Provencher, 29 juil
14, Dans le passage de son livre déjà cité où il parle de l'établissement des Jésuites au Pas, Petitot fait allusion à ce qu'il appelle à bon droit le meurtre de M. Darveau; mais par une étrange confusion il le met au compte de son guide " montagnais ", et dit aussi que, pour cette raison, sa mission passa aux mains des anjrlicans en 1840, c'est-à-dire avant que ce missionnaire soit jamais venu dans l'Ouest (op. cit., p. 240).
266 l'église dans l'ouest çajs'adien
takonn eut une fin misérable, digne punition de son crime. Tcliimékatis, qui avait comme forcé son gendre à tuer le prêtre, eut un sort encore pire. Aveugle et sourd depuis longtemps, il fut brûlé vif dans sa cahute. Vizéna admit publiquement, à l 'heure de sa propre mort, qu'il allait brûler pour deux raisons: il avait assassiné ses deux femmes, et avait fusillé M. Darveau.
Telles sont, après une étude approfondie des documents manuscrits et d'autres sources d'information, les circonstances qui accompagnèrent la mort de M. Darveau. Ces documents se composent en partie des dépositions explicites des Indiens directement on indirectement impliqués dans le drame. Indiens que le vétéran qu'est le P. Camper a connus personnellement. Ce vénérable prêtre peut encore garantir l'authenticité de leurs dires et de ceux qui nous ont aidé à arriver à la conclusion que nous venons de donner. Il y a bien quelques petites contradictions dans les détails ; mais un point est désormais acquis à l'histoire: la mort de M. Darveau fut due à la malice de l'homme, et non le résultat d'un accident, comme on l'avait dit jusqu'ici. Il est aussi très probable, sinon certain, que cette fin prématurée fut occasionnée par la haine du nom catholique et une peur superstitieuse du prêtre inspirées par le représentant d'une secte protestante.
Le 24 juillet, M^ Provencher envoya un cercueil au lieu du sinistre, et les restes du prêtre martyr
MORT DE DAEVEAU AEKIVÉE DES SŒUES 267
furent amenés à Saint-Boniface, où ils devaient plus tard reposer avec ceux de son propre évêque.
Rien ne pouvait naturellement compenser la perte d'une vie si précieuse. Pourtant, juste dix-sept jours après la mort du missionnaire canadien, un événement d'une nature bien différente apporta la joie à plus d'un cœur, dans la partie méridionale de ce qui est aujourd'hui le Canada central. Nous avons vu que Provencher n'avait pas été six mois à la Rivière- Rouge qu'il avait manifesté le désir d'avoir des religieuses pour ses écoles, ou du moins pour celles qui seraient fréquentées exclusivement par les petites filles. Il est vrai que les demoiselles Nolin avaient, sous ce rapport, rendu de grands services; mais l'inconstance propre à la race à laquelle elles appartenaient les avait portées à se fatiguer de leur occupation, du moins à Saint-Boniface.
Elles la poursuivaient à Saint-François-Xavier, quand M»' Provencher reçut d'une religieuse de la Visitation de Grasse, en France, une lettre dans laquelle sa correspondante (dans le monde Angélique Aimée Courmel) s'offrait à établir une école pour les filles de la Rivière-Rouge ou de la Colombie,
C'était en 1838 ^^
L 'évêque voulut avoir des renseignements sur cette personne, mais ne reçut rien. Il écrivit alors à l 'évêque d'Amiens; mais les négociations qui s'ensuivirent avec ce prélat n'aboutirent point. En 1842, il demanda à l'évêque de Québec de lui envoyer des