‹ Histoire de l'Église catholique dans l'Ouest canadienChapitre 185 sur 195 · Dix-huit Ans chez les Sauvages, p · texte numérisé non relu

Dix-huit Ans chez les Sauvages, p

OBSTACLES ET AMELIOEATIONS 391

faire que de se raser le haut de la tête par imitation de la tonsure cléricale.

— Sûrement, je ne dois pas être loin de la perfection quand j 'imite à tel point le prêtre, pensaientils naïvement.

Le 22 août, l'évêque de Saint-Boniface fut de nouveau reçu à son évêché sur les bords de la Rouge par le P. Bermond, qui fut heureux de lui présenter le P. Lestanc, la dernière recrue de France. Une autre addition aux rangs des Oblats charma le vicaire des missions l'hiver suivant. Cette fois ce n'était point un nouveau venu; pourtant chacun apprit avec plaisir qu'il avait un nouveau frère dans la personne du P. Lacombe, 0. M. I., qui avait prononcé ses vœux au mois de septembre 1856.

Au cours de sa visite épiscopale, M^ Taché avait fait un recensement de la population de l'Ile-à-la- Crosse. Comme il représentait assez bien l'état des autres missions avec prêtre résident, nous le reproduisons ci-après. Il sera en même temps un indice exact de la somme de travail fournie par les missionnaires et imposera le silence à ceux qui seraient tentés de les critiquer.

Chrétiens Caticli. Fdiens Ames

Montagnais 350 22 47 419

Cris 100 30 environ 100 230

Métis 78 1 1 80

Canadiens-français... 6 0 0 6

Totaus...

Il n'y avait alors que cinq protestants à ce poste,

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lesquels n'étaient probablement autres que le commis ^ de la Compagnie, M. Rod. McKenzie, et sa famille.

M^"" Taché avait aussi été édifié des marques extérieures du respect que ses prêtres avaient réussi à inspirer à leurs ouailles. Une vieille femme du lac Athabaska pleurait la mort de son fils. Le P. Grandin ayant appris sa perte, essaya de la consoler en lui promettant que, après la préparation convenable^ il l 'admettrait à la première communion. Elle regarda le prêtre avec étonnement comme si elle ne l'eut point compris.

Pensant qu'il s'exprimait mal dans sa langue, le missionnaire appela un passant qui, étant métis, parlait le français et le montagnais.

— Je puis me faire comprendre sur tous les sujets excepté un, lui dit-il dans sa langue maternelle. Cette vieille ne peut s'imaginer ce que je lui dis quand je lui parle de sa première communion.

— Oh ! si, je comprends bien le Priant, fit-elle im-

7, Ou bourgeois. Ce terme était appliqué, surtout par les gens de langue française, à quiconque avait la charge d'un poste de traite. Mais il n'était pas officiellement reconnu par les traiteurs eux-mêmes. Jusqu'en 1872, la compagnie de la baie d'Hudson avait deux grades pour ses officiers: les facteurs-en-chef et les traiteurs-en-chef. Leur rémunération consistait en la participation aux profits de la Compagnie toute entière. Les premiers avaient droit aux produits de deux actions, c'est-à-dire au double de ce que les seconds pouvaient réclamer. Sous ces officiers étaient des commis qui, malgré leur nom, étaient souvent à la tête d'établissements de moindre importance. Ceux-ci jouissaient d'un salaire qui variait entre 50 et 100 livres sterling par an, ainsi que les membres d'une quatrième classe, moins bien rétribuée, celle des chargés du poste (postmasters) , qui se composait généralement de personnes dont l'éducation n'était pas assez complète pour leur permettre d'aspirer à un rang plus élevé.

médiatement quand on lui eut interprété la remarque du prêtre. Mais je croyais qu'il devait se tromper et ne pas vouloir dire ce qu'il disait; car qui aurait pu supposer qu'une vieille créature comme moi dut jamais recevoir une si grande faveur?

Mais il était écrit que M^"" Taché ne resterait pas longtemps à Saint-Boniface. Après y avoir passé trois semaines, il repartit, mais cette fois ce fut pour l'Europe, où l'appelait le règlement d'une question très sérieuse (14 septembre 1856).

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