‹ Histoire de l'Église catholique dans l'Ouest canadienChapitre 29 sur 195 · Margry, vol. VI, p · texte numérisé non relu

Margry, vol. VI, p

26. Le capitaine Louis Saint-Luc de la Corne était le frère de l'abbé du même nom bien connu dans l'histoire du Canada. Il naquit à Cataracoui, aujourd'hui Kingston, le 6 juin 1703, et se distingua comme soldat, surtout au fort Clinton en 1741 et à la bataille de Carillon, où il s'empara d'un convoi de 150 voitures appartenant à l'armée du général Abercrombie. Il prit part à plusieurs engagements au cours de la campagne qui se termina par la prise de Québec, et fut blessé à la bataille de Satnte-Foy. Puis il s'embarqua pour la France ainsi que nombre de nobles qui avaient vécu au Canada; mais, au lieu de périr dans le naufrage de V Auguste, comme l'aflSrme Prud'homme {Les Successeurs de la Vérendrye, p. 80) d'après certains auteurs, il revint au Canada, où il eut une honorable carrière. Il servit du côté anglais dans la guerre d'Indépendance, devint membre du Conseil Législatif, et ne mourut qu'en 1784.

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horreurs. Pourtant, malgré l'anxiété générale que causa ce fléau, c'est à de la Corne que revient l'honneur du premier essai d'agriculture dans les plaines de l'Ouest canadien. Il eut lieu dans la vallée de la rivière Carotte, un des tributaires de la Saskatchewan, où quelques arpents de terre furent cultivés en 1754. Ces humbles champs se trouvaient dans le voisinage du nouveau fort Poskoyac.

M. de la Corne n'avait pas plutôt été nommé gouverneur de l'Ouest qu'il s'y rendit, en dépit de la saison avancée. Le fort la Reine, anciens quartiers généraux du commandant, ayant été détruit, il poussa jusqu'à Poskoyac sur la Saskatchewan, qu'il atteignit vers la fin de 1753. Il améliora considérablement cet établissement, qu'il dota de nouvelles bâtisses, en sorte que celui-ci finit par perdre son nom et prit celui de fort de la Corne, qu'il porta même longtemps après la cession du Canada.

Peu après, de la Corne éleva un autre poste non loin du lac Cumberland, dont les ruines se voyaient plusieurs années après son départ de l'Ouest.

Mais le temps de l'expansion française et des nouvelles fondations dans les grandes plaines canadiennes touchait à sa fin. Le Canada était assailli par les Anglais. Incapable de conserver ce qu'il avait, il ne pouvait guère songer aux découvertes et fut forcé d'oublier la mer de l'Ouest. Graduellement sa détresse devint plus grande : la patrie avait besoin de tous ses enfants. Comme de la Corne était un officier de l'armée, il fut rappelé au cours de

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