INDIEN DE L'EXTREME-OITEST
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1755, et, à la tête de troupes indiennes, il se distingua dans des batailles qui ne purent sauver le pays.
Le Canada français avait vécu.
Ainsi finit la première partie du rôle de l'Eglise dans l'Ouest canadien. Ces humbles commencements ne devaient être que le prélude de jours plus glorieux.
CHAPITEE IV
EPOQUE DE TKANSITION
Nous voici arrivés à une époque de transition et d'effacement pour l'Eglise catholique. Désormais elle se retire pour mieux avancer lorsque l'heure fixée par la Providence aura sonné. Au lieu d'agir directement par ses ministres sacrés, elle va maintenant exercer son influence par l'intermédiaire de ses enfants laïques.
Et ceci n 'était point pour elle un choix volontaire. Des événements sur lesquels elle n'avait aucun contrôle lui interdisaient toute autre ligne de conduite. Lors de la cession du Canada à la Grande Bretagne (1763), un bon nombre de prêtres retournèrent en France plutôt que de servir sous les nouveaux maîtres du pays \ H en résulta une grande difficulté de pourvoir aux besoins spirituels même des paroisses régulièrement constituées. De plus, dans la suppression des Jésuites en 1773 l'Eglise perdit les
1. Sur 181 prêtres que possédait l'immense diocèse de Québec pendant les dernières années de la guerre de Sept Ans, 136 seulement restaient en 1760, et, avant même la suppression officielle des Jésuites, les nouvelles autorités du Canada les condamnèrent à une mort lente, mais sûre, en leur défendant, ainsi qu'aux Eéeollets, de recevoir des novices.
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seuls missionnaires qu'elle possédât alors dans le nord-ouest de l'Amérique. Il ne pouvait donc plus être question de l'Extrême-Ouest, qui venait d'être abandonné par les autorités civiles.
Il est pourtant plus que probable que quelquesuns des Canadiens et des Français qui s'étaient épris de la vie libre et errante des prairies, ou se trouvaient déjà engagés dans les liens d'une alliance matrimoniale avec quelque femme indigène, aimèrent mieux rester au pays et se montrer fidèles à leurs nouveaux amis que de retourner s'assujettir aux entraves d'une vie qui n'avait plus de charmes pour eux.
On a certainement fixé à une date trop rapprochée de nous l'origine de la merveilleuse race des Métis-. Dès 1775, les Indiens de l'Ouest canadien les trouvaient supérieurs à eux-mêmes à la guerre et à la chasse ^, circonstance qui suppose naturellement que leur race était déjà assez ancienne pour avoir fait ses preuves. De fait, une famille métisse du nom de Beaulieu fut trouvée en 1778 jusqu'à la rivière des Esclaves, quand les traiteurs de fourrures l'atteignirent pour la première fois *. On ne peut donc
2. Dans un traité de grande valeur sur l'élément français au Nord- Ouest, L.-A. Prud'homme donne l'année 1775 comme la date possible, sinon probable, des premières unions des Français avec les sauvagesses (L'Elément français au Nord-Ouest, p. 29).
3. " Un des chefs m'assura que les enfants de leurs femmes par des Européens étaient de plus braves guerriers et de meilleurs chasseurs qu'eux-mêmes " (Alexandre Henry, Travels and Adventures in Canada and the Ijidian Territories, p. 248; Toronto, 1901).
4. De plus, John Macdonell, avec lequel nos lecteurs feront bientôt connaissance, épousa une métisse du nom de Poitras, apparemment plusieurs années avant 1800.
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raisonnablement douter que plusieurs serviteurs des explorateurs Français n 'aient contracté avec les indigènes des unions matrimoniales qui reçurent peut-être la bénédiction de l'Eglise. Ces voyageurs, une fois chargés de familles métisses, ne durent pas être plus pressés de quitter leur pays adoptif que les gens de leur condition ne l'ont été dans la suite.
Ces coureurs de bois, malgré ce qui pouvait leur manquer au point de vue moral et en ce qui est des aménités sociales, possédaient l'ineffable don de la foi, et ils s'efforcèrent de le communiquer à leurs enfants. Les événements subséquents devaient se charger de prouver qu'en cela ils réussirent pleinement.
Il est même très probable que c'est à eux et à leurs maîtres que revient le mérite de certains actes de prosélytisme qui ont été communément mis au crédit des missionnaires. Ainsi, pour ne citer qu'un exemple, Daniel- W. Harmon, traiteur de l'Extrême- Ouest, rapporte qu'un prêtre français eut sa résidence à l'embouchure de la rivière Dauphin et que « il y a encore des Indiens qui se rappellent les prières que leur enseigna le missionnaire ^ ».
Cette remarque était écrite en 1800.
Or il n'y eut jamais de prêtre à la rivière Dauphin ou au lac de ce nom sous le régime français. Mais, en 1741, le chevalier de Lavérendrye établit un poste sur cette dernière pièce d'eau. Les formules dont parle Harmon devaient avoir été ensei-