‹ Histoire de l'Église catholique dans l'Ouest canadienChapitre 11 sur 195 · HÉRAUTS DE LA CEOIX · texte numérisé non relu

HÉRAUTS DE LA CEOIX

en plusieurs canots. Après une grande réception dont les Indiens du fort Saint-Pierre le gratifièrent, il poussa avec sa petite troupe jusqu'au lac des Bois, à l'extrémité occidentale duquel il érigea le fort Saint-Charles, qu'il nomma ainsi en l'honneur de son chapelain et du gouverneur du Canada, qui tous les deux avaient le même saint pour patron.

A propos du dernier, un mémoire qu'il adressa au ministre des colonies à Paris nous initie aux craintes, basées sur une ignorance bien excusable à cette époque, qui avaient alors cours, en même temps qu'il nous révèle le but réel que le gouvernement français avait en vue en entreprenant de pareilles explorations. De Beauliarnois avait écrit ce qui suit à propos de Lavérendrye et de son œuvre :

« Il faut aussi qu 'il ait des cartes bien exactes du Nouveau Mexique et de la Californie, afin de ne pas aller se jeter dans la mer Vermeille (le golfe du Mexique), où la rivière Rouge dont parle M. de la Véranderie a bien la mine de se décharger. . . A ces considérations j'en ajoute une qui sera sans doute d'un grand poids auprès d'un ministre qui a autant à cœur que vous l'avez la publication de l'Evangile parmi les nations nombreuses qui n'ont point encore entendu parler de Jésus-Christ; c'est que chemin faisant on pourra prendre des mesures pour ménager dans ces vastes contrées des établissements également utiles à la Religion et à l'Etat. Il seroit même difficile qu'un Religieux passât trois ou quatre ans à parcourir ces- contrées sans y avoir occasion

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de procurer par le baptême rentrée du ciel à plusieurs enfants moribonds. »

Puis, en venant à sa propre expérience, le pieux gouverneur ajoute : « J'ay eu plusieurs fois cette consolation pendant ma course, et il n'en est point de plus flatteuse pour les personnes de mon état *. »

Nous ne possédons aucun document contemporain qui établisse le fait que d'autres que les gentilshommes canadiens-français et leurs employés purent jouir du ministère des premiers missionnaires jésuites au fort Saint-Charles ou ailleurs dans l'Ouest. Mais il est difficile de concevoir comment, avec un si grand nombre d'Indiens constamment à leurs trousses, aucun d'eux n'ait jamais été baptisé. De fait, la découverte récente des restes de trois indigènes qui avaient été enterrés à côté de Canadiens dans l'enceinte de ce fort, démontre clairement que quelques-uns d'entre eux avaient reçu le sacrement qui donne droit à la sépulture ecclésiastique.

Le fort Saint-Charles était un rectangle de cent pieds de long, avec une palissade composée d'une double rangée de pieux d'environ quinze pieds de haut, et plantés en terre de manière que l'un d'eux fit face au point de jonction de deux autres. Dans cet enclos se trouvaient une église, une maison pour le commandant, une autre pour le chapelain, ainsi que quatre cabanes avec cheminées pour les hommes de service, un magasin et une poudrière ; le tout fait de

4. Document contemporain sans date ni signature, quoique évidemment de Beauharnois, dans les Archives du Canada, Ottawa.

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