‹ Histoire de l'Église catholique dans l'Ouest canadienChapitre 126 sur 195 · MORT DE DAE\^AU — ARRIVÉE DES SŒURS · texte numérisé non relu

MORT DE DAE\^AU — ARRIVÉE DES SŒURS

bait ea tourbillonnant sous l'étreinte d'un vent violent.

Quand son compagnon arriva chez Chartrand, celui-ci apprit avec stupéfaction ce qui était arrivé. Il partit aussitôt à la recherche de l'imprudent voyageur, se demandant anxieusement s'il le trouverait mort ou vivant.

Et voilà que, après mainte allée et venue, le Canadien tomba soudain sur M. Darveau, qui avait passé deux nuits et un jour sans feu ni le moindre morceau à se mettre sous la dent, et au sein d'une tourmente à rendre fou, sinon à donner la mort. Le missionnaire ne perdit pas une minute à faire le récit de ses aventures, ou même à simplement dire un mot des souffrances qu'il venait d'endurer.

— Avez-vous quelque chose à manger? J'ai faim; telles furent les paroles dont il salua Chartrand.

On aurait dit qu'il ne voyait rien qui fut digne de mention dans le fait qu'il venait de lutter avec la mort et qu'il avait triomphé là où tant d'autres succombent. Dans une lettre qu'il écrivit ensuite sur ce voyage et un autre qui s'ensuivit pour lui, il n'eut pas la moindre allusion à son aventure, et se contenta de dire en passant qu'il avait beaucoup souffert au cours de cette tournée de 80 ou 90 lieues.

Arrivé à la baie des Canards, il s'employa à l'instruction de ceux des Indiens qui consentirent à l'écouter, et pendant l'été il fit quelques excursions le long du rivage du lac en quête d'âmes à convertir.

Le Pas, situé un peu en-dessous de la jonction de ir

la rivière Carotte avec la Saskatchewan, avait étéy sous le régime français, un poste de traite d'une certaine importance. Alors, et quelque temps après, la branche septentrionale de la Saskatchewan était connue sous ce nom (rivière du Pas), que lui avait donné le chevalier de Lavérendrye, en l'honneur de sa mère, Marie- Anne Dandonneau du Sablé de l'Isle du Pas. La localité qui garda seule ce dernier vocable avait déjà reçu la visite du prêtre catholique depuis l'établissement de l'Eglise à la Rivière- Rouge, notamment celle de MM. Blanchet et Demers dans l'été de 1838.

Le R. P. Petitot prétend, mais à tort, que « du temps de La Vérandrye, les Pères de la compagnie de Jésus avaient établi une mission au fort Du Pas. Après le traité de Paris, en 1763, ils évacuèrent leur établissement et se retirèrent à la suite des Français, en ayant soin d'enfouir sous terre le matériel du culte renfermé dans des coffres " ».

Cet auteur ajoute : «On n'a pas retrouvé ce trésor». On ne le retrouvera jamais, car l'histoire entière est apocryphe. Nous n'avons absolument aucune preuve que les premiers Jésuites se soient jamais établis dans l'Ouest ailleurs qu'aux forts Saint-Charles et la Reine. Nous sommes même en position d'affirmer que, non seulement ils ne se fixèrent point dans d'autres localités, mais qu'ils ne sortirent de ces deux postes que pour retourner dans l'Est, ce qu'ilà firent avant la Cession.

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