Provencher à Mgr Turgeon, 27 juin
TEOUBLES ET CONSOLATIONS 327
de la baie d'Hudson avait été assez rusée pour fixer le procès de Sayer et compagnons au 17 mai qui, en 1849, était le jour de l'Ascension, fête d'obligation pour les catholiques. Elle espérait que l'accomplissement de leurs devoirs religieux retiendrait les métis à Saint-Boniface pendant qu'on instruirait la cause de leurs compatriotes. Mais ceux-ci assistèrent en corps à une messe matinale à la cathédrale, et quand l'heure fixée pour l'audition de la cause fut arrivée, une foule considérable de gens armés. Canadiens et métis, sous la conduite de Riel, entourèrent la bâtisse qui servait de palais de justice.
Alexandre Ross affirme qu'on compta 337 fusils parmi eux ^\ indépendamment de ceux qui pouvaient se trouver dans les petits groupes moins bien armés. Le continuateur de Gunn dit à ce propos que ces gens « se conduisirent avec beaucoup d'ordre, se contentant de cerner le palais de justice et de montrer leurs intentions par leur présence », lesquelles étaient non pas d'empêcher la tenue du procès, mais d'exiger l'acquittement des inculpés ^^.
Lorsque Sayer parut devant le tribunal, douze métis l'escortèrent qui, avec l'agrément du juge, devaiert l'aider à se défendre. En même temps, Riel se leva et déclara sans broncher que le peuple demandait l'acquittement des accusés.
— Nous vous donnons une heure pour arriver à
17. Mgr Provencher dit : " peut-être plus de deux cents hommes " (A Mgr Turgeon, 27 juin 1849).