Le juste vit de foi." (Heb., X
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vaient rendre aux filles des Indiens les mêmes services que le pères oblats rendaient à leurs garçons depuis 1863. En outre de tout ce qui s 'apprend dans une école élémentaire, elles allaient leur enseigner la couture et la broderie, sans compter l'art tout aussi nécessaire de tirer le meilleur parti possible des aliments qu'elles auraient à préparer pour la table.
Le 20 septembre suivant, arrivaient à New Westminster trois autres sœurs du même institut qui devaient se rendre jusqu'à la mission du lac William et y fonder une école industrielle pour les filles indiennes, tandis que sur l'île Vancouver deux jeunes prêtres, précieux renforts pour les missions de ce diocèse, offraient leurs services à Mgr Seghers. C'étaient les abbés J.-N. Lemmens et Joseph Nieolaye, tous les deux natifs de Hollande. Nous aurons plus tard à mentionner le premier à l'occasion d'une position des plus honorables. Quant au second, nous pouvons dire dès maintenant que, pendant cinq ans, il se dévoua au bien spirituel des Indiens, pour exercer ensuite pendant plus de trente-cinq ans son ministère parmi les blancs de son diocèse d'adoption.
Ce diocèse comptait en 1876 quelque 5,400 catholiques sur une population totale d'environ 30,000 âmes. Il possédait en même temps onze églises ou chapelles, une école pour les garçons et deux pour les filles, deux orphelinats, deux couvents et un hôpital, dont on venait d'achever la construction. Cependant, la petite mais vigoureuse peuplade
que formaient les Koutenays correspondait aux grâces dont le P. Fouquet était en partie le dispensateur. Au cours de cette même année 1S76, la mission établie au milieu d'eux put se considérer comme désormais complète après l'arrivée à Saint-Eugène du P. Edmond Peytavin au mois d'août 1876. Le directeur de ce poste avait désormais son socius ecclésiastique, et il allait encore plus facilement faire avancer dans les voies spirituelles des Indiens qui, tout froids, entêtés et hautains qu'ils étaient par nature, ne s'en étaient pas moins toujours montrés favorables aux pratiques de la vie chrétienne, ainsi qu'on peut en juger par les rapports de tous les voyageurs qui vinrent jamais en contact avec eux. Nous en avons déjà donné des preuves; en 1872, le colonel Robertson Ross, alors commandant de la milice canadienne, écrivait ce qui suit au cours d'un rapport officiel qu'il fit sur un voyage qu'il venait d'accomplir à travers le continent:
«Les Indiens koutenays à l'ouest des montagnes Rocheuses sont bien plus civilisés que les Cris ou les Pieds-Noirs. . . Pendant la journée que je passai avec la bande des Koutenays, la cloche sonna trois fois au camp pour appeler à la prière. Ce sont de fameux chasseurs, de bons cavaliers, et ils se tenaient tout prêts à se mesurer avec les Pieds-Noirs si l'occasion s 'en était présentée 3. »
3. Report of a Reconnaissance of the North-West Provinces and Indian Territories of the Dominion of Canada, p. 16 (imprimé privément pour un cercle spécial de lecteurs).