Keproduite dans Le Manitoba du 3 mai
3. Il paraîtrait par un des nombreux livres écrits sur ce pays à l'époque de sa vogue que Selkirk, ou bien n'était pas du goût des prédicants, ou bien ne contenait pas beaucoup de protestants. Voici en effet ce qu'un auteur non catholique en écrivait en 1898:
" A quelques pas du magasin, se trouve (ou se trouvait) une église appartenant à la mission de l'Eglise d'Angleterre. L'avis suivant était cloué à la porte : " Mission Saint-Sauveur, Eglise d'Angleterre. Un " court office en anglais se fait chaque dimanche à deux heures et " demie de l'après-midi. " Néanmoins, ceux qui avaient besoin de consolations spirituelles doivent avoir été mal partagés. Le pasteur de cette triste paroisse avait apparemment, comme on dit en français, "pris la clef des champs", et, à en juger par l'intérieur négligé et poussiéreux de la chapelle, il avait été au moins quelques mois absent " (H. de Windt, Through tlie Gold-Fields of Alaska to Bering Straits, pp. 90-91; Londres, 1898).
Un autre auteur (Robert-C. Kirk, Tivelve Months in the KlondiTce, p. 230; Londres, 1899) parle d'une école pour les filles indiennes tenue par les catholiques à un poste appelé Forty-Mile Creek. Il fait erreur, et ses remarques à ce propos doivent s'entendre de la mission des PP. jésuites à Sainte-Croix, en Alaska.
392 l'église dans l ouest canadien
« Les froids nous ont pris cette année quinze jours plus tôt que l'année dernière. Le steamer [Stratton] descendait paisiblement le Youkon au milieu de glaçons flottants, louvoyant avec difficulté à travers les banquises.
« Le 24 octobre dernier, à minuit, ce bateau s 'est trouvé pris dans les glaces, pressé, écrasé; il a fini par disparaître sous la glace avec un bruit effrayant causé par l'explosion de la chaudière et les craquements de la coque écrasée par les banquises. Les passagers ont eu juste le temps de sauter sur la glace mouvante qui les environnait; puis le bateau a sombré avec toute sa cargaison et la malle dans une profondeur de 30 pieds d'eau.
«C'est un vrai miracle qu'il n'y ait pas eu de perte de vie. Le P. Desmarais vient d'arriver après avoir marché 140 milles, souffrant de la faim, du froid et de la fatigue. Il a perdu tout ce qu'il avait, même sa soutane et son bréviaire 4. »
Malgré les conditions anormales de son peuple, le P. Gendreau, en digne représentant de l'Eglise? ne pouvait pas oublier la grande question de l'éducation de la jeunesse. Il fit donc construire à Dawson une école qui fut la première de tout le pays et qui recevait des enfants des deux sexes, parmi lesquels un assez grand nombre étaient protestants. Ce père s'était toujours montré fin diplomate: dans les glaces du nord, il ne voulut point déroger, mais