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A Mgr de Québec; Saint-Boniface, 2 janvier

persuader, surtout lorsque l'habit, le genre de vie, l'esprit de prière et surtout le célibat sont là pour lui montrer qu'il se trouve en contact avec le représentant de la Divinité. Mais ces premières impressions sont trop souvent passagères, bien qu'elles aient parfois des effets durables et des plus salutaires.

Dans le cas présent, c'étaient là de trop favorables commencements pour n'en pas profiter. L'année suivante vit donc M. Thibault de nouveau dans le voisinage des montagnes Rocheuses. Il fut alors témoin des excès dont peuvent se rendre coupables des Indiens qui ne sont pas sous l'influence du Eoi de la paix. Pendant qu'il se trouvait au fort Pitt, un parti de Pieds-Noirs, qui ne le connaissaient point, attaqua des Cris campés près du fort, pendant la nuit du 15 août 1843. Comme résultat de cette agression, un de ces derniers fut tué d'une flèche après que son cheval eut été frappé d'une balle. Le lendemain, un Pied-Noir ayant été trouvé gravement blessé, il fut immédiatement criblé de balles, puis scalpé. Enfin on lui coupa les mains, les pieds, les bras et les jambes, qu'on attacha comme des trophées au cou des chevaux, ou qu'on suspendit à de longues perches autour desquelles on dansa jour et nuit.

Alors une soixantaine de Cris partirent pour une campagne de représailles, et revinrent quelque temps après avec une centaine de chevaux capturés aux Pieds-Noirs. De commun avec l'ennemi, ils avaient perdu un homme dans l'échauffourée qui était résul-

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tée de leur rencontre avec les Pieds-Noirs. Dans une autre partie de la même région, vingt de ces derniers avaient également été massacrés par des Assiniboines auxquels ils avaient volé des chevaux.

Telles étaient les manières du « noble Peau- Kouge » avant sa conversion au christianisme.

M. Thibault était par nature timide et retiré. Sans peur et sans reproches avec les sauvages, il se sentait mal à l'aise au foyer des blancs de la compagnie de la baie d 'Hudson ^ C 'est peut-être cette particularité qui le porta à fonder la mission qu'avaient demandée les gens de l'Extrême-Ouest, non pas au fort Edmonton, comme l'eut sans doute voulu le gouverneur Rowand, mais sur un lac 45 milles à l'ouest de ce poste, qui portait originairement le nom de l'ennemi de tout bien et qui fut dès lors dédié à sainte Anne, sous le vocable de laquelle il est encore connu. Cette mission servit quelque temps de centre d'où le prêtre rayonnait pour évangéliser les tribus des environs.

Sa fondation réelle date de 1844.

Pendant que ces excursions apostoliques remuaient les cœurs des sauvages de l'Extrême- Ouest, M^"" Provencher remplissait fidèlement les fonctions plus monotones de curé à Saint-Boniface, aidé souvent de M. Mayrand, qui veillait en même temps sur les intérêts spirituels des habitants de

8. " Cet homme est trop timide ; il n'aime pas à demeurer dans les forts, parce qu'il est gêné avec les bourgeois ou les commis ", écrivaitil à ce propos (Saint-Boniface, 6 juil. 1844).

Saint-François-Xavier; M. Belcourt courait de Tune à l'autre de ses trois missions indiennes, et M. Darveau, tout en assistant ce dernier, prenait un soin particulier des sauvages qui fréquentaient le lac Winnipegosis et la Saskatchewan inférieure.

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