MORT DE DARVEAU ET ARRI\'EE DES SCEURS
Tout d'abord, pour faire toucher du doigt le bien fondé de la remarque de M^' Provencher que M. Darveau était un homme plein de zèle et d'activité, qui « craignoit peu les privations auxquelles est exposé un missionnaire ^ », il nous suffit de mentionner un incident de sa vie dans le Nord-Ouest. Le jour de la Saint-Patrice, 17 mars 1843, il était parti de Saint-Boniface pour la baie des Canards, sur le lac Winnipegosis. Lorsqu'il eut atteint cette immense nappe d'eau, qui dormait alors sous sa pesante couverture de glace, il laissa en arrière l'homme qui avait charge de son traîneau, pour se diriger à la hâte vers l'habitation d'un certain Pierre Chartrand qu'il connaissait déjà.
Peu après, une terrible tempête de neige, une effroyable poudrerie, comme on dit au Canada, s'éleva, apparemment de tous les points de l'horizon. Dans l'impossibilité de rien voir, le voyageur fut en quelques instants désorienté, et se mit à errer à l'aventure, aveuglé par la neige fine qui tom-
1, A Mgr Signay, 29 juil. 1844,