M. Brabant mourut à Victoria le 4 juillet
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un manquement grave aux bonnes mœurs. Le jeune P. Chirouse prêchait alors une retraite dans le voisinage. Un fonctionnaire fanatique du gouvernement de la Colombie Britannique crut voir dans cet incident une excellente occasion de manifester son hostilité pour l'Eglise catholique et sa désapprobation de toute correction corporelle parmi les indigènes. Il fit donc arrêter le P. Chirouse, avec le chef de Laf ontaine et quatre de ses officiers; mais il dut bientôt relâcher ses prisonniers sur le paiement par des blancs qui leur étaient sympathiques de $1.000, que le juge exigea comme caution en attendant leur procès.
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Signature du P. E.-C. Chirouse
Inutile de remarquer que cette indignité occasionna un profond mécontentement parmi les Indiens et les blancs respectables de la province. Le pauvre missionnaire n'était pourtant pas au bout de ses humiliations. Accusé devant le tribunal de New Westminster de complicité dans des voies de fait dont les Indiens avaient été les fauteurs principaux, il fut condamné à un an d 'emprisonnement 5, tandis que ceux-ci recevaient une sentence de six mois de
5. Exactement ce que lui avait prédit l'individu qui l'avait arrêté.
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détention. Néanmoins, comme résultat de nombreux articles de journaux, de pétitions et de lettres par les deux évêques catholiques de la province, les prisonniers furent presque immédiatement relâchés.
Il n'en faut pas moins admettre que l'interférence des fanatiques du pays de Lillouet fut un coup sérieux porté à la discipline, à l'ordre et aux bonnes mœurs chez les sauvages, surtout ceux du sud, dont les officiers devinrent en conséquence peu portés à s'attirer les peines disciplinaires des blancs en réprimant à leur manière les désordres qui pouvaient se produire chez leurs propres gens.
D'un autre côté, nous devons ajouter que, bien que les représentants de l'Eglise sur le Pacifique aient certainement encouragé la pratique des punitions corporelles, on ne saurait mettre leur adoption à leur crédit. Plusieurs tribus de la Colombie avaient originairement recours à pareil expédient pour faire expier des fautes publiques, ou même parfois secrètes. Nous savons personnellement que tel était le cas chez les Tchilkotines, qui avaient autrefois l'habitude de demander même pareils châtiments à leurs chamans. De même, lorsque le P. de Smet visita pour la première fois les Koutenays en 1840, il ne tarda pas à remarquer que parmi eux « toute tentative de séduction, par des jeunes gens ou des adultes, était punie d'une bonne flagellation 6 ».
Par manière de contrepoids à l'indignité dont