‹ Histoire de l'Église catholique dans l'Ouest canadien (volume 2)Chapitre 76 sur 86 · Lettre publiée dans Le Manitoba du 3 janvier · texte numérisé non relu

Lettre publiée dans Le Manitoba du 3 janvier

s'arrangea de manière à faire payer les frais d'entretien de son école par les parents de ceux qui en bénéficiaient, tels que représentés par des commissaires officiels, et bien que les institutrices en fussent deux religieuses de Sainte-Anne.

Une autre preuve de son habileté consiste en ce que, ayant fait bâtir pour $6,000 un presbytère qui était le plus bel édifice de la ville, il le loua au gouverneur du Youkon à un prix qui le remboursait de ses dépenses au bout de deux ans. Quant au prêtre et à ses compagnons, ils se contentèrent d'une humble maison attenante à l'église.

Enfin, comme pour montrer jusqu 'au bout sa sollicitude pour une mission à l'établissement de laquelle il n'avait pas peu contribué, Mgr Lange vin partit lui-même vers le milieu de mai 1901 pour son centre, où il devait prêcher le jubilé. Il arriva à Dawson le 14 juin suivant. A White Horse, il fut reçu par le M. Taché dont nous avons parlé, à l'insistance duquel cette place devait d'avoir une église et un prêtre résident: le P. Lefebvre. Bien que n'ayant pas plus d'un an d'âge, cette localité pouvait déjà se glorifier de posséder quelque 2,500 habitants, circonstance que le lecteur comprendra sans peine lorsqu'il apprendra qu'elle était la tête de ligne d'un chemin de fer maintenant en opération, qui reliait la Côte — c'est-à-dire Skagway — avec les mines de l 'intérieur.

Par l'érection, en 1901, du nouveau vicariat apostolique du Mackenzie, le Youkon religieux changeait

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de premier pasteur. Il devait pendant plusieurs années appartenir à Mgr Breynat, qui le visita régulièrement et y passa même quelque temps. Le P. Gendreau ayant été invité à assister au sacre du jeune prélat, il partit le 28 février pour Saint- Albert, où il obtint d'être déchargé du soin de ses lointains domaines. En conséquence, le P. E. Bunoz, alors supérieur à New Westminster, fut nommé pour l'y remplacer 5.

Au départ du premier administrateur ecclésiastique de ce pays, deux pères oblats vivaient avec lui à Dawson, lorsqu'ils ne s'employaient point à visiter les mineurs à distance ; le P. Desmarais était stationné à Bonanza, la plus riche des missions, qui possédait une église en règle; Dominion Creek était desservi par M. 0. Corbeil, qui ne devait pas quitter le pays avant trois ou quatre ans, et le P. Lefebvre exerçait son ministère à White Horse, où il s'était établi en permanence.

Mais n'anticipons pas, et retournons au sud.

A part une fondation qui augurait bien pour l'avenir, l'année 1899 s'était ouverte par un deuil sur la partie continentale de la Colombie Britannique. Le premier événement était l'établissement d'une école pour les enfants des Skwamiches par les sœurs de

5. Le P. Pierre-Edmond Gendreau naquit à Saint-Pie de Bagot le 3 avril 1840, et fit ses études classiques et ecclésiastiques à Saint- Hyacinthe, où il fut ordonné prêtre le 5 octobre 1862. Après avoir rempli divers postes dans les rangs du clergé séculier, il entra chez les Oblats et prononça ses vœux le 8 déc. 1881. Après son entrée dans la vie religieuse, il fut supérieur à Mattawa, puis, une fois revenu du Youkon, à Kénora, dans l'Ontario.

l'Instruction de l'Enfant Jésus, sous la direction de Mère Aimée de Jésus. Le second était la disparition de la scène de ce monde d'un ouvrier apostolique qui s'était toujours signalé par son zèle et, généralement, ses succès parmi les Indiens de la Colombie. En raison des privations qu'il avait endurées et des difficultés d'ordre matériel qu'il avait dû surmonter au cours de sa carrière de missionnaire, le P. Lejacq était depuis longtemps réduit à l'état d'un invalide qui se mourait avant l'âge. Le 23 janvier 1899, il quitta l 'hôpital de New Westminster pour aller recevoir dans un monde meilleur la récompense de ses longs travaux.

La même année, une perte encore plus irréparable affligea le diocèse de New Westminster tout entier: nous voulons parler de la mort de son chef, que la malheureuse affaire d'Okanagan ne contribua pas peu à accélérer. C'est le 1er juin 1899 que Mgr Durieu passa de vie à trépas. Nous en avons assez dit sur ses mérites comme missionnaire chez les sauvages pour qu'il nous soit maintenant inutile d'appuyer sur la grandeur de la perte que faisaient en lui les Indiens de la Colombie continentale. A ce point de vue, sa place n'a point encore été remplie, et ne le sera probablement pas de sitôt.

Par ce triste événement son titre et les prérogatives qui en découlaient passaient à son coadjuteur. ' A douze milles de la ville épiscopale, nous avons vu le P. McGuckin entrer en fonctions comme curé de Vancouver. L'un de ses premiers soins fut de

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donner suite à un plan formé par M. Fay, et de jeter les fondations d'un temple qui put contenir les foules qui se pressaient toujours plus nombreuses dans l'enceinte, maintenant trop étroite, de la première église de sa paroisse. Le 16 juillet 1899, Msr Langevin vint donc du Manitoba bénir la pierre angulaire d'une superbe église, toute en pierre et du plus pur gothique, qui est certainement le plus bel édifice de ce genre à l'ouest de Saint-Boniface, sinon de Montréal. Elle mesure 161 pieds de long à l'extérieur et 62 de large, tandis que son transept a une longueur de 104 pieds. Sa nef a 62 pieds sous voûte, et l'un de ses deux clochers s'élève à une hauteur de 222 pieds. Cette église devait être ouverte au culte par Msr Christie, archevêque de Portland, le 9 décembre

Quelque deux semaines auparavant, c'est-à-dire le 21 octobre, Son Exe. Mgr Diomède Falconio, délégué apostolique au Canada, y bénissait un carillon de sept belles cloches, fondues par la célèbre maison de Gr. et F. Paccard, en Savoie, France.

Cependant, les sœurs du Bon Pasteur, dont nous avons salué l'arrivée à New Westminster, étaient cruellement éprouvées par l'incendie de leur établissement de Sapperton, où elles avaient déjà soin d'un certain nombre de madeleines et d'orphelines. Ce sinistre arriva le 4 octobre 1899. Les orphelines durent être confiées aux soeurs de la Providence, qui les recueillirent dans une bâtisse attenante à leur hôpital de New Westminster, en attendant la con-

struction, dans la même ville, d'un édifice en brique, qui, mis sous la protection de saint Vincent de Paul, fut ouvert le 9 juillet 1901, en la fête de ce grand patron des œuvres de charité catholiques.

De leur côté, les sœurs du Bon Pasteur se procurèrent un grand terrain à Vancouver, où elles se bâtirent un refuge dans lequel elles entrèrent le 19 septembre 1900. Là elles prennent soin, non seulement d'orphelins et d'orphelines, mais encore de jeunes filles tombées ou en danger de tomber, ainsi que d'autres qui vont chercher dans leur institution un asile contre les embûches du monde.

Cette même année, nous voyons le diocèse de l 'île Vancouver, dont le nom avait jusque-là été une anomalie dans l 'Eglise, et qui était maintenant d 'autant moins approprié qu'il prêtait à confusion par suite de l'importance que prenait chaque jour la ville de Vancouver, changé en celui de Victoria et momentanément élevé au rang d 'archidiocèse, avec le diocèse de New Westminster et le vicariat apostolique de l 'Athabaska-Mackenzie pour suffragants. L'Ile avait précédemment dépendu du siège américain d 'Orégon City : le nouvel arrangement la remettait à sa place naturelle parmi les divisions ecclésiastiques du Canada.

Cette importante mesure fut prise par Rome le 19 juin 1900. Juste dix jours auparavant, M^ Bertrand Orth succédait à M51- Lemmens sur ce qui était maintenant le siège de Victoria.

Le clergé de ce diocèse n'avait jamais été nom-

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breux. Il était devenu parfaitement insuffisant. Aussi Mgr Orth crut-il devoir faire appel aux pères bénédictins, qui, au cours de 1900, s'établirent à Cloyoquot, où ils fondèrent une école industrielle pour les enfants des Indiens dont la charge leur avait été confiée. Puis, comme le besoin de prêtres se faisait toujours sentir, l'archevêque fit venir dans son diocèse des pères du Bienheureux Grignon de Montfort, communément appelés Maristes, qui se chargèrent immédiatement de la paroisse de Cowitchan, et dont quelques-uns devaient aussi exercer leur ministère dans la ville même de Victoria.

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