Saint-Bonifaee, 20 juin
254 l'église dans l'ouest canadien
cer que M. Darveau étoit noyé, ainsi que les deux hommes qu 'il avait avec lui. Il étoit parti d 'ici depuis le mois de mars, afin d'avoir du temps à donner à l'instruction des sauvages de la baie des Canards et se rendre ensuite, après le départ des glaces, au Pas, mission qu'il avait ouverte l'année dernière. J'ai appris qu'il étoit parti du lac des Canards le soir, et avoit campé à une petite distance. Il est probable qu'il a péri en partant le lendemain, parce qu'on a trouvé son canot, ses autres effets et son corps, ainsi que celui de Jean-Baptiste Boyer, métis de la prairie du Cheval-Blanc, à peu de distance de son campement.
« Ce sont les sauvages qui ont trouvé le tout.
« Ils ont laissé les corps sur la grève, apporté à la baie des Canards (à la maison ou à la chapelle) une partie des effets, et sont ensuite venus avertir des métis qui faisaient du sel en-deçà de la chapelle. Deux hommes partirent aussitôt pour aller enterrer les corps, peut-être sur le lieu, peut-être à la chapelle. Un sauvage qui étoit aussi avec lui n 'avoit pas été trouvé alors *. »
Tel fut le premier rapport qui circula sur ce triste événement.
C'est le seul qui fut longtemps connu des blancs, bien que peu après les Indiens aient soupçonné quelque manœuvre criminelle relativement à cette mort mystérieuse, et que peu à peu la vérité se soit fait