. Les Porteurs le reçurent bien; mais les Babines prirent occasion d'une épidémie de rougeole qui les avait visités pour se plaindre des agissements secrets des « sorciers français », ainsi que leurs voisins tsimpsianes leur avaient appris à appeler les missionnaires catholiques. Mais la bienveillance, la douceur et la faculté de persuasion que possédait le bon père finirent par avoir raison de ces difficultés.
Au Eocher Déboulé 4, sur la Bulkley, il assista à l'une des grandes foires qui s'y tenaient annuellement. Des centaines, sinon des milliers, de négo-
3. Le P. Lamure était un musicien, qui donna un certain lustre à une fanfare dont les membres étaient les enfants de l'école Sainte- Marie, fanfare que l'auteur de ces lignes devait ressusciter en 1880.
4. Ce nom était dû au fait qu'une partie de montagne, à quelque distance de là, s' étant soudain écroulée, elle tomba en travers de la rivière, dont elle barra momentanément le cours.
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ciants aborigènes étaient arrivés de la mer pour y échanger avec des Indiens qui n'avaient jamais encore été visités par le prêtre les produits des navigateurs de race européenne et les leurs contre les pelleteries, peaux tannées et autres articles des naturels de l'intérieur.
Ces rassemblements de bordes étrangères les unes aux autres qui n'avaient point encore subi le joug de l'Evangile étaient toujours dangereux pour la paix des tribus et la sûreté des individus. Le P. Lejacq en eut bientôt une preuve.
Un jour, son bote lui demanda si chacun n'était pas tenu de payer ses dettes.
— Sans doute, répondit le missionnaire, qui ne soupçonnait aucun piège.
Là-dessus, l'Indien alla trouver un Atna, ou étranger de race tsimpsiane.
— Tu me dois tant de couvertures, lui dit-il ; de l'avis du prêtre, je te prends donc ceci comme paiement.
Et le Babine s'en alla avec les marchandises qu'il venait d'arracher à l'Atna.
Furieux de cette intervention, l'étranger jura de se venger sur le blanc qu'il croyait la cause de l'incident, et pendant quelque temps il sembla que les jours de celui-ci étaient comptés. Sa vie fut certainement en danger, l'Atna n'attendant que le moment où il serait seul pour le tuer. Le missionnaire n'en resta pas moins quatre semaines parmi ces In-
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diens, qui étaient malheureusement trop en contact avec les Tsimpsianes pour lui donner les consolations auxquelles les autres Dénés l'avaient habitué 5.
5. Ce contact avait naturellement occasionné de fréquents mariages de tribu à tribu, qui avaient considérablement modifié le caractère déné que ces Indiens tenaient de leurs ancêtres. Nous verrons, à notre quatorzième chapitre, que ces " Babines de la rivière " furent les derniers de tous les indigènes du district à 'accepter le joug de l'Evangile dans toute son intégrité.